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Fumer ou ne pas fumer, est-ce la question ?

Le phénomène de la consommation du tabac est complexe et doit être éclairé selon la triade classique "produit", "personne" et "environnement sociétal". 

De tous temps et sous toutes les latitudes, il y a eu consommation de drogues, d’alcool, de produits modifiant l’état de conscience. Les interdictions et la prohibition n’y ont rien fait, si ce n’est créer la clandestinité et empêcher le contrôle de la qualité des produits. Le même constat peut être fait en ce qui concerne le tabac : malgré ses atteintes à la santé bien connues , malgré les lois, malgré l’information, on en consomme et beaucoup !

Si la lutte contre le tabac est un souci des pouvoirs publics à tous les niveaux, du local à l’Europe et jusqu’à l’OMS, les stratégies de prévention ne suffisent pas à réduire de manière importante le nombre de fumeurs, en particulier parmi les femmes et les jeunes. 

fumerDes questions… et des réponses

En 2001, l'asbl Question Santé, en partenariat avec l'asbl Forum Santé, était à l'initiative de l'organisation de deux journées de réflexion. A l'issue de ce processus, une publication reflétait le riche brassage multidisciplinaire des idées lors de ces rencontres. 
Idéés pour la majorité toujours d'une grande pertinence…

Si tous s'accordaient pour considérer le tabagisme comme un problème de santé publique majeur, nécessitant la mise en place de mesures préventives pertinentes, de nombreux acteurs plaidaient aussi pour diversifier les approches et les pratiques d’intervention.
En effet, une approche exclusivement axée sur l’élimination du produit ne semblait pas apte à résoudre une problématique dont les déterminants sont multiples. La réflexion doit dépasser les approches prescriptives et planifiées de changement telles que modification d’attitudes, de comportements et d’habitudes de vie.

Le tabagisme est considéré comme une problématique à gérer dans la continuité plutôt que comme un problème que l’on peut régler une fois pour toute. En outre, les multiples réflexions reflètent bien la complexité et la diversité d’une problématique lorsqu’elle est envisagée dans une optique de promotion de la santé.

Quelques réflexions extraites de la publication "Fumer ou ne pas fumer, est-ce la question?"

 La consommation n’induit pas automatiquement la dépendance

L’autre idée que je voudrais faire passer auprès de vous, c’est que si on sépare le tabac de tout le reste, on revient aux vieilles lunes de la lutte contre l’alcool que nous avons connue autrefois et qui a donné des résultats si discrets... La lutte contre les drogues illicites — qui sont une catégorie bizarroïde — n’a pas donné grand résultat... Que faisons-nous ? Nous mettons en place un dispositif qui stigmatise les produits et à l’intérieur duquel nous laissons les gens errer...
Il n’y a pas là une conception qui reposerait sur une quelconque vérité... Très peu de gens vont passer automatiquement de la première consommation
à la dépendance. "La première cigarette est celle du condamné" titrait une grande presse de prévention en France ; scientifiquement, c’est une aberration...Quand on regarde le parcours d’un certain nombre de consommateurs de tabac, d’héroïne ou de cannabis, on voit que certains évoluent effectivement vers la dépendance. Mais d’autres adoptent l’usage nocif. D’autres encore font du tabac un usage individuellement et socialement régulé... Cette idée que l’on va obligatoirement vers l’escalade, qui est reprise par les "ayatollahs" anti-tabac, nous l’avons abandonnée quand nous avons tenu compte de l’expérience acquise avec l’alcool ou les drogues illicites. Auparavant, quand on était brûlé, que l’on avait un traumatisme grave, que l’on devait subir une intervention chirurgicale, quand on était au seuil de la mort, on ne recevait pas d’opiacés pour calmer la douleur. En effet, on craignait le risque d’induire une dépendance aux opiacés! Depuis, un certain nombre parmi nous ont été brûlés, opérés, ont souffert de traumatismes. On nous a donné des opiacés, on nous a même permis de nous les injecter nous-mêmes, pour pouvoir adapter les doses à notre souffrance. Et combien d’entre nous sont devenus dépendants...?

Prof. Parquet

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