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L’ONE aujourd’hui, une institution vénérable et dynamique !

D’aucun surnomme l’Office de la Naissance et de l’Enfance, la « Vieille Dame », il est vrai que l’ONE fêtera bientôt son centenaire. Mais, bien que d’un âge vénérable, l’ONE est avant tout une institution complexe, dynamique, moderne et en constante évolution. Dominique Fievez, Coordinatrice subrégionale de l’Administration subrégionale de Bruxelles nous a parlé des missions et multiples actions de cette « Vieille Dame ». Nous remercions également Caty Guillaume, Responsable du Service Communication externe pour l’aide apportée à la réalisation de ce dossier.

L’ONE est parfois surnommée « la vieille dame ». Mérite-t-elle son surnom ? Quand et comment a-t-elle été créée ?

Dominique Fievez : « Avant 14-18, il existe de nombreuses initiatives de lutte contre la mortalité infantile. Ce sont généralement les communes qui s’organisent afin d’offrir un minimum vital aux enfants et de soutenir les femmes enceintes. C’est pendant la première guerre mondiale qu’est fondée l’Oeuvre Nationale de l’Enfance. Elle a pour but de « sauver l’enfance » dans un contexte d’occupation, de réquisition et de famine. L’Oeuvre fait alors partie du Comité de secours et d’alimentation dont elle formait la section « Aide et Protection des Oeuvres de l’Enfance ». Les mesures d’aide alimentaire prises alors pour soutenir les familles telles que les cantines scolaires ou les « Gouttes de Lait » vont être particulièrement efficaces. La Belgique est le seul pays européen à voir baisser la mortalité infantile durant la Grande Guerre. Après la guerre, ces progrès sociaux sont confirmés par le législateur. La loi du 5 septembre 1919 va organiser l’Oeuvre Nationale de l’Enfance et lui conférer son nom. Cette loi est visionnaire, elle encadre les initiatives locales, organise les consultations préventives, développe les politiques d’accueil... Aujourd’hui encore, l’ONE vit toujours sur cet héritage. En 1983, suite aux différentes réformes institutionnelles, l’Oeuvre Nationale de l’Enfance est divisée en trois : l’Office de la Naissance et de l’Enfance compétent pour la partie francophone de la Belgique, Kind en Gezin compétent pour la partie néerlandophone et Dienst für kind und Familie pour la Communauté germanophone. »

Aux origines des programmes de protection de l’enfance

Jusqu’au XXème siècle, un enfant sur six meurt avant un an. Un autre enfant sur sept mourra entre un et cinq ans. Quant aux mères, une femme sur cent meurt lors de l’accouchement. Parmi les premières causes de mortalité chez les enfants en bas âge avant 1900, on trouve les maladies infectieuses (entérites, bronchites, pneumonies, rougeole, scarlatine, coqueluche...), les épidémies - par exemple le choléra en 1849 et 1866 et la variole en 1871 -, des épisodes de crise alimentaire, sociale et économique comme la maladie de la pomme de terre en 1846 ou la crise agricole de 1880 et les phénomènes climatologique (étés caniculaires ou hivers trop rigoureux).

La mortalité infantile avant 5 ans représente au XIXème siècle, 40% des décès annuels. Si les maladies infectieuses sont aussi souvent mortelles, c’est qu’elles frappent des enfants mal nourris et vivant dans des conditions d’hygiène déplorables : logements insalubres et surpeuplés, sans accès à l’eau potable ni au réseau d’évacuation des eaux, sans aération et parfois sans chauffage pour les plus pauvres. La durée parfois très courte de l’allaitement maternel aggrave encore la mortalité infantile dans toutes les catégories sociales.

Dès le XIXème siècle, se pose le problème de la garde des enfants des femmes exerçant une activité professionnelle, souvent des ouvrières travaillant douze heures par jour loin du domicile. Lorsque l’entourage familial ne peut accueillir l’enfant, il ne reste que deux solutions, la mise en nourrice rémunérée - ce qui signifie bien souvent son arrêt de mort puisque le taux de mortalité des enfants confiés avoisinait les 80 % - ou l’emmaillotage, pratique qui consiste à envelopper le bébé du cou au cheville dans différentes couches de tissus et de bandes d’étoffe. Ainsi immobilisé et « protégé » dans une sorte de cocon, l’enfant est laissé seul au domicile toute la journée. En Belgique, face à cette situation, des associations philanthropiques ainsi que des administrations communales vont organiser dès 1845 les premières crèches, puis les Consultations pour Nourrissons.

Les facteurs alimentaires et hygiéniques comme causes de la mortalité infantile sont déjà bien identifiés au XIXème siècle. Les découvertes médicales ont permis de comprendre les mécanismes d’infection et de contagion, l’importance de la stérilisation du lait et des biberons, d’une alimentation adaptée, d’une eau propre à la consommation, de l’hygiène quotidienne, des procédés de conservation des aliments, etc. L’enjeu est alors de diffuser ces connaissances dans la population en particulier dans les milieux populaires. Il faut vulgariser ces nouvelles pratiques qui représentent pour les familles les plus pauvres et peu éduquées une véritable révolution dans la façon d’élever les tout-petits. Les premières recommandations sont relayées par les médecins. Très vite, d’autres canaux d’information à destination des mères se développent via les sages-femmes, les institutrices, les pharmaciens, les institutions religieuses puis par le biais des crèches, des consultations pour nourrissons et des « Gouttes de Lait ». Les « Gouttes de Lait » ou œuvres de lait avaient pour objectif de procurer aux mères nécessiteuses la ration quotidienne de lait stérilisé et conditionné en biberon.

Les Consultations pour Nourrissons doivent aussi permettre de prévenir les maladies et affections courantes dans la première enfance. Elles sont pensées comme une véritable « école des mères », un lieu où les femmes s’instruisent de ces nouvelles règles d’hygiène, d’alimentation et d’éducation, mettent en pratique de nouvelles méthodes comme la stérilisation du lait et peuvent observer les conséquences positives de ces nouveaux savoirs sur la santé de leurs enfants. Les objectifs prioritaires sont donc de protéger les enfants, de lutter contre les maladies et de tenter d’éradiquer la mortalité infantile mais aussi d’éduquer les mères aux principes de base de la puériculture. Progressivement, les pouvoirs publics vont développer des politiques cohérentes de lutte contre la mortalité infantile et coordonner les différentes initiatives d’accueil, d’accompagnement et de prévention à destination des mères et de leurs enfants. La « Ligue Nationale Belge pour la Protection de l’Enfance du Premier Âge » est mise sur pied dès 1903. Elle propose une véritable politique de protection maternelle et infantile. A sa création, elle regroupe une trentaine d’œuvres de protection de l’enfance. Dix ans plus tard, elles seront nonante, principalement des Consultations pour Nourrissons, des « Gouttes de Lait » mais aussi trois écoles de puériculture, des Colonies et des Centres de vacances.

Quelles sont plus précisément les missions de l’ONE ?

Dominique Fievez : « Au début des années 2000, le fonctionnement de l’ONE est remis en question. Cette réflexion aboutit au Décret portant Réforme de l’ONE promulgué le 27 juillet 2002. L’Office de la Naissance et de l’Enfance est défini comme l’organisme de référence de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Communauté française de Belgique) pour toutes les questions relatives à l’enfance, aux politiques de l’enfance, à la protection de la mère et de l’enfant, à l’accompagnement médico-social de la (future) mère et de l’enfant, à l’accueil de l’enfant en dehors de son milieu familial et au soutien à la parentalité. Les missions de l’ONE sont clarifiées et s’articulent dorénavant en missions opérationnelles ‘’ Accueil ‘’ et ‘’ Accompagnement ‘’ et missions transversales. Les principes d’action sont également explicités : il s’agit de l’accessibilité pour tous (universalité), de la qualité des services offerts, de la bientraitance et des partenariats. Les métiers liés aux missions de l’ONE sont professionnalisés. »

Les missions de l’ONE

« Accueil »


L’ONE assure l’agrément, le subventionnement, l’accompagnement, le contrôle et l’évaluation de l’accueil de l’enfant de 0 à 12 ans et +, en dehors de son milieu familial. Ces structures d’accueil sont les suivantes :

  • Les milieux d’accueil subventionnés
  • Les milieux d’accueil agréés et non subventionnés
  • Les milieux d’accueil autorisés non agréés
  • Les services d’accueil spécialisés (ex-accueil de crise)
  • Les services d’accueil organisés (les 2 centres d’accueil de l’ONE)
  • L’accueil extrascolaire
  • Les centres de vacancesLes écoles de devoirs.

« Accompagnement »


L’autre mission majeure de l’ONE est l’accompagnement de l’enfant dans et en relation avec son milieu familial et son environnement social. Il a également pour mission de mener des actions de soutien à la parentalité et de promotion de la santé. Cette mission s’exerce principalement par le biais des structures suivantes :

  • L’organisation de consultations prénatales
  • L’organisation des consultations pour enfants
  • L’organisation des visites à domicile
  • Le suivi des équipes SOS enfants conventionnées par l’Office.
  • Le service Adoption

L’ONE développe également des missions transversales communes à ces deux grands secteurs. Celles-ci se déclinent notamment à travers le soutien à la parentalité et l’information des parents, la promotion de la santé et l’éducation, la promotion de la formation continue des acteurs des politiques de l’enfance, la réalisation de recherches, l’évaluation des besoins et des expériences innovantes.

Tout le monde connaît plus ou moins le rôle de l’ONE dans l’accueil de la petite enfance. Quelles sont ses autres actions ?

Dominique Fievez : « L’ONE est un service universel, gratuit et sur base volontaire. Il a en charge tout ce qui touche à l’accueil et l’accompagnement des enfants de 0 à 15 ans. Par exemple, toutes les naissances sont signalées à l’ONE qui dispose d’un travailleur médico-social (TMS) de liaison dans la plupart des maternités de la Communauté française. A chaque naissance, le TMS rencontre la mère directement dans sa chambre à la maternité. Il présente son rôle, les missions et les services de l’ONE. Le TMS renvoie aussi les données liées à sa rencontre avec la mère vers la future consultation. Le nombre de consultation est en constante augmentation particulièrement à Bruxelles qui représente 34,7% de l’ensemble des enfants suivis dans les consultations pour enfants de l’ONE. L’ONE organise aussi 49 consultations prénatales à destination des futurs parents. L’ONE s’occupe également des écoles de devoirs, de l’accueil extra-scolaire, de l’accompagnement des parents souhaitant mettre leur enfant en adoption et édite de nombreuses publications, brochures et outils à destination des parents et des professionnels du secteur comme le Référentiel psychopédagogique par exemple [1]. »

« L’ONE inclut également un pôle scientifique [2] qui a développé des contacts étroits avec les universités et le monde scientifique. L’institution s’inscrit dans une volonté de recherche et d’évaluation constante. Les différentes composantes du pôle scientifique ont en charge les recherches scientifiques sur des thèmes tels que le soutien à la parentalité ou la réforme des consultations pour enfants, l’accompagnement scientifique des colloques et des publications, la formation continue du personnel et les pratiques d’évaluation. Ce travail de recherche et de réflexion se fait avec l’appui des travailleurs de terrain. Une réflexion éthique complète la démarche scientifique et y intègre le respect des personnes et des valeurs démocratiques. L’ONE est une institution dynamique, en phase avec l’évolution de la société. Un débat éthique est fondamental face à de nombreuses questions comme l’équité ou la notion de bientraitance. A côté de ces organes scientifiques, l’ONE procède également à la récolte de données concernant son domaine d’action (accueil de l’enfance, maltraitance, données socio-démographiques) via la Banque de données médico-sociales qui fête d’ailleurs ces trente ans d’existence le 5 décembre prochain. »

Les 30 ans de la Banque de données médico-sociales

La Banque de données médico-sociales (BDMS) de l’ONE est, au sein de l’institution un outil indispensable de monitoring et d’(auto)évaluation des politiques menées, pour satisfaire les missions définies.
L’objectif visé est au moins double de ce point de vue. La BDMS permet aux équipes de terrain d’apprécier rapidement l’efficacité et l’adéquation des actions, d’où l’outil d’orientation des choix dans les domaines pré- et périnatal ; mais aussi, les indicateurs de santé et socio-économiques récoltés reflètent la préoccupation de l’ONE à apporter une attention particulière aux populations les plus défavorisées (lutte contre les inégalités liées à la santé) sans négliger l’objectif fondamental d’un service ouvert à tous.
Ces données récoltées par les Travailleurs médico-sociaux (TMS), les médecins, les sage-femmes et, de plus en plus par les puéricultrices et infirmières des milieux d’accueil, sont encodées au niveau des administrations subrégionales par des agents assermentés qui font un premier contrôle de la qualité des informations avant le traitement et l’analyse par les membres de la cellule BDMS au sein de la Direction Etudes et Stratégies de l’ONE.
La BDMS répond à des exigences de secret professionnel et de confidentialité strictes qui sont garanties par un Médecin Directeur - maître de fichiers.
Depuis sa création en 1983, la Banque de données de l’ONE vise une dynamique dans l’accompagnement des familles par les TMS en offrant une description rapide de l’environnement de travail et des propositions concrètes dans le suivi médico-social des femmes enceintes et jeunes enfants. De ce fait, le BDMS est un interlocuteur de poids pour les partenaires du champ de la Protection maternelle et infantile, de la santé comme du domaine de la démographie, des chercheurs, des étudiants et médias divers, et également des politiques et autres décideurs.

Cette année, la Banque de Données Médico-Sociales de l’ONE fête ses 30 ans d’existence. Pour commémorer cet anniversaire, une matinée d’étude est programmée le jeudi 5 décembre 2013 à l’Administration subrégionale ONE de Bruxelles (Boulevard Louis Schmidt, 87 à 1040 Etterbeek)

Ce moment de réflexion s’articulera autour de plusieurs thèmes illustrés d’exposés :

  • La natalité et les questions qu’elle soulève
  • Les systèmes de récolte d’informations socio-sanitaires, pour quelle interpellation du (décideur) politique ?
  • L’intérêt du suivi ONE de la grossesse
  • Le suivi de l’enfant à l’ONE
  • La question du langage

Cette matinée est surtout destinée aux partenaires externes, au monde scientifique et décideurs politiques locaux ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Une journée avec les agents internes sera jumelée à la fête du personnel ONE, l’occasion pour les collaborateurs de la Banque de Données Médico-Sociales de remercier toutes les personnes impliquées dans ce travail complexe de récolte des informations socio-sanitaires que sont les TMS, les médecins, les encodeurs, les coordinateurs, les conseillers médicaux, les informaticiens, etc.

Le programme complet et les modalités pratiques de cet événement seront diffusés prochainement.

L’ONE a-t-elle évolué ces dix dernières années ?

Dominique Fievez : « Bien sûr, nous sommes dans une démarche de réflexion et de remise en question constante. En 2004, par exemple, l’ONE a entrepris la réforme des consultations pour enfants. Ces consultations sont un service important en termes de prévention à l’échelle communale. Elles permettent un suivi régulier des enfants et de leur santé et proposent des services médicaux gratuits en plus de la consultation avec un médecin généraliste comme les dépistages pour les troubles de la vue, de l’audition, la dyslexie ou la vaccination. Depuis la réforme, chaque consultation met en place un projet où le travailleur médico-social (TMS), le médecin et les volontaires s’associent pour développer des activités de prévention, de promotion de la santé et de soutien à la parentalité au bénéfice de la population, avec une attention particulière pour les familles les plus vulnérables (les projets santé-parentalité). Au sein des consultations, nous avons développé de nombreuses activités. Certaines sont axées sur le soutien à la parentalité et le développement de la relation parents/enfants comme le massage bébé, d’autres sur la nutrition. Les coins lecture, par exemple, animés par des volontaires visent à transmettre le plaisir de lire aux tout-petits, à stimuler l’apprentissage du langage et à sensibiliser les parents. »

« Nous avons également développé un réseau de professionnels d’une grande qualité, particulièrement les TMS, les agents de terrain. Il y a 850 TMS dont 224 à Bruxelles qui oeuvrent chaque jour sur le terrain. On n’insiste pas assez sur leur travail. Ce sont ceux qui ont la plus grande proximité avec les familles. Ils sont les premiers à réagir, à prendre des initiatives, à lancer l’alerte parfois. Ils sont confrontés directement aux évolutions de la société et à leur impact sur le public.
Pour accompagner les travailleurs de terrain face aux situations difficiles qu’ils peuvent rencontrer, l’ONE a beaucoup investi dans la formation et le soutien du personnel. Par exemple avec l’affaire Dutroux, nous avons mené un travail de réflexion sur les concepts de bientraitance/maltraitance. Aujourd’hui, face aux cas de maltraitance, les TMS sont aidés et encadrés par les Référents Maltraitance. Au nombre de 9, ils écoutent les TMS et les soutiennent en cas de problème. Lorsqu’une situation de maltraitance se présente, le référent réfléchit avec les travailleurs sociaux sur l’urgence de la situation, la nécessité de construire un réseau autour de la famille et d’y maintenir l’enfant ou non. Le soutien et la formation des travailleurs des milieux d’accueil est aussi assuré par la direction psychopédagogique. A Bruxelles, deux conseillers aident et soutiennent les acteurs des milieux d’accueil dans leurs démarches de professionnalisation et de développement de la qualité de l’accueil. »

Quels sont les défis auxquels l’ONE est confronté à Bruxelles ?

Dominique Fievez : « La situation bruxelloise est particulièrement complexe. Les conséquences de l’explosion démographique se sont d’abord fait sentir sur les milieux d’accueil destinés aux tout-petits. Au fil des ans, le manque de places se répercute sur les infrastructures accueillant des enfants plus âgés : écoles des devoirs, équipements parascolaires... Nous sommes aussi confrontés à une pénurie de médecins au sein des consultations. Avec l’explosion démographique, chaque consultation accueille 1700 enfants ! »

« Cette pénurie touche également les structures d’accueil. Les normes en matière d’infrastructures et d’équipements pour les milieux d’accueil sont fixées par le Gouvernement de la Communauté française. Ces normes sont strictes. Elles doivent assurer aux enfants sécurité, salubrité, hygiène et espace, et être de nature à favoriser leur bien-être et leur épanouissement, selon les modalités fixées par l’Office en vertu du Code de Qualité et approuvées par le Gouvernement. La norme à respecter en matière d’espace est d’offrir par place d’accueil une surface intérieure minimale de 6 m² au sol qui se compose de 4 m² minimum pour l’espace ‘’ activités intérieures et repas ‘’ et de 2 m² minimum pour l’espace ‘’ sommeil-repos ‘’. Pour ouvrir un milieu d’accueil, il faut aussi disposer d’un accès à un espace extérieur terrasse, jardin, parc... Certains de ces critères peuvent être difficiles à respecter en ville. Pour Bruxelles, des dérogations sont prévues en matière d’espace d’accueil. En effet, les loyers sont nettement plus élevés dans la capitale et le manque de milieux d’accueil est connu. Il est donc permis de disposer d’une surface intérieure de seulement 5 m² au sol par place d’accueil. Mais on ne peut pas déroger sur tous les critères sous peine de dégrader gravement la qualité de l’accueil. Lorsqu’on constate des problèmes importants dans une crèche et qu’il faut la fermer même temporairement, les parents réagissent parfois mal. C’est compréhensible car il manque cruellement de places d’accueil surtout à Bruxelles mais nous cherchons toujours des solutions de remplacement pour soutenir les parents. Nous sommes bien conscients de la pénurie de places d’accueil mais le respect des critères d’accueil est très important, il s’agit de la sécurité et du bien-être des enfants. Ce qui n’est pas toujours bien compris par le public. »

« Parmi les autres difficultés rencontrées par nos équipes, celles liées au multiculturalisme et à la précarisation de la population sont particulièrement marquées à Bruxelles. Une partie de la population bruxelloise est en grande difficulté et en voie de paupérisation. Face à ces familles, les politiques de prévention et de soutien à la parentalité sont fondamentales. Par exemple, il faut parfois accueillir et soutenir des parents analphabètes ayant mis leurs enfants dans une crèche ou une école néerlandophone alors qu’ils ne peuvent aider leurs enfants dans aucune des langues nationales. »

« Malgré les difficultés financières et la réduction de la dotation de l’ONE, nous essayons de suivre l’évolution démographique en engageant des travailleurs de terrain, particulièrement à Bruxelles où la situation est difficile mais aussi en nouant des contacts et en créant des synergies avec les autres acteurs du secteur. Les journées portes-ouvertes de l’Administration subrégionale de Bruxelles sont d’ailleurs consacrées cette année à la situation spécifique de l’accueil et de l’accompagnement des enfants à Bruxelles ainsi qu’aux défis particuliers auxquels la Région bruxelloise est confrontée en matière de croissance démographique, d’inégalités sociales de santé, d’accessibilité de l’accueil... En développant de nombreuses actions dans tous les domaines liés à nos missions, nous essayons de répondre aux grands défis actuels. »

Marie-Hélène SALAH

Naissance et Enfance : agir ensemble à Bruxelles

Les jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 octobre 2013, l’ONE organise des portes-ouvertes à l’Administration subrégionale de Bruxelles.

Jeudi 10 et vendredi 11 octobre 2013 : les demi-journées d’échanges.
Ces demi-journées d’échanges sont destinées aux professionnels et partenaires incontournables de l’ONE. Elles aborderont la situation spécifique de l’accueil et de l’accompagnement des enfants à Bruxelles ainsi que les défis particuliers auxquels la Région bruxelloise est confrontée en matière de croissance démographique, d’inégalités sociales de santé, d’accessibilité de l’accueil...

Les thèmes abordés sont :
Jeudi 10 octobre en matinée : La prévention périnatale. Agir ensemble à Bruxelles en matière de mortalité périnatale ;
Jeudi 10 octobre l’après-midi : L’accueil 0-3 ans. Agir ensemble à Bruxelles pour des offres d’accueil adaptées ;
Vendredi 11 octobre en matinée : L’accompagnement du jeune enfant et de sa famille. Agir ensemble à Bruxelles pour favoriser le meilleur développement du jeune enfant ;
Vendredi 11 octobre l’après-midi : L’accueil 3-12 ans. Agir ensemble à Bruxelles pour améliorer l’accessibilité de l’accueil extra-scolaire.

Samedi 12 octobre 2013 : l’ONE vous ouvre ses portes !
Cette journée est destinée aux parents. De nombreuses animations sont prévues de 10h à 16h.

Un parcours de présentation des services de l’ONE le plus attractif possible : modules EDUS, tunnel denti-mains propres et bulle sensorielle, des ateliers (alimentation, psychomotricité, dépistage troubles de la vue...).
Un espace présentant les différents types de milieux d’accueil en lien avec nos missions au sein de ceux-ci.
Un espace présentant l’action d’ONE Adoption.

Informations :
ONE
Administration Subrégionale de Bruxelles
Tél. : 02/511.47.51
Boulevard Louis Schmidt 87
1080 Bruxelles
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Deux exemples d’outils proposés par l’ONE destinés aux parents ayant peu accès à la langue française écrite

« Des images pour accompagner les parents au quotidien »


one bs 71Professeur d’alphabétisation ou enseignant à des élèves primo-arrivants, association accueillant des adultes déficients intellectuels, médecin généraliste travaillant en maison médicale, puéricultrice dans les crèches, travailleur social des CPAS, infirmière scolaire, accueillante d’enfants à domicile, consultation néo-natale, sage-femme... De nombreux professionnels des secteurs sociaux, médicaux et éducatifs sont fréquemment confrontés à des personnes peu familiarisées avec le français écrit. La majorité des outils disponibles dans le secteur de l’éducation à la santé recourent à des textes écrits et sont peu accessibles voire inexploitables pour une partie du public, qu’il s’agisse de primo-arrivants, d’analphabètes ou même de personnes atteintes de déficience mentale.

Partant de ce constat, l’ONE a développé un projet afin d’accompagner les parents n’ayant pas ou peu d’accès à la langue française écrite : « Des images pour accompagner les parents au quotidien ». Son objectif est de recourir à d’autres moyens que l’écriture afin de créer la relation et la communication entre les parents et les professionnels sur les questions relatives à la petite enfance.

Pour accompagner ces parents mais aussi dans un esprit de prévention et de promotion à la santé, deux outils complémentaires ont donc été réalisés. Dans un premier temps, l’ONE a développé six fiches thématiques illustrées, soutenues par des mots-clés, abordant des sujets tels que la grossesse et la naissance, les soins quotidiens, le sommeil, l’alimentation, la sécurité et le développement de l’enfant, mais aussi les divers services offerts par l’ONE. Ces fiches sont disponibles pour tout intervenant de première ligne en contact avec des personnes analphabètes fonctionnelles, primo-arrivantes ou encore présentant un handicap. L’originalité inédite de ces fiches est qu’elles ont été élaborées en croisant non seulement le regard d’experts scientifiques et du terrain, mais également en tenant compte de l’avis de plusieurs groupes de témoins issus des publics cibles.

Les thématiques développées portent sur :

  • La grossesse et la naissance
  • Les services de l’ONE
  • L’alimentation (allaitement, biberon et diversification alimentaire)
  • Le sommeilLes soins quotidiens
  • Le développement et la sécurité.

L’objectif visé est de transmettre des messages d’éducation à la santé et de soutien à la parentalité. Les fiches reprennent les messages identifiés comme prioritaires sous forme de dessins et schémas explicites, avec un support écrit minimum : des titres, des sous-titres et quelques mots-clés. Ces messages seront toutefois nécessairement accompagnés par des professionnels de première ligne (travailleurs médico-sociaux de l’ONE, travailleurs d’associations en lien avec la population visée). L’objectif est de servir de support à la communication entre le futur parent/le parent et le professionnel dont la fonction ne se limite pas à donner des conseils mais veille aussi à soutenir les parents dans leurs compétences. Les fiches donnent des exemples mettant en évidence le rôle fondamental des parents dans tous les gestes quotidiens.

Le film « GRANDIR »

En 2011, un second outil, le film « GRANDIR », coproduction de l’ONE et de VIDEP asbl, a été réalisé et est, dès à présent, disponible pour tout professionnel en contact avec le public ciblé. Tandis que les fiches thématiques ont été volontairement orientées vers la pratique et le concret, le medium vidéo, lui, permet d’illustrer tout l’aspect affectif et relationnel des interactions parents/enfants. Sans parole et tout en image, « GRANDIR » tente de soutenir les parents dans leurs compétences parentales mais également le professionnel dans son rôle d’éducateur à la santé face à des parents qui ne maîtrisent pas toujours la langue véhiculaire.

Ce film aborde le développement de l’enfant, de sa naissance jusqu’à ses 3 ans. Il met en évidence l’enfant dans sa découverte, dans son exploration du monde et dans sa relation avec ses pairs. A travers le quotidien de treize familles, toutes culturellement et socialement différentes, nous observons des enfants et des parents grandir ensemble. Placé sous le signe de la bientraitance, ce film tente de montrer qu’il n’y a pas une manière de faire dans la relation avec son enfant et que grandir ensemble est un apprentissage permanent. Chaque parent est différent et agit différemment avec son enfant. Ceci en fonction de ses propres spécificités et de celles de son enfant. « On ne naît pas parent, on le devient » Soutenir les parents, c’est les renforcer dans leurs compétences et les accompagner dans leurs questionnements. Explorer différentes pratiques parentales et accompagner les parents là où ils sont, sans porter de jugement, constitue la toile de fond de cet outil.

Le DVD propose plusieurs séquences qui présentent des moments clés de la vie quotidienne de différentes familles. Jamais avec un regard critique, mais plutôt en s’attardant sur la relation parent-enfant. L’objectif est en effet que ces extraits servent de support d’échange entre parents (ou futurs parents) et professionnels. Il s’agit d’illustrer la diversité, tout en prônant l’équité pour mieux communiquer sur la relation à l’enfant. Dans les contenus qu’il met en scène, cet outil constitue également un outil de promotion à la santé.

Le DVD se compose de cinq chapitres correspondant chacun à un moment particulier de la vie de l’enfant de 0 à 3 ans. Même si l’objectif est de situer la relation parent-enfant sur un continuum, l’outil s’articule autour de cinq grands chapitres :

  • Les premiers regards
  • L’enfant s’ouvre au monde qui l’entoure
  • L’enfant explore son environnement
  • L’enfant s’affirme et entre en relation avec les autres
  • Les premiers pas vers l’école.

Chacun des cinq chapitres aborde un moment particulier dans la relation avec l’enfant de 0 à 3 ans, avec des spécificités qui leurs sont propres. Cependant, certains thèmes se retrouvent tout au long du film :

  • Respecter le rythme de l’enfant. Parent et enfant adaptent leur rythme l’un à l’autre.
  • Avoir envers son enfant une présence rassurante, soutenante et contenante, physique et psychique, favorise son développement.
  • Communiquer avec son enfant. Les mots posés par l’entourage sur les expériences et les sensations de l’enfant vont lui permettre d’y mettre du sens.
  • Le plaisir que prend l’enfant à découvrir, à observer et à faire par lui-même.
  • Comprendre la frustration de l’enfant comme réelle lorsqu’il se retrouve face à ses propres limites ou face aux limites imposées par son entourage.

Ce DVD peut être visionné dans son entièreté, par chapitre ou par séquence. Il peut être utilisé lors d’une rencontre avec un parent, en individuel, ou avec un groupe, en collectif. Et aussi, pour lancer une discussion, pour répondre à un questionnement exprimé par le parent ou toute autre occasion qui représente un moment clé du soutien à la parentalité. Un carnet pédagogique a été réalisé afin de guider l’utilisateur. Le souhait est de donner des pistes d’utilisation tout en laissant une grande part à la créativité.

La concrétisation de ces deux outils n’aurait pu se faire sans l’aide d’associations de première ligne en contacts étroits avec des personnes peu familiarisées avec la lecture en langue française ou de deuxième ligne ayant une expertise en éducation des adultes et promotion de la santé. Ces associations partenaires sont : ATD Quart Monde, La Bobine, Lire et Ecrire, CeRAIC, Collectif des femmes de Louvain-la-Neuve, Cultures & Santé, Kind en Gezin, Question Santé, Réseau wallon de lutte contre la pauvreté.

Pour vous procurer ces outils, il suffit d’envoyer une demande motivée à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou contactez Sylvianne Zaragoza au 02/542.13.84.Les fiches sont disponibles en téléchargement sur le site internet de l’ONE : http://www.one.be/

Si vous souhaitez être accompagné ou soutenu, individuellement ou collectivement, dans l’utilisation du DVD, un membre de la Direction Etudes et Stratégies de l’ONE est disponible. La demande d’accompagnement est à adresser à Tamara Pierno par courriel à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par téléphone au 02/542.14.14.

Notes

[1] Le Conseil scientifique de l’ONE, les Collèges médicaux, les Conseillers pédagogiques, la Direction Etudes et Stratégies (DES), la Banque de Données Médico-sociales (BDMS) et le Fonds Houtman sont les principales ressources scientifiques de l’O.N.E. Celles-ci lui permettent d’améliorer sans cesse ses connaissances (sur l’enfance, la maternité, l’accueil de l’enfant, le soutien à la parentalité), d’évaluer ses missions et de les adapter à l’évolution de la société

[2] Cet ouvrage, destiné aux responsables de projet, a pour objectif de mettre à la disposition des lecteurs un ensemble de savoirs actuels jugés pertinents pour améliorer l’accueil de l’enfance

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