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Prévention de assuétudes et promotion de la santé : une démarche d’analyse des besoins construite avec des partenaires

Comment amener un changement dans les pratiques professionnelles et les cadres de référence ? Comment soutenir la volonté de réorientation d’un service et de ses campagnes de sensibilisation ? Au départ d’une démarche méthodologique déjà expérimentée par le Centre Local de Promotion de la Santé de Bruxelles, les partenaires réunis en groupe de recherche ont choisi de se mettre à l’écoute des travailleurs de terrain. Les lignes qui suivent décrivent les étapes de la méthodologie de ce projet.

Le projet trouve son origine au sein du Service prévention tabac du FARES. L’idée est de développer un programme pour, entre autres, aider à une réorientation de ce service. A savoir, mieux articuler les actions avec les stratégies de promotion de la santé. Un des enjeux est donc de mener une action orientée “terrain” mais qui soit en même temps un lieu de réflexion et un banc d’essai de stratégies innovantes.

Choix et cadre de travail proposé par le FARES

Plusieurs choix ont orienté le développement de toute l’action :

  • recherche de partenaires qui puissent devenir co-acteurs ;
  • analyse et “ressourcement” auprès du terrain (tant les acteurs professionnels que le public des adolescents) ;
  • recherche d’innovation ;
  • adaptation d’une méthodologie d’analyse des besoins déjà menée par le CLPS de Bruxelles pour d’autres problématiques.

Le cadre de travail mis en place comprend :

  • des objectifs généraux, un échéancier à terme, des axes stratégiques à activer à chaque étape du projet ;
  • une évaluation et une réorientation continues ;
  • une concertation avant les prises de décision.

Ce cadre permet à chaque partenaire/secteur de trouver son rythme, de prendre sa place. Le souci est d’amener du changement, une plus-value tant au niveau régional que local.

Emergence d’un partenariat

La première étape de la démarche est d’identifier les partenaires possibles parmi des organismes actifs en Communauté française (niveau communautaire) pour la question des assuétudes et de la promotion de la santé. Un groupe de recherche s’est ainsi constitué.

Les partenaires sont co-acteurs du programme. C’est avec ceux-ci que :

  • les premiers acteurs de terrain [1] ont été rencontrés ;les perceptions des jeunes ont été récoltées ;
  • les stratégies d’action ont été construites suite à l’écoute des acteurs de terrain ;
  • une logique de réseau local a été initiée ;
  • les pistes d’actions déterminées avec les acteurs de terrain sont progressivement mises en œuvre.

Le partenariat mis en place lors du démarrage du programme n’est pas limitatif. Il se développe et s’adapte en relation avec les différentes étapes du programme. Chaque partenaire évalue périodiquement ses “apports et bénéfices” ainsi que la continuité envisageable par rapport à ses propres missions et programmes. Comment le CLPS est-il entré dans ce partenariat ? Précédemment, le CLPS avait développé une démarche d’analyse des besoins des acteurs de terrain travaillant auprès des jeunes. Etalé sur environ trois années, ce travail avait permis de boucler un cycle complet : conception des méthodes d’analyse, récolte et analyse des données, exploitation des conclusions dans différents programmes, diffusion des résultats, évaluation et réorientation des actions.

Plusieurs défis à relever

Pour les partenaires du groupe de recherche, les données de départ peuvent être présentées comme autant de défis à relever. Nous verrons en finale les leçons tirées de cette expérience.

  • Pour le promoteur, le défi consiste à construire un nouveau cadre de référence nourri par cette recherche-action.
  • Intégrer, dans une démarche de promotion de la santé, tabac et assuétudes.
  • Favoriser l’intersectorialité aux niveaux régional et local : comment éviter les conflits inhérents aux différentes approches au profit d’une plus-value ?
  • Sensibiliser des acteurs de terrain à une approche de promotion de la santé pour aborder la problématique tabac et assuétudes.

Un partenariat orienté vers le changement

L’intersectorialité se cristallise au travers du partenariat. Elle est ici posée comme une condition d’émergence du changement, soutenue par les dynamiques d’un groupe de recherche et de tables rondes locales. Croiser des secteurs, c’est croiser des missions, des territoires, des thématiques, des approches différentes, avec parfois des chevauchements ; c’est une occasion de construire ensemble.
Un processus de promotion de la santé initie du changement :

  • Dans une démarche participative transversale, le groupe de recherche (niveau communautaire) vise la construction et le suivi du processus de promotion de la santé.
  • Les réseaux locaux en assurent la réappropriation et le développement.La progression est vue à long terme avec des échanges continus et les réajustements nécessaires entre les deux niveaux (communautaire et local).

Les changements attendus :

  • Sensibilisation à la problématique tabac, à son intégration dans un modèle des usages de drogues (personne - produit - contexte).
  • Augmentation des compétences en matière d’actions menées : intégration des stratégies de promotion de la santé aux pratiques professionnelles, approche de la problématique du tabac dans le cadre général des assuétudes, avec une vision positive de la santé.
  • Réorientation d’un service : passage(s) d’un modèle biomédical à un modèle de promotion de la santé en matière de prévention tabac.

Un des leviers de développement du programme, c’est l’intersectorialité [2] dans le cadre d’une démarche participative qui devrait déboucher sur de l’innovation :

  • une enquête qualitative et sa diffusion ;
  • la sensibilisation d’acteurs de terrain à une problématique santé (tabac/assuétudes) ;la sensibilisation d’acteurs de terrain à une démarche de promotion de la santé ;
  • l’activation de réseaux locaux et la projection d’actions – à court, moyen et long terme – de sensibilisation et d’augmentation des compétences.

Une démarche participative ...

Au niveau communautaire : à l’écoute des acteurs de terrain. Outre la constitution d’un partenariat, une enquête qualitative communautaire a été menée auprès de 32 professionnels travaillant dans les différentes régions de la Communauté française ainsi que dans des secteurs distincts (AMO, enseignement, hébergement...). Ces personnes interrogées avaient comme particularité de travailler auprès de jeunes (12–20 ans) issus de milieux plus vulnérables. Les résultats de l’enquête mis en forme par le groupe de recherche sont réappropriés au niveau local lors de tables rondes.
Et au niveau local : les tables rondes sont organisées en collaboration avec des Centres Locaux de Promotion de la Santé. Les objectifs du programme sont la sensibilisation des acteurs locaux et, à plus long terme, l’augmentation des compétences.

Principaux Résultats

  • Activation du partenariat au niveau communautaire et de la mise en réseau au niveau local.
  • Identification des acteurs : mise à plat de la problématique du tabac et des assuétudes avec ceux-ci : visualisation des liens tabac-assuétudes, et approche de la stratégie de réduction des risques.
  • Prise de conscience des freins et des leviers pour l’action à plus long terme.
  • Emergence de pistes stratégiques.
  • Transfert dans des réseaux locaux.

Principales leçons et interrogations tirées de cette expérience

  • Pour le promoteur, passer d’un cadre de référence à un autre. Eléments facilitateurs : construire des ponts, avoir des passeurs...
  • Rencontre des secteurs : conflits ou plus-value ? Elément facilitateur : la qualité du climat.
  • Intégrer tabac et assuétudes. Eléments facilitateurs : le travail des représentations et la recherche de leviers de changements. Ou encore s’éloigner du sujet et travailler sur la dépendance et l’autonomie, la liberté... les attitudes.
  • Sensibiliser les acteurs à la problématique tabac/assuétudes dans le cadre de la promotion de la santé et développer leurs compétences. Eléments facilitateurs : écouter les acteurs et partir de là où ils sont.

Cécile Plas
Coordinatrice promotion santé,
Service prévention tabac, FARES

Begoña Montilla
Responsable de projet,
Centre Local de Promotion de la Santé de Bruxelles

Notes

[1] Acteurs de terrain : professionnels actifs auprès des jeunes, acteurs de première ligne.

[2] Intersectorialité : interactions dans la rencontre de professionnels venant d’institutions de secteurs avec des pratiques professionnelles et des missions différentes.

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