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La coordination sociale de Watermael-Boitsfort a fêté ses 10 ans !

En décembre 2008, la coordination sociale de Watermael-Boitsfort a fêté ses dix ans à l’Espace Delvaux. Cet anniversaire offre l’occasion de revenir sur une décennie d’action sociale et d’en dresser un premier bilan, et celui-ci est positif ! Michel Colson, président du CPAS de Watermael-Boitsfort et Christiane Peeters, responsable de la coordination sociale, nous en parlent.

Michel Colson : « L’organisation d’une Coordination sociale est prévue dans la loi organique des CPAS, mais ce n’est pas une obligation. Et, lorsque le Ministre Charles Picqué a exercé la tutelle sur les CPAS, il les a dotés de moyens pour favoriser la coordination. A Watermael-Boitsfort, il existait déjà une Coordination Jeunesse lorsque Andrée Payfa était bourgmestre ; le principe est simple : éviter les doubles emplois et utiliser les acteurs adéquats au bon moment. Je suis devenu président en 1995. Un drame venait de se produire – le suicide d’un homme – et je suis allé voir sa veuve. Cela m’a encouragé à me lancer dans la coordination. Il a d’abord fallu une longue période d’observation, au rythme d’une rencontre par mois, avant d’arriver à une reconnaissance et une confiance mutuelles : le monde politique et le monde associatif ont souvent du mal à communiquer, ils se méfient toujours un peu l’un de l’autre. Aujourd’hui le rythme est d’une réunion plénière par trimestre, que je préside, assortie de plusieurs commissions animées par Christiane Peeters : ces dernières sont des lieux où les travailleurs sociaux se retrouvent entre eux pour parler de questions plus déontologiques, du secret professionnel, etc. »

« Ce système permet aussi de garder un lien avec le politique, notamment en vue de concrétiser des projets, complète Christiane Peeters. Il existe cinq commissions : aide à la jeunesse, santé mentale, troisième âge et petite enfance, plus la commission réseau, qui travaille à partir de situations concrètes, d’expériences vécues au quotidien, de cas dont plusieurs équipes se sont occupées. Ce travail d’analyse et d’évaluation est cadré par un superviseur. »

La coordination sociale est à l’origine de nombreuses collaborations, comme le carnet de communication pour les personnes du troisième âge. Michel Colson nous explique l’origine de cette action : « On constatait un manque de communication entre les différents intervenants auprès de ces personnes : le médecin traitant, la famille, l’aide à domicile, la police... C’est tout simple mais il fallait y penser : prendre en compte le secret médical, le secret professionnel des travailleurs sociaux, l’intervention de la police... » La com- mission du troisième et quatrième âge a débouché sur d’autres initiatives qui contribuent grandement au bien-être de cette catégorie vulnérable de la population.

Une grande consultation du public des plus de 65 ans a été lancée au sein de la commune. Après dépouillement, les résultats obtenus ont abouti à la politique la plus complète à Bruxelles concernant les personnes âgées. Par exemple, l’asbl Action sociale, service de distribution de repas à domicile est devenue Vivre chez soi, dont le principal objectif est le maintien à domicile des personnes âgées et/ou handicapées, en fournissant non seulement un service repas mais aussi une aide à domicile et un service technique. L’asbl porte aussi le projet « Mémoire vive » qui vise à collecter, à l’aide d’une caméra digitale, les témoignages et récits de vie des personnes âgées.

D’autres projets sont issus des réflexions des commissions de la petite enfance et de l’aide à la jeunesse.

Christiane Peeters : « Un projet est né dans la commission de la petite enfance, à propos de la question des limites. Une soirée de débat avec un spectacle de clown a été organisée pour sensibiliser les parents. Encore un exemple : avec l’appui de l’échevin responsable, des directeurs d’écoles et des travailleurs sociaux, la commission de l’aide à la jeunesse a travaillé sur les difficultés que rencontraient en milieu scolaire, avec les enfants “placés par le juge”, les surveillants et les autres élèves. Cela a été un travail très intéressant. Echanger à propos de ces difficultés a déjà entraîné un progrès, malgré le manque de formation spécifique des surveillants.

La commission réseau est l’aboutissement de cette démarche de concertation. Elle poursuit plusieurs objectifs. En organisant des rencontres entre les différents intervenants et acteurs du secteur, elle améliore la collaboration entre le monde associatif et les institutions concernées et permet une meilleure coordination du travail et de la réflexion. En effet, savoir « qui fait quoi » sur le terrain permet une approche complémentaire des problémati- ques et crée des liens de confiance. L’échange d’informations qui a lieu lors de chaque réunion met en place les conditions d’un travail de réseau efficace et facilite l’utilisation des ressources existantes.

« Le plus grand acquis, poursuit Michel Colson, c’est que les associations, qui sont déjà débordées, continuent à participer à la coordination : il est clair qu’elles y trouvent un avantage dans leur pratique. Au-delà de la réflexion intellectuelle, la coordination donne des résultats bien concrets sur le terrain. Je pense à l’exemple d’une famille avec laquelle tout était réuni pour que l’on baisse les bras : il a fallu du temps, mais on est arrivé à redresser la situation. Tant que la coordination sociale fonctionnera ainsi, elle sera incontournable : le mouvement est dorénavant lancé. »

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