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Liaison Antiprohibitionniste : 25 ans au service du débat démocratique en matière de drogues

Le 9 octobre dernier, Liaison Antiprohibitionniste a délébré son 25ème anniversaire. un quart de siècle d'existence méritait bien qu l'on mette les petits plats dans les grands pour proposer au public un programme culturel varié. Ce jour-là a soufflé un partum de liberté dans la fabuleuse Quincaillerie des Temps présents. Un lieu situé au 66 de la rue du Viaduc, à visiter absolument.
Tant pour son architecture intérieur, une ancienne quincaillerie et ses ateliers typiquement bruxellois, que pour la dynamique citoyenne propagée dans cet endroit depuis le mois de septembre par le collectif "les acteurs des temps présents".

Mais au-delà de l’aspect festif, la soirée d’anniversaire a aussi été l’occasion de nous plonger dans l’histoire de Liaison Antiprohibitionniste, de revenir sur sa particularité dans le paysage bruxellois de la promotion de la santé, sur son rôle et sur ses ambitions. Car, depuis 1990 il existe dans notre capitale une asbl subventionnée dont la raison sociale est la critique des politiques prohibitionnistes menées contre certaines substances stupéfiantes. De prime abord cela peut surprendre mais aussi paraître innovant, tout à l’honneur des Ministres soutenant une association militante suggérant une autre approche des drogues et prônant la régulation du commerce des drogues aujourd’hui illicites. Depuis l’époque du premier subside obtenu, en 1991, les choses ont évolué positivement dans l’environnement de l’usage de drogues. Aujourd’hui, nos arguments rassemblent davantage qu’ils ne divisent.

Il y là un enjeu fondamental de démocratie. En soutenant notre projet, les pouvoirs publics consacrent le principe de la liberté d’expression dans sa capacité à entretenir le débat d’idées, pour éviter de s’ériger en modèle figé, sans volonté de progrès. C’est en ce sens qu’il faut comprendre comment une association comme la nôtre subsiste depuis 25 ans.

Quand tout a commencé

Tout a débuté en 1989 à l’occasion des élections régionales du mois d’octobre. Des personnalités, préoccupées par le sort réservé aux usagers de drogues, présentent à Bruxelles une liste Antiprohibitionniste. Elle obtiendra un score modeste mais suffisamment significatif pour motiver les troupes à entreprendre, sous une autre forme, un travail de sensibilisation aux arguments consistant à mettre en cause l’efficacité de la prohibition. Ils créent Liaison Antiprohibitionniste asbl et dans la foulée obtiennent un financement à titre d’initiative. Le travail peut commencer.

A l’époque, l’association est à l’avant-garde du constat d’échec de la prohibition. Liaison Antiprohibitionniste compte alors parmi ses membres des avocats, des médecins, des sociologues, des professeurs d’universités et des usagers de drogues.
De leurs pratiques ou de leurs vécus, ils considèrent la répression menée à l’égard de certaines substances comme particulièrement délétère en termes de promotion de la santé. Ils mettent en évidence les effets contre-productifs de cette politique sur le plan sanitaire, de la justice, de la criminalité, de l’économie... « La prohibition maximalise les risques » est déjà le slogan qui anime la réflexion du groupe. Il l’est encore aujourd’hui.

Au fil des ans, Liaison Antiprohibitionniste s’est institutionnalisée, délaissant parfois la mobilisation citoyenne. Comme celle de la manifestation de 1996 en faveur de la légalisation du cannabis ou celle de la place de la Monnaie en 2003. Mais elle s’est diversifiée pour proposer des missions complémentaires de promotion de la santé. Venons-y.

Les missions de l’association

La première mission de l’association consiste à promouvoir les alternatives possibles à l’interdit pénal et l’information sur les politiques des drogues en publiant des articles et en participant au débat public, à des groupes de travail et des commissions... Ensuite vient l’éducation ou la formation. Il s’agit d’entreprendre pour et avec le public des initiatives du type journées d’étude, conférences, débats, séminaires. Elles sont destinées à analyser les enjeux propres à l’évolution des usages de drogues, à interroger les pratiques qui les concernent. Enfin, il y a notre action dans le domaine de la Réduction des risques. Liaison Antiprohibitionniste donne une information juridique propre aux infractions à la loi sur les stupéfiants. Elle permet par la connaissance du cadre légal de mieux cerner les risques de poursuites auxquels s’exposent les usagers de drogues et leur entourage parfois. Mais au-delà de cet aspect pratique, la permanence juridique permet d’entreprendre un dialogue de prévention. 

Nous nous adressons aux professionnels de la santé, à la société civile, à toute personne concernée directement ou indirectement par l’usage de drogues. Nous nous positionnons comme un agitateur de la pensée, un empêcheur de tourner en rond. Notre approche de la politique des drogues est pluridisciplinaire, militante sans être partisane. La raison sociale de l’asbl est si singulière dans le paysage associatif qu’elle a permis, pour les raisons évoquées, d’occuper une place de choix dans le champ de la promotion de la santé relative à l’usage de drogues. Liaison Antiprohibitionniste, en 25 années d’existence, a contribué à faire prendre conscience de l’influence des politiques " drogues " sur les pratiques des professionnels de la santé et sur leur public.

Liaison Antiprohibitionniste est un acteur clef de la promotion de la santé ouvert à toute collaboration. Il n’est pas nécessaire d’être convaincu par notre proposition de réguler le commerce des drogues illicites pour nous consulter. Toutefois, si notre modèle d’alternative à la prohibition vous sied, sachez qu’il est possible d’adhérer à notre projet en devenant membre.

Bruno Valkeneers

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