Question Santé       Facebook  Twitter  header vimeo
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Les élus au Parlement de la Commission communautaire française (COCOF) s’expriment librement au sujet d’actualités relatives à la santé et au social en Région bruxelloise. Interpellations, réflexions et décisions engrangées.

 

Le sucre, l’autre poudre blanche

Le sucre ajouté s’est emparé de notre alimentation, on le trouve dans 80% des produits vendus dans les supermarchés. Particulièrement présent dans les encas et sodas favoris des enfants, c’est devenu un véritable fléau. Certains scientifiques ont même soulevé le fait que le sucre aurait un potentiel addictif plus important que celui de la cocaïne[1].

Contrairement au sucre contenu naturellement dans les aliments, les sucres ajoutés n‘apportent que peu de bénéfice nutritionnel. Selon plusieurs études, cette consommation serait la cause de différents problèmes de santé comme les caries, le diabète, l’obésité et même certaines maladies chroniques… Outre les répercussions en termes de santé publique, les mauvais régimes alimentaires ont aussi un impact financier non négligeable sur la sécurité sociale. Celui-ci avoisine en effet près de 1 à 2% du PIB mondial. 

Le citoyen n’a pas forcément conscience de la présence excessive de sucre ajouté. Les étiquetages nutritionnels restent d’ailleurs souvent mal compris par la population. Afin de pallier ce manque d’information, j’ai interpellé sur la question au sein du Parlement francophone bruxellois. A l’instar du mois de février sans alcool, j’ai proposé aux ministres et parlementaires de montrer l’exemple et de lancer un mois de l’année « sans sucre ajouté » au sein du Parlement. La proposition a été bien accueillie, reste à voir pour sa réalisation…

Jonathan de Patoul,
député DéFI au Parlement bruxellois

[1] Lenoir, Magalie et al. “Intense sweetness surpasses cocaine reward.” PloS one, vol. 2,8. 1/08/2007, ( URL : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1931610 )

 

Plus de souplesse pour les travailleurs en ETA

Ecolo s'engage en faveur d'une société véritablement inclusive, où les personnes handicapées trouvent leur place pleine et entière. D'où notre préoccupation pour leur accès à l'emploi, que facilitent les entreprises de travail adapté (ETA).

L’arrêté relatif aux ETA fixe à 1.450 le nombre de travailleurs handicapés pouvant être employés dans ces structures. Il s’agit d’un quota maximum, subsidié par les pouvoirs publics pour couvrir la productivité des employés. Depuis des années, la Fédération Bruxelloise des ETA demande sa comptabilisation en équivalents temps plein plutôt qu’en travailleurs. En effet, la tranche d’âge moyenne des travailleurs concernés est de 47-55 ans, ce qui entraîne de nombreuses demandes de réduction de temps de travail. Ces heures non prestées ne sont pas compensées par d'autres engagements, conduisant à une perte d'environ 5,5% d’ETP. De plus, les ETA sont actives dans des secteurs soumis à la concurrence. Or, qu'une personne travaille à temps plein ou partiel, la subvention est identique. Les directeurs d’ETA privilégient donc l’engagement des temps pleins pour des raisons de productivité. Cette situation contrevient au Décret relatif à l'inclusion, qui exige une adaptation du rythme et des conditions de travail des personnes en situation de handicap. Pour y remédier, un nouvel arrêté permettra à chaque entreprise d'engager un travailleur non-comptabilisé à son quota, à raison de maximum 2,6 %, pour compenser le temps de travail des travailleurs occupés à temps partiel.

Un premier pas dans la bonne direction !

Amhed Moussin,
député Ecolo au Parlement bruxellois

 

Pour une meilleure littératie en santé des Bruxellois.es

La littératie en santé est la capacité des individus à comprendre les informations utiles pour la prise de décision en matière de soins de santé.

Dans une enquête réalisée en 2018, Sciensano a inclus un sondage à ce propos. Le résultat est interpellant : un Belge sur trois n’aurait pas les capacités suffisantes pour prendre des décisions en matière de santé. D’une manière générale, les Bruxellois.es présentent un niveau de littératie moins élevé que leurs voisins flamands. C’est également vrai pour les femmes, les personnes âgées et les personnes à faible niveau d’instruction. On voit donc que le niveau de littératie en santé constitue une thématique importante dans la lutte contre les inégalités sociales en matière de santé. Les personnes avec un faible niveau ont davantage recours aux services de santé d’urgence et connaissent des taux d’hospitalisation plus importants. Cette situation entraîne donc une hausse des coûts pour les patients , ainsi que pour la sécurité sociale.

Au travers de ses compétences en matière de promotion de la santé, la COCOF dispose des ressorts nécessaires pour tenter d’améliorer le niveau de littératie des Bruxellois.es. L’OMS a relevé différentes stratégies qu’il convient de mettre en œuvre pour une meilleure responsabilisation des patients. Dans un souci de justice sociale, il est primordial que nos institutions puissent investir de manière à ce que la population bruxelloise dispose des informations nécessaires face à un système de santé devenant de plus en plus complexe.

Gaëtan Van Goidsenhoven,
député et chef de groupe MR au Parlement bruxellois

 

Ne pas commencer à fumer est la meilleure prévention 

Le 6 novembre dernier, Raphaël, un jeune Bruxellois (18 ans) a succombé des suites d’une infection pulmonaire, qui serait liée à l’usage de la cigarette électronique. Les médecins incriminent un type particulier d’huile de vapoteuse (huile de CBD). Selon la ministre de la Santé Maggie De Block, « Le décès du jeune homme est bien en lien avec l’usage de la cigarette électronique ». Par ailleurs, le SPF Santé déconseille d’acheter des liquides e-cigarettes sur Internet ou de fabriquer ces produits soi-même.

Nombre de fumeurs ont opté pour la vapoteuse pensant qu’elle serait une alternative au tabagisme, mais ce cas malheureux démontre qu’il n’en est rien. Les Etats-Unis sont confrontés à plusieurs cas de maladies respiratoires inexpliquées si ce n’est par le fait que tous les malades consommaient du cannabis au moyen de ces appareils électroniques. C’était également le cas de Raphaël. L’Etat de New-York a décidé d’interdire les produits de vapotage aromatisés. La Suisse connait également un cas de décès dû à la vape. A la suite d’une épidémie importante de détresses pulmonaires chez les jeunes, l’Inde a interdit la production, l’import et le stockage de cigarettes électroniques.

J’ai interpellé le Ministre COCOF de la Santé, Alain Maron, le vendredi 17 janvier 2020. Comme nous ne disposons pas de monitoring suffisamment complet par rapport à l’usage de la vape et ses risques véritables, je l’ai interrogé sur la prévention à mettre en place et l’organisation éventuelle d’une CIM Santé cigarette électronique. Mais une chose est certaine, la meilleure des préventions en la matière reste de ne jamais commencer à fumer.

Jamal Ikazban
député et chef de groupe PS au Parlement bruxellois

 

« Les animations EVRAS, une arme redoutable pour changer le monde »

Résultant d’un protocole d’accord conclu entre la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie et la COCOF en 2013, l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) vise à accompagner un public jeune dans le développement de leur vie sexuelle et affective. Les animations leur apportent une information fiable et adéquate sur ces éléments essentiels respectant en cela le droit d’accéder à la meilleure santé en matière de sexualité et de reproduction reconnu par l’ONU dans le cadre de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement de 1994.

Récemment, une adolescente - pourtant sensibilisée aux dangers du syndrome du choc toxique lié à l’utilisation d’un tampon - est décédée. Maëlle avait 17 ans et elle prenait toutes les mesures nécessaires pour éviter que son moyen de protection hygiénique devienne une menace à sa vie. Il est essentiel de sensibiliser, dès les premières règles, les jeunes filles aux produits parfois nocifs qu’elles sont obligées d’utiliser parce qu’elles sont des femmes.

Mais l’EVRAS, c’est aussi un outil indispensable permettant d’endiguer les problèmes d’inégalités, de violence, de harcèlement moral et sexuel ainsi que les stéréotypes de genre dès les premières relations sexuelles et affectives. La généralisation des animations est un enjeu fondamental qui doit se poursuivre.

Gladys Kazadi,
députée cdH au Parlement bruxellois

 

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