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Echos des politiques

Cette rubrique donne la parole aux groupes politiques démocratiques

 Double diagnostic à Bruxelles : du concret après tant d’années de négociations...

Rafraîchissons-nous la mémoire. En 2013, le Sénat vote à l’unanimité une résolution qui demande au Fédéral d’objectiver l’état des besoins hospitaliers pour accueillir des patients Double diagnostic (handicap mental + pathologie mentale) et de prévoir un accueil hospitalier digne de ce nom, en particulier à Bruxelles. En effet, devant le vide bruxellois, les familles bruxelloises doivent se tourner vers la Flandre ou la Wallonie. En 2014, toutes les déclarations de majorité, tant au fédéral qu’aux niveaux communautaires et régionaux, reprennent quelques phrases voulant résoudre ce problème. Fin 2015, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) publie une étude qui objective ce besoin, en particulier sur Bruxelles. La Ministre fédérale de la Santé débloque alors une enveloppe structurelle de 3,1M° dont 478.000€ sont dévolus à Bruxelles pour le financement des Cellules Mobiles d’Intervention (CMI), sans spécifier donc que ce montant doit être affecté à une prise en charge hospitalière. Or, tous les experts reconnaissent que ces patients doivent bénéficier d’une prise en charge complète, qui passe par le résidentiel, l’ambulatoire et (dans certains cas) l’hospitalier, ce dernier étant toujours structurellement inexistant. Les accueils hospitaliers existant en Flandre et en Wallonie sont organisés sur fonds propres, par l’affectation de certains budgets régionaux. Une forme de créativité institutionnelle... qui pousse l’hôpital psychiatrique bruxellois Jean Titeca, avec l’aide de l’asbl Constellations, à faire preuve également de créativité. Il est proposé d’affecter l’enveloppe fédérale des 478.000€ pour réaliser un renforcement en personnel soignant sur 7 lits index T afin d’atteindre l’équivalent de l’index K comme recommandé par le CSS. Conclusions : pour le Dr Pierre Titeca, « le financement est assuré pour 7 lits dédiés spécifiquement aux patients Double Diagnostic à partir du 1er octobre 2018, 15 lits sont ensuite prévus dans une unité spécifique à partir du début 2020 et peut-être 20 lits à terme si un financement complémentaire est accordé ». Le budget « bicommunautaire » bruxellois s’engageant, avec l’aide du budget de la Cocof, à assurer le financement des CMI.

J’oublie de dire que les premières discussions à ce propos ont commencé en 2008. Il aura fallu dix ans pour obtenir l’ouverture de quelques lits à Bruxelles… On peut à la fois se réjouir et... déplorer tant de temps et d’énergie déployés pour répondre à un besoin à ce point évident pour de nombreuses familles depuis si longtemps.

André du Bus, Député bruxellois (cdH)

Surpoids et obésité infantile : un enjeu de santé publique crucial pour la Région de Bruxelles-Capitale

L’épidémie mondiale d’obésité est à la fois alarmante et préoccupante. En effet, le surpoids et l’obésité constituent des facteurs de risques majeurs pour un certain nombre de maladies chroniques (diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires ou cancers). Or, le nombre de personnes en surpoids ou obèses ne cesse d’augmenter. Les dernières projections au niveau de l’Union européenne sont d’ailleurs éloquentes : 52% des européens sont en surpoids ou obèses, soit un adulte sur deux et près d'un enfant sur trois. La tendance croissante des enfants touchés par ces phénomènes est d’autant plus inquiétante. La Région de Bruxelles- Capitale n’est pas épargnée par ce fléau puisque la proportion d’élèves de 2e primaire en surpoids et obèses atteignait respectivement 25,4% et 13% en 2012. Ces chiffres démontrent qu’une volonté politique accrue est urgente et nécessaire pour endiguer ce phénomène car le surpoids et l’obésité entraînent de nombreux problèmes physiques, psychologiques et sanitaires pour ces enfants. De fait, comme l’a démontré l’OMS, la forte probabilité que ces enfants restent obèses à l’âge adulte aurait des conséquences sur le plan économique et sur leur santé, celle de leur famille et sur l’ensemble de la société. Par ailleurs, les études démontrent que ce sont avant tout les enfants socio-économiquement défavorisés qui risquent particulièrement de devenir obèses sous l’effet d’un manque d’accès à des denrées alimentaires de qualité et d’un mauvais accès à l’information de santé publique. Il convient donc d’agir urgemment afin d’enrayer la progression de cette épidémie à Bruxelles. Evidemment, aucune intervention isolée des pouvoirs publics bruxellois ne constitue une solution. Afin d’apporter une réponse globale à cette problématique multifactorielle, il convient d’agir de manière transversale, à la fois sur l’éducation (des parents pendant et après la grossesse), le changement de comportement alimentaire et l’incitation à l’exercice physique. Mais pour que cela fonctionne, il faut évidemment une implication et un engagement de tous les niveaux de pouvoirs à la fois politique et financier en amont…

Joëlle Maison, Députée bruxelloise DéFi

Bien manger pour mieux vieillir

Différents reportages, diffusés ces derniers mois, ont dénoncé le problème de dénutrition des personnes âgées vivant en maison de repos. Si, pour certaines d’entre elles, ce problème est dû à l’âge ou à leur état de santé, pour d’autres, il relève de la qualité et la variété des plats proposés, de leur présentation, de la manière de les administrer et des horaires des repas.

Des normes existent à Bruxelles visant une alimentation variée et équilibrée, répondant aux besoins diététiques des personnes et avec une organisation des repas attentive au bien-être des résidents. Il faut pourtant constater que, dans la pratique, il reste du travail. Sur l'organisation des repas, par exemple : petit-déjeuner buffet, finger-food, horaires modifiés… Il faut laisser du temps aussi au personnel pour pouvoir aider lors des repas les personnes qui en ont besoin et ce, de manière respectueuse. La sensibilisation et la formation du personnel à ces questions doivent être poursuivies et renforcées et leur nombre augmenté. La qualité de la nourriture doit être particulièrement améliorée via, notamment, une attention aussi au cahier des charges. Le « bio et local » accessible ne doit pas être réservé aux seules écoles et crèches, d'autant que les résidents en maisons de repos y prennent tous leurs repas. Des labels, comme celui de Bruxelles Environnement « cantine Good Food », peuvent constituer un levier intéressant pour faire évoluer les choses. Il est également important d'associer les personnes âgées à ces questions, notamment via le comité de résidents mais aussi en leur donnant l'accès à des ateliers cuisine quand c'est possible. Les pistes sont nombreuses et ont déjà fait l'objet de plusieurs interpellations du groupe Ecolo au Parlement bruxellois. Un dossier que nous allons continuer de suivre.

Magali Plovie, Députée Ecolo

Quelles avancées en matière d’accompagnement et d’encadrement pour les personnes en grande dépendance à Bruxelles ?

Adopté en 2014 à la Cocof, le décret relatif à l’inclusion de la personne handicapée devait permettre de poser des balises plus solides en vue de renforcer l’accompagnement et l’encadrement des personnes porteuses d’un handicap et en situation de grande dépendance à Bruxelles. Avec l’adoption de ce décret, une nouvelle dynamique salvatrice était venue animer les principaux concernés, en premier chef les encadrants. Pour un temps seulement. De nouvelles places dans les structures d’accueil allaient pouvoir être créées et le personnel renforcé via, notamment, d’importantes augmentations budgétaires.

Force est de constater que, quatre ans plus tard, les arrêtés d’exécution se font toujours attendre et laissent dans un désarroi des plus complets les familles des personnes touchées par la grande dépendance. Quant aux besoins sur le terrain, ceux-ci ne cessent de croître, à tous les niveaux et pour l’ensemble des acteurs, et sans qu’aucune proposition ou solution adéquate ne soit formulée par les politiques.

Pour en convaincre le politique et espérer enfin faire bouger les lignes, une série d’actions seront organisées dans la capitale dès ce 24 janvier, à raison d’une par mois et ce, jusqu’à la veille des élections législatives. Reste à voir si ces campagnes d’actions permettront, avant 2019, de faire évoluer cette situation. En tout état de cause, des premières réponses et pistes d’amélioration sont attendues de la part de la Ministre en charge de la Politique des personnes porteuses de handicap dès la fin de ce mois de janvier et le groupe MR y restera évidemment attentif.

Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN, Député bruxellois et chef de groupe MR à la Cocof

Le Fédéral hypothèque lourdement l’offre médicale en Wallonie et à Bruxelles.

Maggie De Block veut changer l’organisation de la répartition des numéros INAMI entre les francophones et les néerlandophones. Soi-disant pour résoudre enfin ce problème, à forte connotation communautaire, qui se prolonge depuis 1996.

Le souci, c’est que le MR, seul parti francophone au Fédéral aujourd’hui, ne fait pas le poids face aux Flamands… Du coup, le projet fonde en fait en loi le déséquilibre communautaire de la répartition. Ainsi, la clé choisie pour répartir les médecins entre les deux communautés est celle du nombre d’habitants. Exit la planification dynamique sur base des besoins en santé et du profil des médecins actifs proposée par la Commission de Planification ! Planification dynamique travaillée à la demande de Laurette Onkelinx pendant plusieurs années et qui semblait enfin aboutie.

Alors, quelle est la différence entre les deux modèles de planification ? Avec la clé « habitants », il n’est aucunement tenu compte des besoins de santé différents dans les deux Communautés. Cette clé ne tient pas compte non plus du vieillissement des médecins ou de la progression des pratiques à temps partiel. La clé « habitants », c’est simplement le nombre de médecins répartis en 60% pour les Flamands et 40% pour les Francophones ! Et même un peu moins pour les Francophones parce qu’à Bruxelles Maggie De Block utilise la clé « élèves », c’est-à-dire les proportions d’enfants fréquentant les écoles francophones et néerlandophones. Or, des parents francophones mettent leurs enfants dans les écoles néerlandophones… Cela amène à un flux de numéros INAMI qui pourrait aller, juste pour Bruxelles, jusqu’à 107 médecins par an supplémentaires côté néerlandophone et en moins côté francophone !

Le Parlement des Francophones de Bruxelles a déclenché la procédure en conflit d’intérêts pour dialoguer avec le Fédéral sur cette loi. Mais, jusqu’ici, le gouvernement MR - N-VA n’a rien voulu entendre, même lorsque nous avons présenté nos nouveaux chiffres… A suivre.

Catherine MOUREAUX, Présidente du groupe PS au Parlement francophone bruxellois  et Députée bruxelloise et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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