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Les vocations ne manquent pas !

Le titre de cette rubrique mériterait d’être écrit au pluriel puisque nous faisons cette fois écho à plusieurs projets soutenus par la Fondation belge pour la Vocation. Comme nous l’avons déjà écrit dans un article sur les infirmiers de rue [1], projet lui-même soutenu par la Fondation, celle-ci (créée en 1963 et reconnue d’utilité publique) décerne chaque année quinze bourses de 10.000 eu., destinées à encourager la réalisation de vocations chez de jeunes Belges de 18 à 30 ans qui disposent de peu de moyens financiers. Certains sont devenus célèbres, comme la chorégraphe Anna Teresa de Keersmaeker, le pianiste Jan Michiels, lauréat du concours Reine Elisabeth, le violoncelliste David Cohen, le cinéaste Frédéric Fonteyne, le photographe Gaël Turine, le metteur en scène Olivier Coyette ou le volcanologue Gérald Ernst.

De multiples domaines d’activités peuvent en effet faire l’objet d’une bourse de la Fondation pour la Vocation : archéologie, anthropologie, architecture, urbanisme, métiers d’art, arts appliqués, arts plastiques, cinéma, danse, littérature, médecine, musique, nature, sciences paramédicales, philosophie, droit, photographie, recherche scientifique, activités sociales, arts du spectacle... Nous retiendrons évidemment, dans la nouvelle promotion, des lauréats dont la vocation se rattache directement ou indirectement à la santé.

Après une licence en histoire des relations internationales et un DESS en gestion de l’environnement, Mahalia De Smet (née à Schaerbeek) tente une expérience incroyable : travailler bénévolement dans la prison centrale de Yaoundé, au Cameroun. « Mon engagement bénévole a commencé avec Greenpeace et auprès de jeunes en difficultés scolaires. Puis, en avril 2006, des vacances en Afrique Centrale se sont transformées en voyage humanitaire. Dans les méandres d’une prison où je ne me serais jamais imaginée, je me suis découvert le besoin impérieux d’agir et de ne pas démissionner face à l’inacceptable, ni reculer face à la brutalité d’une réalité si particulière. Les mineurs ont su me toucher plus que les autres détenus : rendre la dignité à ces jeunes en les alimentant, les soignant, les accueillant dans leurs silences tissés de regards sombres et de sourires tremblants est devenu ma priorité. Pour combler ce silence et ce repli sur soi, j’ai adapté pour eux mon moyen d’expression favori : l’écriture. »

Au cours de sa 6e année de médecine, Sarah Jacobs (née à Wilrijk) a été confrontée à la maladie dont son père et sa sœur jumelle étaient atteints : une forme héréditaire de cancer des ganglions. Elle s’est rendu compte des lacunes existant tant au niveau de l’accueil que de l’accompagnement de ces familles et des enfants atteints par cette maladie génétique. « J’ai pu constater de près les lacunes en matière de soutien et les conséquences que cela entraîne. J’accorde une importance particulière à l’accueil des enfants et des jeunes. Je souhaiterais aider les parents à aborder le thème de la maladie, leur offrir une information et surtout un encadrement adéquat. Mon but est l’élaboration d’un réseau dont le centre serait composé d’une équipe de coordination multidisciplinaire. »

Après des études d’assistante sociale et une licence en psychologie clinique, Sofie Raçon (née à Roulers) découvre sa véritable passion : le travail avec des autistes adultes, pour lesquels il existe très peu de structures d’accueil ou d’accompagnement. Elle décide de créer sa propre structure après avoir mûri une approche psycho-éducative très pratique et concrète, appuyée sur un bagage solide en psychologie clinique. « L’autisme se situe à l’intérieur de la personne et se manifeste par des signes extérieurs. C’est moins le cas chez les autistes qui présentent une intelligence normale et leur handicap reste donc invisible. Ils arrivent à compenser leurs limitations et à les cacher à l’entourage. Pourtant il leur est extrêmement difficile de fonctionner au sein de la société. Par la création de l’asbl Dynamiek je souhaite leur offrir un encadrement au niveau psycho-social, professionnel et récréatif. »

Travaillant depuis un an dans une crèche, Noura Dönmez (née à Bruxelles) est engagée comme animatrice par Les amis d’Aladdin, une maison qui accueille des enfants dont les parents, provenant majoritairement de l’immigration, suivent une formation d’insertion socioprofessionnelle. Elle se rend compte que notre système socio-éducatif, plaçant les enfants dans des environnements scolaires, de loisirs, d’activités culturelles très éloignés de l’environnement socio-culturel de leurs parents, crée une distanciation particulièrement négative sur le plan éducatif. « Mon projet est de rencontrer des mamans de différentes communautés avec leur(s) enfant(s) et de leur offrir, soit chez elles, soit dans un lieu chaleureux, des moments de plaisir et de détente à travers des activités de conte, de chant et de psychomotricité, leur permettant de s’épanouir et de créer des liens. J’aimerais également travailler avec le réseau local. Mon envie est de les emmener pour un temps dans un monde où les soucis font place à la joie et à la découverte. »

Native de Rocourt, Emilie Schmetz, licenciée en psychologie, veut consacrer sa thèse de doctorat à l’infirmité motrice cérébrale chez les jeunes enfants, plus spécifiquement d’âge scolaire. « Adapter la neuro-psychologie à cette pathologie permet de mettre en évidence les déficits et surtout les compétences préservées de ces enfants, et par la suite de mieux cerner leurs possibilités. Je peux alors expliquer aux parents et aux intervenants comment aider au mieux ces enfants dans leurs apprentissages scolaires et dans leur vie quotidienne. À terme, cette recherche permettra de soutenir les enfants dans leurs apprentissages en adaptant au fur et à mesure les conseils et les prises en charge, en étant au plus près de leurs besoins. »

Terminons par un troisième Bruxellois, qui nous permet de faire le lien avec notre récent dos-sier en deux parties sur l’identité de Bruxelles*. Géry Leloutre nourrit très tôt un vif intérêt pour l’architecture, l’acte de construire et la réflexion sur la ville et le territoire. Dès l’école secondaire, il s’interroge sur la façon de rénover une agglomération meurtrie par trente ans de spéculation immobilière. « Je suis devenu urbaniste par passion pour Bruxelles, une ville qui se cherche encore un projet de développement en tant que capitale européenne. Le projet qui m’occupe depuis quelques années consiste en une relecture de l’histoire des développements de la ville depuis l’après-guerre. Cette histoire, écrite jusqu’ici depuis le seul point de vue de la reconstruction de la ville traditionnelle, élude la philosophie du projet moderne qui l’a précédée. Or ce projet allie une réflexion au niveau des quartiers à la recherche d’une cohérence régionale. Il en appelle à une grande échelle, absente des débats depuis plus de vingt ans mais indispensable pour répondre aux enjeux métropolitains contemporains. »

Fondation belge de la Vocation
Fondation d’utilité publique
Sous le haut patronage de S. M. la Reine Fabiola
2 place de l’Albertine
1000 Bruxelles
Tél. : 02 213 14 90
Fax : 02 213 14 95
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http://www.fondationvocation.be

*Voir Bruxelles Santé 51 et Bruxelles Santé 52

Notes

[1] « Sur la route des soins », Bruxelles Santé n° 50, pp. 15-16.

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