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Débats n° 85

Notre rubrique "Débats" donne la parole aux groupes politiques démocratiques

Double diagnostic à Bruxelles : gel incompréhensible !

Rien ne bouge. Rien ! Alors qu’une résolution a recueilli l’unanimité au Sénat en mars 2014, que toutes les Déclarations de politique générale ont spécifié, tous niveaux de pouvoir confondus, noir sur blanc, que les situations de crise des personnes en situation de Double diagnostic devaient faire l’objet de réponses appropriées, que le Conseil Supérieur de la Santé a publié une recommandation visant à créer des lits adaptés en milieu hospitalier – et à Bruxelles plus spécifiquement -, que le Plan transversal autisme en fait une de ses priorités, que la Ministre fédérale de la Santé avait débloqué en 2016 un budget de 4,14M° pour financer ces réponses (c’est du moins ce que l’on croyait)...

Bref, alors que tout le monde s’accorde pour vouloir ouvrir une vingtaine de lits hospitaliers à Bruxelles pour accueillir ces personnes en crise, le cabinet de la Ministre fédérale de la Santé continue à estimer que les Unités Mobiles d’Intervention sont suffisamment outillées pour répondre à ces crises. Et c’est totalement faux. Interrogez les familles, les médecins, les centres d’hébergement tout comme les centres de jour qui accueillent ces personnes. Une crise aiguë, c’est une explosion de violence que le patient retourne contre lui-même, par de l’automutilation, par l’absorption de produits ou d’objets dangereux, par des comportements sociaux profondément inadaptés. Quelques rares unités hospitalières, en Wallonie et en Flandre, ont développé un accueil spécifique parfaitement adapté. Mais sur fonds propres. Aucun soutien officiel. Et toujours rien à Bruxelles. Résultats ? Ces patients finissent par atterrir dans des unités psychiatriques totalement inadaptées, et y végètent durant un an minimum,souvent beaucoup plus. Avec un coût humain, social et sociétal disproportionné. Alors que le financement de quelques lits spécifiques permettrait d’offrir des réponses pertinentes et d’accélérer le retour du patient dans son milieu de vie.

Combien de temps faudra-t-il encore s’indigner ?

André du Bus
Député bruxellois et Wallonie Bruxelles (cdH)

La préoccupante pauvreté infantile à Bruxelles

La presse a récemment fait écho d’une recherche inédite menée par l’Ecole de santé publique de l’ULB et soutenue par la Fondation Roi Baudouin. Il s’agit d’un travail recouvrant plusieurs sujets mais dont les conclusions sont glaçantes. Je retiens les suivantes :

  • 43 % des enfants voient le jour dans une famille où les revenus sont (très) faibles (en dessous de 867 € par mois si le parent est seul),
  • la position socio-économique des mères se dégrade au cours de la période périnatale – les mères qui ont accouché ont tendance à perdre leur emploi,
  • un nourrisson bruxellois sur six naît dans une famille monoparentale, car un nombre important de mères se retrouvent seules avant d’accoucher.

Ce sont des messages parmi d’autres qui brossent un tableau sombre pour l’avenir de notre Région, sans pour autant être nouveaux ; cela fait plusieurs années que l’on s’inquiète de l’évolution de la pauvreté en Région bruxelloise. Aussi, ces circonstances défavorables sont des déterminants sociaux qui renforcent les inégalités en termes de santé. A cet égard, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) compte dans ses recommandations la nécessité de renforcer le rôle du secteur public dans la fourniture de biens et services indispensables à une bonne santé.

Comment agir ? Premièrement, il convient de rappeler le lancement imminent du Plan de Santé Bruxellois visant à développer une politique globale de santé intégrant tous les leviers issus de la 6ème réforme de l’Etat et en concertation avec l’ensemble des acteurs actifs dans le secteur. Ce plan a l’ambition de mieux satisfaire les besoins de santé des Bruxellois. Deuxièmement, rappelons que les CPAS restent des partenaires importants car ils disposent de l’expertise et du réseau leur permettant de jouer le rôle de régisseur local de cette lutte. A cette fin, DéFI souhaite que les CPAS bénéficient d’un refinancement structurel leur permettant de mener à bien leurs missions actuelles, car sans financement adéquat, il ne faudra plus con er de missions nouvelles aux CPAS.

Michel Colson
Député DéFi au Parlement Bruxellois
Chef de groupe pour la Cocof

Pollution de l'air : Bruxelles a besoin de mesures fortes

Bruxelles a connu de nombreux pics de pollution ces derniers mois, avec une qualité de l’air atteignant le niveau « médiocre », et entraînant les mises en garde des professionnels de la santé. Les personnes fragiles, les enfants, les seniors sont priés de se cloîtrer ; les efforts sportifs en extérieur déconseillés.

Selon l’OMS, la pollution de l’air est à l’origine de près de 13 000 décès précoces en Belgique, dont 9 000 dus aux particules fines. Quelque 3 000 d’entre eux pourraient être évités en relevant les normes européennes au niveau des normes de l’OMS. Quand la pollution de l’air ne tue pas, elle nuit gravement à la santé publique en favorisant les maladies respiratoires.

Récemment, la Commission européenne a tiré la sonnette d'alarme et appelé à réduire les émissions liées au transport, en particulier dans les zones urbaines.
Ce problème est identifié de longue date : c’est en agissant sur la pollution de fond, au quotidien, qu’on améliorera la situation, durablement ; pas avec des mesures d’urgence, qui restent par ailleurs très limitées. Mais le gouvernement bruxellois tarde à prendre des mesures fortes. Environ 39 % des émissions de particules fines sont dues au transport, dont principalement les moteurs diesel, mais pas seulement.

Certaines avancées sont à saluer, comme l’introduction progressive d’une zone de basses émissions. Mais ce ne sera pas suffisant. Il faut réduire le trafic automobile de façon générale, dans toute la Région et ses environs, par une tarification à l'usage des véhicules et par des solutions alternatives efficaces. Or c’est une toute autre voie que prend la Région à la lecture des mesures et plans qui ne prévoient que des solutions lourdes, coûteuses, et de très long terme avec le métro. Le réseau de tram et de train doit d'urgence être renforcé et gagner en rapidité et en fréquence. La priorité doit être donnée, aujourd'hui, aux transports publics et à leur développement rapide. Il y a urgence.

Arnaud Pinxteren
Député Ecolo au Parlement bruxellois

Le transport médico-sanitaire : le grand oublié de Bruxelles ?

Contrairement à la Communauté germanophone, aux exécutifs flamand ou wallon, la Région de Bruxelles-Capitale ne dispose toujours pas d'une législation en matière de transport médico-sanitaire. En l’absence de tout cadre réglementaire en Région bruxelloise, ce sont autant d’impératifs qui ne sont soumis à aucune norme et qui, dans les autres régions du pays pourtant, sont soumis à des réglementations pour le moins exigeantes. Ce n’est pas faute d’avoir alerté à maintes reprises les autorités compétentes sur le dossier. En 2011 déjà, sans qu’un cadre législatif n’ait pu être adopté, quelques accords avaient été néanmoins trouvés et devaient permettre de fixer le cadre réglementaire plus large pour la situation de Bruxelles. En février 2014, un avant-projet d’ordonnance avait abouti sur la table du Collège de la COCOF. Bien que voté lors des discussions, ce texte n’a jamais pu aboutir à un stade ultérieur de développement. Pour ces raisons, il est plus que primordial que le transport médical non-urgent puisse répondre aux mêmes normes d’exigence édictées dans le cadre de l’aide médicale urgente ; tant sur la formation du personnel que sur le respect des normes admises pour le matériel utilisé.

Mais dans le millefeuille institutionnel belge, quelle est donc l’autorité compétente en matière de transport médical non-urgent ? Le transport non-urgent, également appelé transport médico-sanitaire, médico-social et, parfois, transport « des non couchés », est une matière personnalisable et relève donc de la compétence communautaire. Les sociétés de transport ont en effet l’entier loisir de choisir leur appartenance communautaire. Pour Bruxelles, nous parlerons donc de la COCOF, de la COCON (Commission communautaire amande) et de la COCOM (Commission communautaire commune).

Désireux toutefois d’assurer aux habitants de Bruxelles la coordination optimale de ces services dans la capitale, les ministres compétents ont assuré, à maintes reprises encore une fois, que le suivi législatif suivait son cours normal. Nous étions en 2014 et ce cours suit toujours...

Gaëtan Van Goidsenhoven
Député bruxellois MR
Chef de groupe MR au Parlement francophone

"IRISCARE" : tous à bord ! 

IRISCARE est la structure qui va accueillir à Bruxelles les morceaux de politique sociale et de santé en provenance du fédéral post-réforme de l’Etat. IRISCARE gérera aussi les allocations familiales. Pour ce nouvel organisme d’intérêt public destiné à gérer quelques milliards, le législateur bruxellois a dû prendre de grandes décisions.

Réunir social et santé en était une. C’est fait. Mais il a surtout fallu choisir si l’on perpétuait le mode de gestion paritaire prévalant à l’INAMI. Le PS a poussé pour cela. Tout d’abord parce que c’est un modèle qui a prouvé son intérêt au fédéral depuis 50 ans. Mais surtout parce que c’est un modèle où tous les acteurs, professionnels comme citoyens, patrons comme représentants des travailleurs, sont amenés à décider ensemble. Ceci amène une décision applicable sur le terrain, adaptée au terrain. Ceci amène une décision moins politisée et un modèle de gestion plus stable. C’est bien ce modèle qui a été choisi, faisant d’IRISCARE un « mini-INAMI » adapté à la réalité bruxelloise.

Evidemment la difficulté de mettre en œuvre ce mini-INAMI à Bruxelles consistait, dans un organisme de taille raisonnable, à rencontrer les exigences de représentation, y compris néerlandophones.

Le législateur bruxellois s’y est attelé. Ainsi IRISCARE sera composé d’un comité général de gestion, et de deux sous-comités, l’un chargé des allocations familiales, l’autre de la santé et de l’aide aux personnes. Ce dernier sera soutenu par 4 commissions techniques, se répartissant les compétences d’accueil et de prise en charge des dépendances (personnes âgées et hôpitaux), de santé mentale, de prévention, de première ligne de soins et de personnes handicapées. Aux différents niveaux seront impliqués les représentants des parties prenantes en charge de la matière traitée.

Avec IRISCARE, une nouvelle aventure commence à Bruxelles !

Catherine Moureaux
Présidente du Groupe PS au Parlement francophone bruxellois
Députée bruxelloise et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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