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Transit : l'histoire d'un projet pilote devenu référence en matière d'assuétudes

Depuis 1995, l’asbl Transit offre des services d’aide, non médicalisés, adaptés aux besoins des usagers de drogues en situation de vulnérabilité. Au fil des ans, l’institution a déployé des missions de plus en plus diversifiées pour coller aux réalités très hétérogènes de l’usage de drogues.

Lorsque le centre de crise a ouvert ses portes en 1995, rien ne prédestinait l’asbl à devenir Opérateur Régional Bruxelles Assuétude (ORBA). Au départ, il s’agissait d’un projet pilote financé dans le cadre des contrats de sécurité.

« Dès l’ouverture du centre, nous avons proposé un accueil à très bas seuil d’accès, c’est-à-dire sans exigence administrative ni financière (services gratuits), ouvert 7j/7, 24h/24. D’emblée, l’objectif était d’être en phase avec les modes de vie du public cible : il s’agissait de positionner l’institution en complémentarité des autres établissements de santé. Depuis le début, la démarche du centre s’inscrit dans les principes de réduction des risques (RdR) : il ne nous appartient pas de porter un jugement moral sur la ou les consommations d’une personne, nous sommes là pour lui apporter un mieux-être au moment où elle s’adresse à nous. Nous lui permettons d’accéder aux besoins de première nécessité, se nourrir, se reposer, prendre une douche, parler, entreprendre des démarches administratives… », nous explique Bruno Valkeneers (chargé de communication).

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J’accompagne ensuite Nicolas de Troyer (assistant social et formateur) pour une visite du bâtiment. Il me présente les autres dispositifs déployés par Transit pour réduire les inégalités sociales. L’asbl occupe une ancienne école, une bâtisse de quatre étages, impressionnante par la taille. Au premier étage, je découvre 11 chambres. Nicolas m’explique : « Ici, nous pouvons accueillir 22 personnes pour un séjour de 1 à 13 nuits en fonction des besoins de l’individu. Le séjour est malheureusement limité dans le temps pour permettre à un maximum de personnes d’accéder à un hébergement d’urgence. En 2016, nous avons enregistré plus de 7.000 nuitées et les chiffres augmentent chaque année ».

Au deuxième étage, huit studios sont aménagés pour un séjour d’une durée moyenne de cinq mois. Le projet vise à permettre une vie en plus grande autonomie. « Il s’agit d’apprendre ou de réapprendre à gérer les tâches de la vie quotidienne, faire à manger, payer les factures, nettoyer... L’occupant dispose d’une clef, il peut accéder à son logement par une porte indépendante du reste du bâtiment. Nous accueillons ici des personnes en phase de réinsertion, certaines travaillent, elles sont en transition, vivent leur vie tout en pouvant bénéficier d’un accompagnement dans la recherche d’un logement plus pérenne par exemple et ça fonctionne bien. Ce dispositif permet de pallier à la crise du logement à Bruxelles. » Mais le projet ne s’arrête pas là puisque des conventions sont également conclues avec certaines SISP (Société Immobilière de Service Public) pour faciliter l’accès à un logement social.

Durant ma visite, je rencontre encore Kris Meurant (coordinateur social). Il m’explique notamment le travail de Transit en prison : « Nous effectuons des visites au parloir pour créer du lien et pour préparer la sortie. Nous avons développé un projet pilote consistant à assurer la continuité des soins et des traitements entre ‘ l’intra et l’extra muros ’. Des collaborations existent avec les prisons de Forest, de Berkendael et de Saint-Gilles pour permettre au détenu d’être libéré avec son traitement pour une durée de 72 heures. Cela permet d’éviter que l’exdétenu ne replonge dans une consommation de drogues illicites dès sa sortie. »

Malheureusement, je n’aurai pas le temps de rencontrer toute l’équipe et ses différents services. Transit en compte 10 et ils sont en constante évolution. Lors de son passage dans l’institution, la personne usager de drogues peut, entre autres, s’adresser à un service infirmier, trouver l’assistance d’un(e) psychologue, être accompagné par des assistants sociaux et des éducateurs. Des activités communautaires sont organisées, un espace de RdR prévoit l’information sur l’usage de drogues à moindres risques (matériel stérile, information, prévention, etc.), un espace exclusivement dédié au public féminin vient d’ouvrir et du travail de rue est entrepris depuis plusieurs années. Enfin, Transit transmet son expertise, notamment en dispensant des formations auprès de l’école de police (ERIP), des agents de prévention communaux, de la STIB...

Les projets ne manquent pas, Transit a notamment reçu le mandat de la Région de Bruxelles-Capitale pour ouvrir un centre intégré dans le courant de l’année 2019, une première en Belgique, prévoyant notamment la délivrance de diacéthylmorphine (héroïne médicalisée). Où les joindre ? Transit ASBL – Rue Stephenson, 96 1000 Bruxelles – 02 215 89 90.

Yamina Seghrouchni

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