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Echos des politiques

Cette rubrique donne la parole aux groupes politiques démocratiques

En quoi le sentiment de sécurité est-il un enjeu pour la santé des Bruxellois ? (1)

Depuis que nos villes européennes connaissent des attentats, on parle souvent de sentiment d’insécurité. Ce stress est associé à ces nombreuses situations sur lesquelles les citadins n’ont que peu de prise.

Bien que ce sentiment soit une perception subjective du risque de criminalité, il n’en reste pas moins une réalité sociale qui peut avoir des conséquences en termes de comportements et de qualité de vie. Ainsi, le sentiment de sécurité fait partie des besoins vitaux comme boire ou manger. S'il n'est pas satisfait, l’être humain peut devenir anxieux. Il s’agit donc d’un réel problème social, qu’il importe de considérer avec toute l’attention requise. Au niveau de la criminalité, contrairement à l’idée répandue d’un Bruxelles dangereux, il est piquant de constater que la capitale présente un taux inférieur ou égal aux autres grandes villes belges. Bruxelles reste donc une des villes les plus sûres du pays, avec une criminalité bien appréhendée par les forces de l’ordre. Ces résultats favorables à l’organisation décentralisée de la Région bruxelloise plaident contre la fusion des zones de police, position que DéFI défend depuis toujours.

Par ailleurs, la prévention et la sécurité dans les stations de métro et prémetro ont été renforcées, notamment via la mobilisation de nouveaux budgets permettant l’engagement supplémentaire d’agents de sécurité.

Enfin, les facteurs à l’origine du sentiment d’insécurité ne sont pas uniquement liés à la criminalité ou aux attentats. La précarité et l’isolement l’expliquent également. Comme on le sait, les inégalités sociales sont aussi un facteur déterminant de la santé. Pour les réduire, une grande partie des efforts à fournir doit intervenir dans l’extra-sanitaire. DéFI préconise ainsi de tendre vers une complémentarité des actions en investissant dans le logement, l’éducation, le sport, la culture...

Michel Colson
Député DéFi au Parlement bruxellois
Chef de groupe pour la Cocof

En quoi le sentiment de sécurité est-il un enjeu pour la santé des Bruxellois ? (2)

Pouvoir d’achat raboté, crise du logement, détérioration globale de l'environnement, non-emploi, exclusions, burn out, manque de places en crèches, peur de l'attentat, autant de facteurs qui contribuent sans aucun doute à un stress global de la société. Un sentiment plus ou moins di us ou prégnant d'insécurité. Ce contexte a un lien direct sur notre santé. On n'aura jamais autant consommé d'anxiolytiques et d'antidépresseurs que ces dernières années. Un symptôme qui en dit long.

Il est toutefois un autre facteur peu évoqué et qui a un lien direct avec l'environnement urbain et le sentiment de sécurité, c'est la mobilité. Le dernier monitoring de la sécurité à Bruxelles place l'insécurité routière parmi les plus grandes préoccupations des Bruxellois. Par ailleurs, la congestion automobile de Bruxelles fait de ses habitants, et singulièrement de ceux de son centre, les premières victimes de la pollution de l'air et sonore. De nombreux cas de cancers, de maladies cardiovasculaires et de maladies respiratoires sont imputables à cette dégradation environnementale qui, du reste, tue plus encore que les accidents de la route.

Notre santé et celle des générations futures sont un capital trop précieux pour que nous acceptions de la sacri er sans réagir sur l’autel d’un modèle urbain du tout à la voiture, de toute façon condamné à terme. Les villes qui sont parvenues à vaincre la congestion automobile ont également réussi à assurer une prospérité, une meilleure santé et un bien-être durable à leurs habitants. Utilisons la vitalité du débat démocratique apparu ces derniers mois, notamment autour du piétonnier, d'Hermann-Debroux ou encore de la triche généralisée des constructeurs sur les normes de pollution, pour arrimer notre capitale à ce peloton.

Alain Maron
Député Ecolo

En quoi le sentiment de sécurité est-il un enjeu pour la santé des Bruxellois ? (3)

Le sentiment de sécurité et la santé sont indissociablement liés, indépendamment de l’acception attribuée au premier phénomène. Le sentiment de sécurité, parce qu’il en appelle au bien-être physique et moral, impacte de toute évidence l’état général de santé d’un individu.
La conception de la sécurité que nous choisissons de développer ici, et qui préoccupe malheureusement un trop grand nombre de Bruxellois, est celle du sentiment de con ance en l’avenir.

En guise d’illustration, le webdocmentaire Les Nouveaux Pauvres, initié l’an dernier à l’occasion de la journée de lutte contre la pauvreté (le 17 octobre), dressait un constat tout aussi impitoyable qu’alarmant : si la Capitale est en e et la troisième région la plus riche d’Europe, elle est à contrario devenue une véritable « machine à produire de la précarité ». Si ce constat est particulièrement agrant en ce qui concerne les familles monoparentales, d’autres catégories ne sont guère épargnées : étudiants, indépendants et retraités, tous sont concernés. En Région bruxelloise, plus d’une personne sur 5 préfère reporter ses soins de santé pour des raisons économiques, soit 22%. S’agissant directement des familles monoparentales, ce nombre grimpe à 36%.

Bien sûr, la santé est loin de constituer le seul facteur pouvant déterminer la con ance des citoyens en leur avenir ; se rendre « employable » et se loger sont des priorités tout aussi fondamentales dans la construction de la sécurité. Là où nous devons continuer à nous indigner, c’est d’observer que les politiques en place sont bien incapables de proposer ou mettre en œuvre des solutions adéquates, qu’elles soient d’urgence ou structurelles, face à cette précarité galopante.

Gaëtan Van Goidsenhoven Député bruxellois
et Chef de groupe MR au Parlement francophone

En quoi le sentiment de sécurité est-il un enjeu pour la santé des Bruxellois ? (4)

Santé et sécurité sont deux enjeux prépondérants dans les grandes villes dont on aurait tort de ne pas souligner l’interdépendance. Le lien le plus évident se fait entre santé mentale et sécurité, mais pour les femmes, en plus, il existe un lien direct entre sécurité dans l’espace public et exercice physique. Ainsi, à propos de la fréquentation des parcs publics, les récentes marches exploratoires de l’asbl Garance ont mis au jour les limites rencontrées et les stratégies d’évitement utilisées dans ces espaces propices aux loisirs.

Les fonctions et la fréquentation des parcs par les Bruxellois varient en fait fortement selon le genre. Quand on est une femme, la durée passée sur place est considérablement réduite, notamment en raison de l’absence de toilettes publiques. La baisse de la luminosité ou l’aménagement en espaces enclavés renforcent le sentiment d’insécurité des femmes et la conviction intériorisée qu’il ne s’agit pas d’endroits « où elles doivent se trouver ». C’est ainsi que les jeunes filles, à partir de 10 ans, disparaissent peu à peu des parcs, abandonnant les activités sportives qu’elles y pratiquaient enfants. Les parcours santé ou les modules sportifs, car souvent placés en vis-à-vis des bancs publics, en privent les femmes d’un usage confortable. L’offre d’une activité sportive gratuite et de proximité échappe donc en partie aux femmes, ne laissant place qu’à la garde des enfants.

La dimension de genre met en lumière une interdépendance concrète entre sentiment de sécurité et santé. Répondre à cette inégalité d’appropriation de l’espace public nécessite une prise de conscience collective, une (ré)appropriation quotidienne mais aussi une mise en œuvre toujours plus effective du gender mainstreaming initié depuis 2012 par la Région. Ceci afin de favoriser la santé de pas moins de la moitié des Bruxellois!

Catherine Moureaux
Présidente du groupe PS au Parlement francophone bruxellois
Députée bruxelloise et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

En quoi le sentiment de sécurité est-il un enjeu pour la santé des Bruxellois ? (5)

Comment définir le sentiment de sécurité? Porte-t-il sur la sécurité matérielle (bénéficier d’un toit, d’un revenu décent, d’un emploi), la sécurité des services (la garantie d’être pris en charge aux urgences, la certitude d’avoir une place dans une crèche pour son enfant, ou une place dans l’école de son choix, un train à l’heure...), la sécurité routière (des pistes cyclables protégées, des passages pour piétons sécurisés...), la sécurité affective (au sein de la famille), la sécurité sociale (on dit que la qualité du « let social » belge a permis aux Belges de mieux traverser la crise économique Comment dé nir le sentiment de sécurité ? Porte-t-il sur la sécurité matérielle (bénéficier d’un toit, d’un revenu décent, d’un emploi), la sécurité des services (la garantie d’être pris en charge aux urgences, la certitude d’avoir une place dans une crèche pour son enfant, ou une place dans l’école de son choix, un train à l’heure...), la sécurité routière (des pistes cyclables protégées, des passages pour piétons sécurisés...), la sécurité affective (au sein de la famille), la sécurité sociale (on dit que la qualité du « let social » belge a permis aux Belges de mieux traverser la crise économique et nancière de 2008 que les autres pays européens), la sécurité physique (garantie par l’organisation de la police, la réglementation... et renforcée par la présence des militaires en rue, quoique...), ou encore la sécurité alimentaire... Bref, le sentiment de sécurité est un concept qui brasse de multiples facteurs, en lien avec les besoins. Maslow a le mérite d’avoir proposé une hiérarchie des besoins pour chaque être humain. Ainsi, la sécurité physique et matérielle apparaît comme indispensable et préalable à l’accomplissement des autres besoins. La non rencontre de ce premier besoin suscite un sentiment d’insécurité, préjudiciable à la satisfaction des autres besoins.

Quant à la santé, veut-on parler de l’absence de maladie, ou plutôt de la santé comme ressource dynamique, permettant à l’individu de s’accomplir, de s’épanouir ?

Si les liens entre sécurité et santé semblent implicitement évidents, le sentiment de sécurité est, quant à lui, beaucoup plus subjectif et a sans doute une incidence plus marquante. Le sentiment permanent d’insécurité est une source de stress dont les conséquences sur la santé restent variées, quoique toujours méconnues. Certaines hypothèses établissent un lien entre le stress et certains cancers. Je rappellerai la réponse qu’a formulée feu le Pr Cassiers (doyen de la faculté de médecine de l’UCL) à la question que lui posait en 2005 le ministre de la santé de Bruxelles, également ministre de l’économie et de l’emploi : Professeur, selon vous, quelles sont les mesures les plus urgentes à prendre pour améliorer la santé des Bruxellois ? Réponse du Pr : Veillez à ce que chaque Bruxellois béné cie d’un emploi. Le psychiatre établissait un lien direct entre sécurité d’emploi et santé. Cette ré exion plaide, une fois encore, pour une déclinaison transversale des politiques de santé dans les autres matières.

André du Bus
Député bruxellois et Wallonie-Bruxelles cdH

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