Question Santé       Facebook  Twitter  header vimeo
Inscription Newsletter  INSCRIPTION NEWSLETTERS  PRESSE

L’ergothérapie à domicile, gratuitement

C’est en 2004 que l’ASBL Soins Chez Soi a lancé un service gratuit de soins d’ergothérapie à domicile sur les 19 communes bruxelloises. Ce projet pilote, qui a été subsidié par la COCOF, vise le maintien de la personne âgée dans son domicile dans de meilleures conditions de sécurité, d’hygiène et de qualité de vie. Il repose sur un partenariat avec Télé-Secours, service d’aide à domicile 24h/24, avec le GRAPE (Groupe de recherche appliquée en ergothérapie), qui réunit des membres de l’Association des Ergothérapeutes de Belgique, et avec l’ASBL Espace Social / Télé-Service, un des Centres d’action sociale globale (CASG) de la Région bruxelloise.

Le projet est né dans un contexte démographique bien connu : l’espérance de vie est allongée et le nombre des personnes âgées ne cesse de croître. Ce constat débouche non seulement sur des questions de santé publique – les hospitalisations, les placements en maison de repos ou dans un home – mais, plus largement, sur une interrogation éthique : comment allons-nous, entant que collectivité, en tant que citoyens, prendre en charge le vieillissement de nos aînés ? La recherche de réponses passe par une réflexion menée tant par les bénéficiaires des soins que par les professionnels.

La plupart des personnes âgées aspirent à pouvoir rester le plus longtemps possible dans leur environnement familier et y recevoir une aide. Ce maintien à domicile doit être envisagé dans les meilleures conditions possibles, en termes de sécurité et d’hygiène mais aussi de bien-être. Se pose dès lors la question de la dépendance. D’un point de vue strictement socio-sanitaire, être dépendant équivaut à ne plus pouvoir accomplir seul les actes élémentaires de la vie quotidienne. Ceci peut survenir à toute période de la vie, mais le risque augmente nécessairement avec l’âge. Or, constate-t-on à Soins Chez Soi, “la logique principale actuelle s’organise davantage en termes de recours à des prestations de professionnels qu’à l’encouragement d’une exploitation maximale des ressources propres des patients. Ceci pose inévitablement la question du risque de dépendance accrue. Notre projet vise à soutenir les personnes dans leurs facultés propres afin de leur permettre d’éviter un double écueil : prétend regarder leur indépendance à tout prix ou tomber dans une dépendance excessive vis-à-vis de tiers (famille, prestataires, bénévoles, etc.).”

C’est dans ce cadre que les promoteurs du projet ont concentré leurs efforts sur l’ergothérapie, persuadés de la plus-value qu’offre ce type de soin aux personnes âgées. Les enjeux sont de permettre à celles-ci de réapprendre les gestes de la vie quotidienne, de les habituer à utiliser des aides techniques et de les convaincre d’accepter des aménagements dans leur domicile. Mais le recours à l’ergothérapie reste encore souvent méconnu par les professionnels comme par les particuliers. Or, si le travail de l’ergothérapeute n’a que peu de prise sur le niveau de santé en tant que tel du patient, il peut agir très efficacement pour que l’indépendance de celui-ci perdure.

Concrètement, que va faire l’ergothérapeute ?

  • Analyser la situation particulière du patient (ses capacités à se lever, se laver, s’habiller, préparer un repas...), identifier les barrières et obstacles mais aussi les ressources architecturales et environnementales, tenir compte des aidants naturels, prendre en compte les informations médicales, paramédicales, sociales, etc.
  • Réaliser une étude approfondie du contexte : espaces de déambulation, éclairage et électricité (interrupteurs, fils électriques...), ouverture et fermeture (portes, tiroirs, radiateurs...), accès (armoires, cuisinières, électroménager...), hauteurs (tables, sièges, lit, baignoire...), stabilité (sièges, tables, appuis...).
  • Etudier les risques potentiels comme la présence de marches et d’escaliers, sols irréguliers ou glissants, espaces trop réduits ou distances trop importantes, points d’appui en nombre insuffisant, meubles dangereux (coupants, instables...).
  • Etablir un plan de travail pour exercer la personne à réaliser les gestes usuels, rechercher les aides techniques adaptées, aménager l’environnement et stimuler le patient.
  • Ajuster son intervention en fonction d’une évaluation des bénéfices en termes d’indépendance.

L’intervention de Soins Chez Soi se produit à la demande du médecin généraliste ; le bénéficiaire contacte l’ASBL pour demander le passage de l’ergothérapeute. Celui-ci se rend au domicile du patient pour évaluer les capacités et incapacités de celui-ci, sa situation actuelle, ses besoins et souhaits en matière d’activités, son vécu journalier, les possibilités et risques environnementaux. Suite à cette étude, il propose les apprentissages nécessaires, les aides techniques à mettre en place et à utiliser, ainsi que l’aménagement du domicile. Les petits aménagements éventuels pourront être effectués par un nouveau service, “Les petits boulots” (voir plus loin). L’ergothérapeute établira ensuite un rapport pour le médecin généraliste, Soins Chez Soi et le patient. Et le réseau des partenaires pourra, au-delà de l’intervention de l’ergothérapeute, mettre en place les autres soins et services nécessaires.

Quels sont les premiers résultats engrangés par ce projet pilote ?

Ceux que nous reproduisons ci-après concernent la période de mars à novembre 2004. Les demandes parviennent à l’ASBL majoritairement via des médecins, es hôpitaux et divers lieux qui offrent des services et des soins aux personnes.

  • La moyenne d’âge des demandeurs est de 78,7 ans. Proportionnellement, les femmes font davantage appel aux services d’un ergothérapeute que les hommes.
  • La situation familiale se présente comme suit, par ordre décroissant : isolé, couple, famille, communauté.
  • La situation environnementale joue un rôle puisque la demande est proportionnellement plus importante chez les personnes vivant en appartement que chez celles qui habitent une maison.
  • Les pathologies qui entraînent les demandes se répartissent par ordre décroissant de la manière suivante : chutes, pathologies gériatriques, pathologies neurologiques (accidents cardio-vasculaires cérébraux principalement), pathologies orthopédiques, maladie de Parkinson, maladies d’Alzheimer, infirmités motrices cérébrales, et enfin brûlures, dépression et diminution de l’acuité visuelle.
  • Les problèmes principalement rencontrés sont les déplacements au domicile, les transferts (passer de la position debout à la position assise et couchée et vice-versa), les activités journalières, les activités instrumentales de la vie quotidienne (gestion du budget et des médicaments, préparation des repas, entretien du domicile et du linge, écriture et communications téléphoniques, loisirs et sorties), l’orientation dans le temps et l’espace, la mémorisation et l’apprentissage, le manque de force et d’amplitude dans les mouvements, le déficit visuel et auditif.

“Les petits boulots”

En 2005, le réseau propose une nouvelle offre, financée par la COCOF, dont l’initiative revient au Service des Jeunes de Télé-Service. Les personnes intéressées s’adressent à Soins Chez Soi :

  • pour recevoir un devis gratuit et sans engagement ;
  • pour faire appel à de jeunes étudiants, encadrés par un responsable et assurés contre les accidents de travail, qui effectueront les travaux requis ;
  • pour des conditions financières avantageuses puisque ces travaux coûteront 5 euros par heure et par étudiant.

Soins Chez Soi
Coordination de soins et services à domicile
Numéro d’appel unique : 02 420 54 57

Partager