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Echos des politiques

Cette rubrique donne la parole aux groupes politiques démocratiques

 Qui parle de santé aux Bruxellois ?

Cela reste une curiosité. Alors que la santé figure en tête du hit parade des préoccupations des citoyens, on cherche en vain un discours clair, accessible à tous, qui traite de la santé à Bruxelles. Bien sûr, le concept recouvre un éventail d’enjeux divers. On ne parle plus de la santé comme il y a cinquante ans. On parle aujourd’hui d’espérance et de qualité de vie, de ressources, de lien social, de lutte contre les inégalités sociales en santé… La théorie sur les déterminants de la santé a fait florès. A juste titre. On parle aussi du manque de médecins généralistes, du dossier médical informatisé, des nouvelles infrastructures hospitalières, de l’accès aux soins, du manque de moyens pour la santé mentale, de l’inflation inexorable du diabète, des succès de la recherche, sans oublier la promotion de la santé qui a fait l’objet d’un nouveau plan pluriannuel fort bien pensé, mais confiné à une série d’acteurs initiés. Sans parler du morcellement institutionnel et du transfert de compétences qui verra la création d’Iriscare.

On parle bien sûr de tout cela, tout comme du futur plan de santé bruxellois, mais…qu’en retient le Bruxellois ? Je n’entends rien, je ne lis rien sur la façon selon laquelle le Bruxellois gérera sa santé dans cinq ou dix ans. Sur l’évolution inexorable du rôle du généraliste de demain, sur la place du numérique et la multiplication des applications qui deviendront un allié incontournable pour gérer ses propres paramètres de santé, sur l’évolution de la liberté thérapeutique, sur la place de la génétique et, partant, sur l’évolution des notions de responsabilité, tant du patient que du prestataire de soins, avec, en contre-pied du déterminisme génétique, la place de l’épigénétique caractérisée par la prise en considération des facteurs environnementaux et des habitudes de vie.

Bref, en un mot comme en cent, comment parler de santé de façon à la fois prospective et accessible à chacun des Bruxellois ? Bruxelles manque indéniablement d’une vision en matière de santé. Pour le cdH, c’est devenu une vraie question de société.

André du Bus
Député bruxellois (cdH)

 Perturbateurs endocriniens : combien de malades faudra-t-il avant qu'on les interdise ?

Les perturbateurs endocriniens font partie de ces substances chimiques qui modifient le fonctionnement hormonal et le métabolisme, et qui provoquent notamment stérilité, cancers, hyperactivité, autisme et diabète. Or, ces perturbateurs sont présents partout : dans les emballages, y compris alimentaires, les vêtements, les pesticides, les produits de nettoyage, les cosmétiques, les produits d’hygiène pour bébés, etc. Certains groupes de population, dont les personnes à faibles revenus, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les adolescents sont vulnérables par le simple fait d'être exposés à de plus fortes concentrations dans la vie de tous les jours ou parce qu'ils les absorbent dans des périodes d'activité hormonale intenses. Et pourtant, malgré les études indépendantes répétées qui pointent la dangerosité de ces produits, nous nous heurtons à une frilosité inexplicable de la part des différents ministres fédéraux concernés, c’est-à-dire de la Santé, de l’Economie, de l’Environnement et de l’Agriculture.

Les intérêts financiers des multinationales productrices de ces substances l’emportent sur les préoccupations de santé publique. La volonté de défendre pleinement les alternatives possibles ou à développer est trop faible. Les positions dans les débats et instances décisionnelles européennes sont trop ambiguës. C'est la raison pour laquelle Ecolo et Groen ont déposé, au niveau fédéral, une proposition de loi interdisant le commerce ou la mise dans le commerce et la fabrication de contenants destinés aux denrées alimentaires et contenant du bisphénol A ou S. Au niveau régional aussi, il existe des leviers, c'est pourquoi Ecolo déposera une résolution en vue de prévenir les impacts des perturbateurs endocriniens sur la santé et l'environnement à Bruxelles.

Magali Plovie
Députée régionale Ecolo

Améliorer l'offre de logements pour les personnes ayant des troubles psychiques

En région bruxelloise, les personnes souffrant de troubles psychiques graves et chroniques éprouvent souvent d’énormes difficultés à trouver un logement. Certaines d’entre elles « tombent » même dans le sans-abrisme. Sensibilisé par les propositions de l’ASBL Similes, le groupe DéFI au Parlement bruxellois plaide pour un élargissement et une diversification de l’offre de logements publics et privés pour les personnes psychiquement fragilisées. Nous estimons qu’il faut augmenter le nombre de places dans les structures d’hébergement thérapeutique réservées à ce public. En outre, DéFI considère que les pouvoirs publics doivent encourager le développement des projets innovants d’habitats groupés inclusifs qui visent à rassembler dans un même lieu de vie des personnes psychiquement vulnérables et des personnes valides dans une optique d’accessibilité et de mixité sociale. Enfin, il nous paraît primordial d’apporter une aide aux familles qui hébergent chez elles leurs proches souffrant de problèmes psychiques.

En réalité, quelle que soit la formule de logement choisie, le noeud du problème réside moins dans la mise à disposition de bâtiments que dans le manque d’accompagnement des personnes psychiquement fragiles. Il importe, dès lors, de tout mettre en oeuvre pour offrir à ce public un accompagnement de qualité (soins à domicile, accompagnement psychosocial, aide dans les démarches administratives, aide à l’entretien du logement, etc.). Certes, nos différentes propositions auront un coût, mais il s’agit d’une priorité politique à laquelle nous sommes prêts à consacrer les moyens nécessaires.

Michel Colson,
Député DéFI au parlement
de la Région de Bruxelles-Capitale

Vers une véritable politique de vaccination à Bruxelles !

Depuis la sixième réforme de l’Etat, la Commission Communautaire Commune a la compétence de la politique de vaccination à Bruxelles. Mais pour mener à bien cette politique, il est nécessaire de disposer d’un relevé global de la vaccination des enfants et des jeunes en Région bruxelloise. Aujourd’hui, ce relevé n’existe pas ! Une lacune à combler si on veut mener à bien une politique vaccinale. Politique d’autant plus importante que, et le groupe socialiste s’en est inquiété et a interpellé les ministres compétents, nous faisons face aujourd'hui à une recrudescence de maladies pour lesquelles un vaccin existe, comme la rougeole, et une « augmentation » du refus vaccinal en Europe. Le tout avec un manque de données relatives aux taux de couverture vaccinale sur Bruxelles. Sur la situation exacte en Belgique francophone du refus vaccinal la Ministre ne me répond pas... De plus, la dernière étude sur le taux de couverture, côté francophone, date de 2015. Et j'ai dû pousser pour que la prochaine, attendue en 2019 (soit 1 an de retard), prenne en compte les enfants bruxellois ! C'est pourquoi j’ai porté, avec quelques collègues parlementaires, une résolution pour demander explicitement aux ministres d’élaborer une politique de vaccination bruxelloise articulée comme suit :

  • prévoir une coordination des banques de données existantes des communautés et un accès à celles-ci pour tous les médecins
    de la Région de Bruxelles-Capitale. C'est important pour les soignants !
  • développer un système de mise à disposition des données de ces banques de données qui permette de mener une politique de santé préventive. Vital pour le pilotage ! La résolution a été votée ce 6 juillet 2018! Je serai particulièrement attentive à sa mise en application. C’est notre système de santé qui est en jeu.

Catherine Moureaux,
Présidente du Groupe PS au Parlement francophone bruxellois,
Députée bruxelloise et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Vers une généralisation du vaccin contre HPV ?

Alors que 70 à 80% des personnes au sein de la population active seront en contact avec le virus au moins une fois au cours de leur vie, seulement 30% des jeunes filles en Belgique francophone sont vaccinées, contre plus de 80% en Flandre.

De même, de récentes études ont prouvé que les hommes ne sont pas épargnés par le virus. De nouveaux cancers de la gorge se développent et on estime que plus de 25% de ceux-ci sont imputables au HPV. C’est la raison pour laquelle le Conseil supérieur de la santé a également remis un avis plaidant l’élargissement de la vaccination aux garçons.

Le MR étant intervenu à plusieurs reprises sur cette question, nous plaidons pour une généralisation de la vaccination et soutenons les revendications des associations qui considèrent qu’il faudrait revoir la méthode de vaccination en place dans nos écoles. Actuellement, le vaccin est proposé aux jeunes filles en première secondaire et est remboursé intégralement mais la vaccination doit être expressément acceptée par les parents (opting-in). Cette procédure a pour conséquence de voir trop peu de parents entamer la démarche. En Flandre, au contraire, le vaccin est administré d’office, sauf en cas de refus explicite des parents (opting-out).

Le MR souhaite encore que l’âge de vaccination soit abaissé à 9 ans, suivant en cela les recommandations de l’OMS pour une efficacité renforcée du vaccin. Au MR, nous espérons que le combat de la vaccination pour tous avancera rapidement. Il s’agit d’un problème de santé publique qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur les générations futures.

Gaëtan Van Goidsenhoven,
Député bruxellois
et Chef de groupe MR Cocof 

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