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Débats n°47

Notre rubrique « Débats » donne la parole aux groupes politiques démocratiques.

 Des personnes handicapées... au Beliris social

Les personnes handicapées et leurs familles crient, depuis longtemps déjà, leur désarroi et leur désespoir face aux difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Les autorités publiques tentent bien de répondre aux besoins énoncés par ces personnes mais sont loin de rencontrer l’entièreté de leurs demandes pourtant toutes légitimes.

C’est donc pour essayer d’y voir le plus clair possible que la Commission des Affaires sociales de la COCOF a décidé d’auditionner des associations et des personnalités représentatives. A la suite de quoi, Ecolo et les autres partis de la majorité ont déposé une résolution visant à aider les personnes handicapées de grande dépendance, qui rencontrent d’énormes difficultés à trouver une place dans les centres ainsi qu’une prise en charge correspondant au mieux à leurs besoins. Cela passe par l’augmentation du nombre de places d’accueil, davantage de complémentarité entre institutions politiques et un investissement accru du niveau fédéral. La proposition vise également à améliorer la formation et l’information.

Ce texte n’est bien sûr qu’une réponse partielle aux besoins des personnes handicapées ; malgré cela, il nécessitera des moyens supplémentaires. Or la situation financière de la COCOF est grave, mais on ne s’en sortira pas en la laissant dans la pénurie dans laquelle elle s’est enlisée inexorablement depuis plus d’une dizaine d’années. On ne peut continuer à imaginer des arbitrages entre de l’urgent et... de l’urgent : on n’oppose pas entre eux les besoins des citoyens les plus faibles. Les derniers chiffres du déficit de la COCOF, dont fait état l’étude Dexia, avoisinent 17 millions d’euros par an, et ce à politiquein changée, ce qui est une aberration vu la multiplication des besoins. C’est pourquoi, dans les cercles où cela se décide et en cette période de négociations fédérales, il faut exiger un refinancement de la COCOF.

Au moment où j’écris ce texte, M. Dehaene, qui vient de terminer son travail, a rencontré les différents Ministres-Présidents mais pas celui de la COCOF. Cette absence de prise en compte est une erreur flagrante, et j’espère que M. Cerexhe rencontrera M. Leterme. Il est important que notre institution monte au créneau et exige du fédéral, mais aussi de la Région et des autres entités francophones, de quoi mener à bien ses politiques sociales. D’ailleurs, pourquoi Beliris ne couvre-t-il que de la brique et des parcs ? N’est-il pas temps d’exiger un Beliris social qui prenne en considération les besoins sociaux et de santé des Bruxellois ?

Dominique Braeckman
Présidente du groupe Ecolo à la COCOF

Quels soutien aux politiques locales de santé ?

Les Communes jouent un rôle important dans la promotion de la santé. Par sa proximité, l’échelon local est le niveau de pouvoir le plus susceptible d’agir sur le quotidien des personnes. C’est à l’OMS que l’on doit la reconnaissance de cette spécificité par la mise en place des programmes « Ville-Santé » à la fin des années 80. Près de vingt ans plus tard, de nombreux Collèges, installés à la suite des dernières élections communales, comptent en leur sein un Echevin de la Santé. Mais le message est-il suffisamment passé pour autant ? La question reste largement ouverte et mériterait une recherche approfondie.

J’ai personnellement rencontré plusieurs Echevins de la Santé qui se posent de réelles questions sur les objectifs opérationnels d’un tel échevinat. A l’occasion d’une question parlementaire, la Ministre Catherine Fonck a rappelé le rôle primordial des CLPS (Centres locaux de promotion de la santé) dans leur mission de soutien méthodologique aux Communes. Le troisième Colloque international des projets locaux et régionaux de santé se tiendra à Mons en avril 2008, à l’initiative conjointe de la Communauté française et de la France ; il s’agit évidemment d’un rendez-vous à ne pas manquer.

Plus largement, je plaide pour une mobilisation réelle des pouvoirs locaux bruxellois en faveur de la promotion de la santé au niveau local. Si le chantier est vaste, les ressources existent : les asbl Bruxelles Ville-Région en Santé, Santé Communauté Participation, Question Santé, le CLPS de Bruxelles et l’Administration Santé de la COCOF. Mais, pour réussir, il convient de faire vivre un réseau regroupant ces acteurs et l’ensemble des décideurs politiques.

André du Bus
Député bruxellois
Président du groupe cdH au PFB
Député à la Communauté française

L’organisation du dépistage du cancer du sein en Région bruxelloise

Le cancer du sein est une des premières causes de mortalité précoce des femmes en Région bruxelloise et touche une femme sur douze dans notre pays. Malgré ces constats sévères et ces chiffres alarmants, il ne faut pas céder au fatalisme. En effet, de nombreuses études démontrent que le dépistage et le traitement précoces peuvent réduire la mortalité d’environ 30 % et que la précocité du diagnostic évite les traitements agressifs et mutilants.

Dans notre Région, Brumammo a été créé depuis 2002 pour coordonner l’organisation du dépistage du cancer du sein. Outre cette action, le centre de référence supervise le dépistage systématique auprès de femmes de 50 à 69 ans. Après 5 années de fonctionnement, il était important d’évaluer le dispositif mis en place et surtout de le renforcer et l’améliorer. Par ailleurs, la stratégie actuelle ne permet pas encore d’atteindre de manière suffisamment significative les femmes et plus particulièrement les plus défavorisées. C’est dans cet esprit que les parlementaires Carla De Jonghe (VLD), André du Bus (cdH), Paul Galand (Ecolo) et Françoise Bertiaux (MR) m’ont rejointe par le dépôt d’une proposition de résolution au Parlement bruxellois.

La proposition de résolution, qui soutient le dispositif Brumammo, invite les Ministres compétents à poursuivre l’évaluation des programmes déjà réalisés, plus particulièrement dans le domaine de la prise de contact et de la sensibilisation des publics concernés, et d’organiser une vérification régulière de la correspondance des outils mis en place aux réalités sociologiques de terrain en concertation avec les divers acteurs, en vue de créer de nouvelles synergies.

Afin de toucher le plus grand nombre de femmes, et surtout celles que les matériels existants peuvent ne pas atteindre (femmes peu ou pas scolarisées, femmes d’origine étrangère,...), la proposition de résolution recommande la mise en place d’un programme touchant l’ensemble des Bruxelloises dans leur diversité linguistique et culturelle. Dans le même objectif, le texte invite au développement d’une politique préventive en collaboration avec l’ensemble des partenaires bruxellois de la santé, en impliquant dans les programmes le plus grand nombre d’acteurs en contact avec les populations concernées, tels que les médecins généralistes, les Communes, les CPAS, les travailleurs socio-sanitaires, les médias de proximité et les mutualités. Ce partenariat doit aussi se pratiquer entre les institutions régionales chargées de la santé (p. ex. l’Observatoire de la Santé) et celles qui dépendent des Communautés française et flamande.

Ces efforts conjugués renforceront la crédibilité et amélioreront les résultats en termes d’efficacité de Brumammo, cet outil bruxellois qui, par les différents acteurs qu’il fédère autour de lui et par l’organisation d’un programme de dépistage gratuit, est déjà devenu un modèle en termes de politique préventive.

Fatiha SAÏDI,
Députée PS
Présidente de la Commission de la Santé à la COCOF

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