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Les réseaux de santé

BSS 2007 reseauxNous vous présentons dans ce numéro spécial les Actes du colloque organisé au Centre culturel de Woluwe Saint- Pierre, le 20 mars dernier, à l'initiative de M. Benoît Cerexhe, Président du Collège de la Commission communau- taire française en charge de la Santé. Ce colloque a été organisé par l'ASBL Question Santé en concertation avec le Cabinet et le Service Santé de la COCOF. L'objectif était de mettre en exergue la politique de soutien de la COCOF au travail en réseau dans le champ de la santé en Région de Bruxelles-Capitale.

pdfTélécharger la brochure "Les réseaux de santé"724.84 Ko

 

Les organisateurs avaient convenu de procéder de façon inductive plutôt que déductive, de partir des pratiques et d'aller ensuite vers les recadrages que pouvaient proposer experts et chercheurs.
C'est pourquoi, à l'inverse des habitudes, la plus grande part de la matinée a été consacrée à des travaux en groupe, chaque groupe construisant ses échanges à partir d'une brève présentation de deux réseaux et sur base d'une grille de questions. Chaque grille avait fait l'objet d'un consensus entre les deux intervenants et l'animateur du groupe.

Dans le premier groupe, les intervenants étaient Judith Hassoun (Réseau Santé Diabète, Bruxelles) et Serge Zombek (Santé Mentale Exclusion Sociale, Bruxelles) et l'animateur, Juan Latorre. Les échanges se sont axés sur les questions suivantes :

  • Comment trouver (ou pas) sa place dans un réseau ?
  • Que l'on soit professionnel ou usager : se faire une place, perdre sa place, changer de place, se mettre à la place de... ?
  • Comment les uns voient-ils les autres ?
  • Quelle est la plus-value pour les uns et pour les autres ?
  • Qu'est-ce que chacun attend de trouver dans le réseau... et qu'est-il prêt à donner ?

L'introduction des débats dans le deuxième groupe a été confiée à Jacqueline Collin (Réseau Assuétudes Namurois) et Jerry Werenne (Réseau Hépatite C, Bruxelles) sous la houlette de Ricardo Romero. Ces questions-guides avaient été retenues :

  • Réseaux : comment ça marche ?
  • Quelle est la dominante dans le fonctionnement de mon réseau ?
  • Qui fait partie du réseau (pouvoirs subsidiants, intervenants sociaux, publics concernés...) ? Comment y entre-t-on et comment en sort-on ?
  • Quels sont les enjeux, quelle portée ont les décisions, comment se partage le pouvoir ?
  • Le fonctionnement a-t-il changé au fil du temps, comment et pourquoi ?

Dans le troisième groupe, les interventions de Claude Decuyper (Coordination des Soins à Domicile, Charleroi) et Emmanuel Bawin (Réseau Santé Mentale Marolles) ont lancé la discussion, l'animatrice étant Farida Boujraf. Les questions suivantes servaient de guides :

  • Le réseau : lien social ou menottes ?
  • Dans quelle mesure la coordination des soins peut-elle entraver l'usager ?
  • Comment baliser le " travailler ensemble " ?
  • Le secret professionnel partagé : qui a accès à quoi et de quelle manière ?
  • Quelle information va-t-on centraliser et quelle utilisation pourra en être faite ?

Le quatrième groupe a démarré sur les exposés de Stéphanie Martens (Réseau Santé Mentale Bruxelles-Est) et Joachim Nahl (Réseau Santé Mentale de la Communauté germanophone). Les échanges étaient animés par Patrick Trefois (Question Santé) avec pour questions-guides :

  • La tension informel / institutionnalisé : quel danger... ou quelle plus-value pour les " bonnes pratiques " ? Un réseau répond à un besoin à un moment donné. En essayant d'objectiver ce que serait un " bon réseau ", ne risque-t-on pas de rigidifier, d'uniformiser les choses ? Par ailleurs, en évitant de formaliser un réseau, ne risque- t-on pas d'oublier des interlocuteurs et de perdre une part de l'expérience acquise?
  • Le réseau comme moyen de gérer la pénurie... ou la pléthore des lieux d'adresse ? Dans les deux cas, n'est-on pas amené à forger des réponses " exceptionnelles " pour que les personnes en difficulté reçoivent une aide adéquate, pour qu'elles trouvent un référent ?

Enfin, pour le cinquième groupe, ce sont Blandine Faoro Kreit et Denis Hers (Réseau Dépendance Bruxelles-Est) et Bruno Vankelegom (Forest Quartiers Santé) qui ont introduit les débats. Ceux-ci, animés par Bernadette Taeymans (Question Santé), se sont centrés sur les questions suivantes :

  • Comment un réseau se crée-t-il ?
  • Au départ d'une problématique ? D'un territoire ? D'une population ?...
  • Comment l'usager amène-t-il les intervenants à se mettre en réseau ?
  • Comment le réseau se structure-t-il progressivement ?
  • Comment les réseaux, dans leur diversité, peuvent-ils " faire réseau " ?

Trop souvent, la prise en notes des échanges de groupes de taille respectable (plusieurs dizaines de participants) donne lieu à des rapports décousus voire éparpillés, en tout cas difficiles à saisir pour le lecteur lambda voire pour les participants eux-mêmes plusieurs mois après le colloque... C'est pourquoi les organisateurs avaient décidé de renoncer à de tels rapports. Les travaux de la matinée sont donc illustrés ici par les textes de présentation qui ont lancé les débats. Cependant, deux de ces réseaux ne nous ont pas faire parvenir leur texte, dont le lecteur sera donc contraint de se passer.

Ces Actes se poursuivent par les contributions des orateurs en plénière, en fin de matinée et tout l'après-midi. Invité à parler du contexte d'apparition et de développement des réseaux,

Jean-Louis Genard (Directeur de " La Cambre " et chargé de cours à l'ULB et aux FUSL) nous livre une réflexion sur les conditions contextuelles de l'émergence du travail en réseau, réflexion qui s'articule sur les transformations intervenues depuis les dernières décennies : les transformations anthropologiques (notre lecture de la subjectivité, de l'homme) et celles de l'Etat, des politiques publiques.

Bernard Francq (ANSO-UCL) et Philippe Scieur (FUCaM) ont présenté une typologie des dix réseaux de santé bruxel- lois soutenus par la COCOF, à travers l'évaluation de ceux-là commanditée par celle-ci. Egalement co-signée par leurs collègues de la FUCaM Sébastien Deschamps, Céline Mahieu et Damien Vanesse, la contribution que nous publions ici va au-delà puisqu'elle relève d'abord les dynamiques organisationnelles à l'œuvre dans les " espaces réticulaires " (complexité, diversité, flexibilité, culture du réseau, formes de gouvernance, conception des métiers) pour, ensuite, pointer les enjeux qui en découlent pour une politique de santé à Bruxelles.

Philippe Chossegros (Président du Comité national des réseaux, France) rappelle d'emblée que les réseaux – comme d'autres pratiques dans le champ de la santé – ne peuvent être dissociés des politiques de santé et du système de santé lui-même. En France comme dans les autres sociétés occidentales, le système de santé est centré sur la mala- die et le soin. A partir des années 1980, il est confronté à des problématiques (épidémie de sida, consommation de drogues, vieillissement de la population) qui viennent mettre ce système face à ses limites. Les pratiques de réseau apparaissent alors, d'abord sous forme d'initiatives associatives, puis organisées par l'Etat, comme une réponse plus souple et mieux adaptée aux nouveaux défis sans qu'il soit nécessaire de remettre radicalement le système en question. Mais la logique bureaucratique des institutions d'Etat, comme on le verra, risque toujours de finir par l'emporter...

Le dernier exposé en plénière avait été confié à Abraham Franssen (CES-FUSL), qui a pris pour aborder le travail en réseau un point de vue plus distancié, en tout cas non spécifique au contexte bruxellois ni au secteur de la santé. Le texte qu'on lira ici est largement basé sur une recherche inter-universitaire intitulée " Les déplacements des compétences de la justice : une analyse en groupe d'acteurs et de chercheurs " ainsi que sur les travaux de Maguelone Vignes à propos des parcours de soins de personnes socialement précarisées en milieu urbain. C'est pourquoi ce texte est également signé par celle-ci et par Yves Cartuyvels (SIEJ-FUSL), François De Coninck (SIEJ/CES- FUSL) et Luc Van Campenhoudt (CES-FUSL). Intitulé de manière un peu provocante " La ritournelle du travail en réseau ", il traite de celui-ci comme idéal normatif et référence politique, des hiatus et des écarts inhérents à ce travail, de la question du pouvoir dans un contexte intersectoriel et interprofessionnel, et de " l'alliance " entre le modèle du réseau et le paradigme de la gestion des risques.

Les deux interventions de M. le Ministre Benoît Cerexhe, en introduction et en clôture de la journée, encadrent les textes qui viennent d'être brièvement présentés. La conclusion retiendra en particulier l'attention puisque le Ministre y annonce la proposition qu'il fera au Collège de la COCOF d'envisager un financement pluriannuel des réseaux de santé bruxellois, ainsi que son intention de définir avec ceux-ci un nouveau " contrat de gestion " et de développer le travail en réseau à Bruxelles.