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Débats n° 52

Notre rubrique « Débats » donne la parole aux groupes politiques démocratiques.

Enfin un premier Centre de Double Diagnostic en Région bruxelloise ?

Les troubles psychiatriques touchent toutes les catégories de la population. Certaines d’entre elles nécessitent des infrastructures adaptées. C’est le cas des personnes handicapées mentales pour lesquelles il n’existe aucune infrastructure de soins psychiatriques adaptée à Bruxelles. Les familles d’une personne handicapée connaissent bien ces situations, qui les conduisent à devoir courir en Flandre ou en Wallonie pour traiter une crise de décompensation. C’est pour répondre à cette situation qu’un projet de création d’un Centre de Double Diagnostic est aujourd’hui sur la table dans le cadre de la reconversion de la Clinique Saint Etienne.

On entend par Centre de Double Diagnostic un service spécialisé dans la prise en charge thérapeutique de courte durée des adultes avec un handicap mental qui développent des troubles psychiatriques. Le projet, qui vise l’accueil d’une quinzaine de personnes, est actuellement porté par la Clinique Saint Jean et des acteurs du terrain. Il bénéficie du soutien des ministres bruxellois concernés. Reste à trouver les solutions pour le financement des lits A, qui dépendent du fédéral. Le cdH plaide pour qu’à ce niveau un consensus de même nature se dégage afin de ranger définitivement aux oubliettes le souvenir de ces personnes handicapées souffrant d’un trouble passager du comportement et devant être accueillies dans un service d’addiction pour personnes alcooliques ou droguées. Ce qui est encore malheureusement le cas à Bruxelles.

André du Bus
Député bruxellois
Président du groupe cdH au Parlement francophone bruxellois

La quête du bien-être... en 1800 signes

La ville, c’est à la fois un espace limité, une proximité et une densité qui cristallisent les principaux conflits et contradictions d’une société en proie aux mutations de toutes sortes. Mais c’est aussi un fantastique équipement collectif capable de résoudre partiellement les problèmes qu’elle se cause ou qui s’y déploient. La ville est un processus collectif qui peut générer des solutions à ses problèmes.
Bruxelles se révèle paradoxale : à la fois une des villes les plus riches d’Europe mais aussi une ville habitée par une population pauvre ; le premier bassin d’emploi du pays mais le plus haut taux de chômage ; une Région qui fait encore tenir l’édifice belge mais est volontiers niée par les autres ; une Région avec CCF et CCC mais où se parlent quasi toutes les langues du monde. Comment surmonter le clivage croissant entre la ville qui rit et la ville qui pleure ? Il y a évidemment tous les leviers économiques, fiscaux, environnementaux... Mais si on s’en tient aux compétences personnalisables, voici quelques pistes.
Il convient d’aller vers plus de participation et de démocratie réelle pour permettre au citoyen d’entrer au cœur des choix politiques. Les pratiques communautaires sont pertinentes et invitent à se réapproprier soi-même sa santé plutôt que de recourir à l’expert ou au médicament. Qu’on l’appelle Charte ou Pacte, le rapport entre l’associatif et le politique doit être clarifié, et le non marchand mieux respecté. Il faut continuer à penser des réponses croisées à des problèmes de santé polymorphes, éviter toute concurrence entre les faiseurs de santé... Les réseaux et les rencontres permettent d’organiser un système tentant de répondre à la complexité des besoins de l’usager, de repérer les failles dans l’offre de services et de favoriser un échange de (bonnes) pratiques et de réflexions. Quant au monde politique, il doit aller vers plus de partenariats et d’intégration. A chaque décision, s’interroger sur les impacts sur la santé, sur la dynamique engendrée, l’éthique de la démarche, la durabilité... Cela nécessite intersectorialité et interinstitutionnalité. Le monde politique doit lever le nez du guidon et développer la réflexion prospective. Il a à élaborer un cadre de référence explicite constitué d’objectifs et de priorités, un plan de santé urbaine, à partir d’un diagnostic basé sur des données collectées et une analyse soignée de la santé dans toutes ses dimensions. Ensuite, à formuler les objectifs politiques plus en terme de résultats que de moyens... même si cela dépasse la temporalité d’une législature.

Dominique Braeckman
Présidente du groupe Ecolo à la Commission communautaire française

Relever le défi du paradoxe bruxellois

Dans le cadre institutionnel actuel, la Commission communautaire française n’est pas suffisamment bien armée pour relever les importants défis auxquels elle doit faire face. La survie de cette institution, et plus globalement de Bruxelles, n’est possible que si, politiquement, économiquement, culturellement et socialement, les liens entre institutions fédérées francophones, avec la Wallonie et la Communauté française sont remodelés et renforcés. Cette analyse est – malheureusement – confortée par la situation budgétaire de la COCOF. L’état de ses finances se dégrade d’année en année, et ce aux dépens des politiques qu’elle mène. Il est dès lors urgent de considérer l’ensemble des moyens possibles qui permettront, d’une part, de trouver des moyens supplémentaires et, d’autre part, de réaliser des économies.
Voici quelques pistes qu’il convient d’explorer : la Communauté française, à l’instar de ce qui se réalise avec la Région wallonne, doit approfondir ses collaborations avec la COCOF ; le développement de synergies (rapprochement administratif et de comptabilité budgétaire, procédures communes de contrôle des associations...) doit permettre des économies d’échelle ; la révision de différentes clés de répartition budgétaire, comme par exemple la clé 80/20 entre la COCOF et la VGC pour l’argent provenant de la Région bruxelloise, sont autant de mesures qui permettraient d’améliorer cette situation financière.Ce n’est que de la sorte que la Région bruxelloise pourra relever le défi social qui est le sien et s’extirper du « paradoxe bruxellois ». Malgré une désindustrialisation massive, Bruxelles contribue à la richesse économique de la Belgique deux fois plus que son poids économique, exporte ces apports bien au-delà de ses limites régionales mais fournit trop peu d’emplois à ses habitants. Bruxelles est riche mais ses habitants s’appauvrissent. Le défi pour répondre à ce paradoxe consiste donc à mettre en place des politiques qui transcendent le territoire bruxellois tout comme le cadre institutionnel Région/Communauté, pour enfin miser massivement sur la formation et la qualification. Offrir un emploi et des perspectives d’avenir à la population bruxelloise permettra d’effacer la fracture sociale, avec toutes les implications positives qui en découlent.

Caroline Persoons
Présidente du groupe MR au Parlement francophone bruxellois

 

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