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Débats n° 79

Notre rubrique « Débats » donne la parole aux groupes politiques démocratiques.

 Assurance autonomie : ne pas obliger les Bruxellois à choisir entre le système flamand ou wallon

Alors que la Flandre dispose de sa « zorgverzekering » depuis 2001 et que la Wallonie vient récemment d’annoncer sa volonté de mettre sur pied début 2017, une assurance autonomie favorisant le maintien à domicile des personnes âgées, handicapées ou gravement malades, les Bruxellois, eux, attendent toujours.

Il faut dire que l’accord de majorité bruxellois est plutôt modéré sur le sujet, se contentant d’annoncer une étude de faisabilité, qui en outre devra mettre « la question de la soutenabilité financière (...) au centre des préoccupations. »

Cette prudence n’est pas étonnante au vu des positions adoptées récemment par différents partenaires de la majorité : la ministre Fremault affirmant qu’elle croit « réellement » en une assurance autonomie bruxelloise, les FDF défendant quant à eux la coexistence à Bruxelles de deux systèmes concurrents : un francophone et un néerlandophone. Dans cette hypothèse, les Bruxellois auraient le choix entre cotiser et bénéficier soit de la zorgverzekering flamande, soit de l’assurance autonomie wallonne. On se retrouverait donc avec deux systèmes concurrents et non coordonnés entre eux, et surtout non coordonnés avec toute la politique sociale et de santé dont est en charge la COCOM, notamment les soins à domicile !

Ecolo, avec Groen, défend au contraire une politique intégrée de social/santé à Bruxelles, aux mains d’une et une seule entité : la Région (via la COCOM). La volonté de cohérence, le souci d’empêcher les sous-nationalités, la promotion de l’égalité de traitement entre Bruxellois, ainsi que la responsabilisation politique des élus régionaux appellent un système spécifique à Bruxelles, valable pour tous les Bruxellois !

Alain Maron
Chef de groupe Ecolo
au Parlement francophone bruxellois

Le combat pour la reconnaissance de la fibromyalgie

La fibromyalgie, une maladie au nom aussi complexe que ses tenants et aboutissants, est peu connue du grand public et parfois même des médecins. Ses origines remontent à la découverte de la fibrose au début du 20ème siècle, une affection musculaire caractérisée par des douleurs chroniques. Le syndrome survient majoritairement chez la femme et débute généralement vers la quarantaine.

C’est en 1992 que la fibromyalgie a finalement été incluse dans la Classification Statistique Internationale des Maladies et des Problèmes de Santé Connexes (ICD-10) par l’Organisation Mondiale de la Santé sous la catégorie « Autres affections des tissus mous, non classées ailleurs». C’est une maladie au diagnostic difficile et à l’impact sociétal fort : douleurs musculo-squelettiques chroniques, déficit de l’attention, comorbidité... Pourtant, sa reconnaissance en Belgique est encore limitée.

La personne souffrant de fibromyalgie entre dans le programme « Priorité aux malades chroniques », dont le statut est octroyé depuis 2014 moyennant certaines conditions aux personnes souffrant de fibromyalgie. Toutefois, la hauteur des frais médicaux crée des disparités en la matière. Dans ce contexte, le Parlement francophone bruxellois a récemment pris une position cohérente sur le sujet à l’occasion de la Journée internationale de la fibromyalgie.

L’ambition affichée est de promouvoir la sensibilisation à la maladie chez les professionnels de la santé et de poursuivre la recherche orientée vers la compréhension des mécanismes de la douleur chronique. Enfin, il est primordial de favoriser la réhabilitation des patients atteints de fibromyalgie dans leur activité professionnelle afin préserver la qualité de la vie sociale, et de lutter contre la stigmatisation dont ils sont victimes. Le Parlement francophone bruxellois a donc franchi un pas important vers une reconnaissance véritable de la fibromyalgie.

Martine Payfa
Députée FDF
Présidente de la Commission Santé
du Parlement francophone bruxellois

Penser la ville, et non la panser

Le secteur bruxellois de la Promotion de la santé est, pour le moment, au coeur d’un tournant. Réforme de l’État couplée à l’accord intra-francophone oblige, la ministre l’avait déjà annoncé : un nouveau décret est en cours de finalisation. C’était également dans la déclaration de politique générale. Les enjeux sont importants. Pour le secteur, pour ses travailleurs, pour les nombreux partenaires actuels et potentiels, et surtout pour la population bruxelloise. A de nombreuses reprises nous avons plaidé pour une valorisation réelle des compétences de la promotion de la santé. Dans les processus d’évaluation des politiques, dans la déclinaison des matières telles que le logement, l’urbanisme, la mobilité, l’environnement... Ceux qui oeuvrent à la promotion de la santé voient comment faire vivre le concept de transversalité, car c’est précisément aux effets pervers du manque de transversalité qu’ils sont confrontés au quotidien. Penser la ville ne peut pas se résumer à panser la ville. Combattre les inégalités sociales de santé, objectif politique majeur, impose une vision globale et intégrée, mutualisant les outils et décloisonnant les compétences. Le nouveau décret ouvrira-t-il ce chantier ? Permettra-t-il une telle évolution ? Offrira- t-il des outils aux acteurs locaux pour améliorer l’efficacité de leur action ? La réponse est attendue à l’entame des travaux parlementaires de cette année. Si l’implication du secteur tout autant que la concertation entre et avec les nombreux responsables politiques concernés par la promotion de la santé restent au coeur du processus de réflexion, il y a tout lieu d’espérer. Afin de toujours mieux penser la ville.

André du Bus
Député cdH

Prévention SIDA : soutenir les acteurs de terrain pour mieux informer

La lutte contre l’infection par le VIH court un risque préoccupant : celui de la banalisation. Trop de personnes ne se sentent en effet pas concernées par la problématique du SIDA. Tout d’abord parce que certaines pensent, à tort, que la science évolue suffisamment rapidement et que des médicaments existent déjà pour traiter la maladie. Pourtant, il est capital de le souligner, le SIDA se soigne, mais ne se guérit pas !

Aujourd’hui, en Belgique, l’épidémie VIH c’est trois nouvelles infections par jour, soit 1.200 par an. Et la Région bruxelloise est en tête de ce palmarès. Il faut souligner le nombre important de 40 % de personnes séropositives qui sont des ”dépistages tardifs” : des personnes qui ignoraient tout simplement leur séropositivité.

Depuis le transfert des compétences de la promotion de la santé à la Région, en juillet 2014, de nombreuses associations constatent une baisse de la vigilance et des moyens de prévention, notamment sur le terrain. Plusieurs ASBL sont dans l’expectative. Si des communications existent, que ce soit via des dépliants ou des spots publicitaires, leur impact est bien plus limité que la rencontre sur place, le travail de terrain, afin de mieux sensibiliser les publics à risques. Les études le démontrent : lorsque des tests de dépistage sont réalisés chez les patients, leur comportement est ensuite bien plus actif dans le cadre d’un traitement.

La ministre de la Santé de la Cocof vient d’annoncer un plan de plus de 800.000 euros pour la prévention du SIDA. Il faut espérer que ces montants seront investis en tenant compte des besoins des acteurs de terrain, afin de développer une approche proactive, efficace et informative pour des publics qui ont besoin de cet accompagnement.

Gaëtan Van Goidsenhoven
Député MR

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