Question Santé       Facebook  Twitter  header vimeo
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Au cours de ces derniers mois, l’attention s’est focalisée sur la santé biomédicale, au détriment d’autres facteurs déterminant la santé sur lesquels travaille la promotion de la santé. Or, là aussi, les professionnels n’ont pas ménagé leurs efforts pour continuer d’aider les citoyens, notamment les plus vulnérables, à préserver leur santé et leur bien-être. Avec des aménagements pour répondre et ajuster leurs missions.

20200917 IMG BS ART1 CulturesetsanteEn maintenant et adaptant les stratégies de santé communautaire, des acteurs de la promotion de la santé ont permis de favoriser les initiatives et solidarités locales. Prenant le relais aux côtés des pouvoirs publics, leur atout était de connaître les spécificités et les besoins de la population. D’autres encore, par des outils adaptés à leurs publics, ont donné à ceux-ci les moyens de faire les meilleurs choix pour leur santé et ont renforcé leurs capacités physique, psychique et sociale afin de combattre une maladie infectieuse telle que le Covid-19. En développant les approches de proximité se basant sur l’universalisme proportionné, certains ont permis d’atténuer les inégalités sociales de santé, qu’une décision politique peut le cas échéant renforcer (par exemple, le confinement).
Par la création d’outils de littératie en santé, d’autres opérateurs encore ont permis à la population de porter un regard critique sur la masse d’informations transmises et de sélectionner les données fiables. Ceci a contribué à réduire l’anxiété liée aux inévitables contradictions ayant émergé au plus fort de la crise. Cultures&Santé, par exemple, a ainsi produit « Covid-19 : comment réagir face à l’info ? » diffusé sur le Web (avec cinq points d’attention) et un guide repères explicitant ces points d’attention avec questions et exemples et qui comporte une annexe avec des pistes d’animation. En collaboration avec Cultures&Santé, l’asbl Question Santé a réalisé des numéros spécifiques du Bruxelles Santé Info, l’un sur le « Coronavirus » (mars) et l’autre sur le « Suivi des contacts » (avril). 

Loin des projecteurs médiatiques

20201001 IMG BS ART1 PlateformeSida CS OKEn pleine crise sanitaire, il a été difficile – et actuellement encore – de prendre soin de sa santé en l’absence d’une urgence médicale ou d’un lien direct avec le Covid. Comment faire par exemple un dépistage des infections sexuellement transmissibles après un rapport à risque ? Dans le domaine de la prévention du sida, certaines structures ont adapté les stratégies de dépistage comme la Plateforme Prévention Sida (PPS) qui a lancé un projet-pilote d’accès à l’autotest du VIH1. Ce dernier permet un dépistage à la maison ou ailleurs, sans l’aide d’un professionnel de la santé. Pendant le confinement, l’accès à un autotest via la PPS passait d’abord par un entretien téléphonique avec un médecin de la structure. Celui-ci prenait ensuite la décision d’envoyer gratuitement ou pas l’autotest.

20200917 IMG BS ART1 modusModus Vivendi, active dans la réduction des risques liés à l’usage de drogues, disposait avant la crise d’un lieu d’accueil festif au centre ville. Elle l’a transformé en un lieu d’accueil pour public précarisé. Cet espace est devenu un comptoir d’échange de matériel de consommation stérile pour un public constitué notamment de consommateurs de produits vivant en rue ou qui passent une grande partie de leur temps en rue. Pour Modus, il s’agit en réalité d’une nouvelle activité, puisque bien que la structure travaillait avec les autres comptoirs d’échange, elle ne disposait pas d’un comptoir propre. Ce nouveau service, baptisé « Le Pilier »2 est accompagné de maraudes afin d’aller à la rencontre d’usagers moins mobiles et de les informer de l’existence du nouveau comptoir.

Très vite, se remettre en selle

20200917 IMG BS ART1 LogoPissenlitsLe Covid, en poussant les associations du secteur à adapter leurs activités, les a aussi incitées à trouver très vite d’autres manières de fonctionner. Les contacts, une partie des activités avec les usagers – dans des structures telles que Les Pissenlits ou Forest Quartier Santé par exemple – ont pu se poursuivre grâce au téléphone et les nouveaux moyens de communication. Aux Pissenlits, des groupes WhatsApp ont été mis en place, de même qu’un groupe Facebook que les usagers pouvaient également alimenter. A Forest Quartier Santé, le groupe « Alimentation » a adopté un groupe WhatsApp où s’échangeaient des recettes. Via Facebook, les usagers étaient invités à réagir aux informations délivrées par Sciensano, les chercheurs, etc. En résumé, la réactivité et la créativité des uns et des autres ont permis de soutenir la population dans cette situation inédite.

Enfin, la continuité des services proposés a aussi pu être assurée en portant attention aux professionnels. Par la concertation, le soutien et l’accompagnement d’équipes de terrain, d’autres acteurs ont permis d’échanger entre collègues, en équipe sur les vécus professionnels et personnels, favorisant ainsi l’équilibre et la résilience tant au niveau individuel que collectif.

Anoutcha Lualaba Lebeke


1. A destination du public afro-latino-caribéen, vulnérable et prioritaire dans la lutte contre le VIH
2. Rue Van Arteveld 130, 1000 Bruxelles

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