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Les violences faites aux femmes

Ce 8 mars, la Journée internationale des femmes est une occasion renouvelée de faire le point sur leurs droits. Que de chemin parcouru depuis les premières luttes pour entériner le droit de vote, le droit au travail, l’égalité entre les femmes et les hommes, etc. S’en réjouir ne peut cependant faire oublier qu’il y a encore beaucoup à réaliser. Pour ces droits-là, il y a consensus et la volonté affirmée d’aller vers plus d’égalité entre les sexes. Pour d’autres, les choses semblent stagner. Parmi ceux-là, Bruxelles Santé a choisi de se pencher sur les violences à l’encontre des femmes. Ces dernières n’ont-elles pas aussi droit à l’intégrité physique et psychique ?

NLBS89 IMG3 Faut-il en ce 8 mars reparler des violences contre les femmes alors que cette problématique spécifique est traitée aux alentours du 25 novembre, journée internationale consacrée à l’élimination de la violence à l’égard des femmes ? Oui. Malgré le fait que cette journée du 25 novembre, choisie par les Nations Unies, signifie en fait le début d’une campagne internationale de seize jours d’action pour tenter de faire reculer les violences faites aux femmes… et aux filles1 ? Malgré le fait aussi qu’en 2017, à la suite de la libération de la parole consécutive à l’affaire Weinstein2 et aux #Metoo et #Balancetonporc, une attention particulière a été mise sur les violences faites aux femmes ? Oui, il nous a semblé important d’y revenir car si le 8 mars se veut festif, il nous pousse aussi à faire le point et réfléchir sur les façons d’améliorer les droits en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Les affaires ici citées ont certes mis l’accent sur les problèmes de harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma – et par ricochet en politique, à la télévision et dans la presse… – et sur ceux que subissent au quotidien les femmes loin des projecteurs, du strass et des paillettes. Au-delà des problèmes de harcèlement, il faut pointer ceux que les candidates au concours de beauté Miss Pérou 2018 dénonçaient en automne dernier. Au lieu de donner leurs mensurations, elles ont livré une liste de chiffres qui fait froid dans le dos. Une des candidates a ainsi mentionné les 80% des femmes de sa ville qui souffrent de la violence. Une autre a souligné les 2.202 cas de féminicides sur les neuf dernières années recensées au Pérou3. On peut toujours s’interroger sur le bien-fondé de ces concours de beauté où des jeunes femmes sont ainsi exposées et voir une certaine forme d’ironie derrière cette dénonciation des violences faites aux Péruviennes. Mais, dans l’immédiat, est-ce réellement sur ce point que doit se focaliser le débat ? Les violences à l’égard des Péruviennes sont une réalité. De même que celles contre les femmes à l’échelle de la planète. Selon l’ONU (Organisation des Nations Unies) : « 35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours de leur vie et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus dans certains pays. On estime que plus de 133 millions de filles ont subi une forme de mutilation génitale féminine dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où la pratique dangereuse est la plus courante. Dans le monde, plus de 700 millions de femmes aujourd’hui mariées l’ont été enfant, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans. Les filles qui se marient avant l’âge de 18 ans ont moins de chance de finir leur scolarité et sont plus exposées à la violence domestique et aux complications à la grossesse. Les coûts et conséquences dus à la violence à l’égard des femmes se font sentir sur plusieurs générations4. » Nous avons tous déjà eu l’occasion d’entendre et/ou de voir ces chiffres dans les médias à l’occasion des journées internationales. Mais tout ce qui précède ne fait-il pas souvent croire à tort que ces problèmes concernent peu le continent européen ? Cette question ramènera, on l’espère, à l’esprit les campagnes contre les violences apparues ici et là en Belgique francophone : une affiche, un dépliant, un numéro d’appel ou une ligne d’écoute, des spots TV comme celui de « Fred et Marie » qui rappelle que « Pour un couple sur huit, ceci n’est pas une fiction ».

On dispose en effet de chiffres qui donnent à réfléchir. A Bruxelles en 2016, on a dénombré pas moins de 2.300 plaintes pour violences conjugales et 500 plaintes pour violences sexuelles, dont 45 concernant des viols collectifs. Ceux qui voudraient voir en ces chiffres une raison de plus de pointer Bruxelles comme lieu de toutes les insécurités auraient tort. Petit coup d’oeil sur la partie sud du pays : « 15.000 plaintes pour violences conjugales ont été déposées en 2016. Cela fait 40 plaintes par jour. La moitié de ces plaintes concernait des violences physiques. En clair, Monsieur qui tape sur Madame. En Wallonie toujours, 1.000 plaintes pour viol sont déposées chaque année. Cela veut dire 3 par jour. Quand on sait que seulement 1 femme sur 6 ose s’adresser à la police, la vérité est qu’on arrive à 18 viols par jour. Plus de 6.000 par an. 1 fois sur 2, cela concerne une mineure5 ». On peut compléter ces chiffres : « 9 femmes sur 10 ont été victimes de harcèlement de rue. De 1 sur 5 à 1 sur 4 de harcèlement sur son lieu de travail. Il faut y ajouter le sexisme, ce sentiment d’être discriminée ou désavantagée professionnellement parce qu’on est une femme, que 9 femmes sur 10 disent éprouver6 ». Le journaliste qui avait donné ces chiffres dans sa chronique matinale en novembre dernier notait que les chiffres de 2016 étaient en légère baisse par rapport à 2015. Cependant, notons que ces chiffres qui émanent des services de police sont en dessous de la vérité. « Quand on réalise des enquêtes sur le sujet, 1 femme sur 3 dit avoir déjà subi des violences physiques ou sexuelles. Pour 1 sur 4, ces violences étaient le fait d’un partenaire ou ancien partenaire. Ces chiffres ne sont pas propres à la Belgique, ils sont dans la moyenne européenne7. » Au regard de ceci, est-il exagéré de conclure que nous sommes face à un problème de santé publique, sur lequel notre société doit se pencher davantage ?

Un éventail si large

Fred MarieLes violences faites aux femmes représentent un panel assez large et varié de problématiques. Elles dépassent les seuls cas de « Monsieur qui tape Madame », cas où on a souvent malheureusement tendance à vouloir les circonscrire. Ainsi en est-il également des violences sexuelles. Celles-ci peuvent prendre diverses formes : harcèlement sexuel, inceste, attentats à la pudeur, mutilations génitales féminines, violences sexuelles en contexte de conflit, mariage forcé, exploitations sexuelles, etc. Pour informer et sensibiliser le grand public sur la question des violences sexuelles, la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) avaient organisé en décembre dernier une après-midi de réflexion et d’échanges pour les professionnelles8. Le choix du thème n’est pas dû au hasard puisque les FPS ont parmi leurs missions : d’une part, d'informer les citoyennes sur leurs droits en matière de vie relationnelle et affective et, d’autre part, de lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Pendant longtemps, les FPS se sont basées sur les violences conjugales et intrafamiliales, mais ont ensuite réalisé qu’il était possible de créer des ponts entre ces deux missions principales, tâche à laquelle elles se sont attelées dès 2016. Le premier constat est l’équation extrêmement banalisée, ainsi que les raccourcis faits par les médias et certains secteurs professionnels, pour lesquels : « violence sexuelle » égale « viol ». Les autres formes de violences sexuelles sont plus souvent passées sous silence ou ignorées : « Cela ne nous concerne pas vraiment. Cela n’arrive pas chez nous ». En la matière, il y a beaucoup d’idées reçues. Les chiffres qui vont à l’encontre de cellesci sont extrêmement alarmants. Fanny Colard, chargée d’études au FPS : « On entend souvent que les viols se font au détour d’une ruelle sombre, par un inconnu, un petit peu prédateur, qui attaque les femmes sans qu’elles le voient venir. Cela veut aussi dire que si une femme porte une mini-jupe le soir, à 23h : évidemment qu’elle l’a quelque part un peu cherché, provoqué les choses. Autre idée courante : la tendance à croire que les auteurs de violences sont souvent des inconnus. Ce n’est pas ce qui ressort des constats.
Dans 75% des cas, l’auteur ne compte qu’une seule victime. On est donc bien loin de l’image du prédateur sexuel qui saute sur tout ce qui bouge. Autre chiffre : dans 80% des cas, l’auteur des violences sexuelles est connu de la victime... ». 

Définition

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit les violences sexuelles comme « tout acte sexuel, tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaire ou avance de nature sexuelle, ou acte visant à un trafic ou autrement dirigé contre la sexualité d’une personne en utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais sans s’y limiter, le foyer et le travail ». Par coercition, il faut entendre le recours à la force physique (à divers degrés), l’intimidation psychologique, le chantage et les menaces.

Comme point de départ de leur travail, les FPS se sont basées sur la définition des violences sexuelles de l’OMS (voir encadré p. 8). Fanny Colard : « Quand on lit cette définition, on se rend effectivement compte que le viol n’est, entre guillemets, que la partie immergée de l’iceberg, les violences sexuelles étant plus larges que ça. Au-delà, nous avons réalisé que notre démarche s’inscrivait dans une démarche institutionnelle beaucoup plus large en la matière. Parce que tant le Plan d’action nationale de lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre (Fédéral) que le Plan francophone de lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales ont été renouvelés en 2015 et ont pour la première fois intégré les violences sexuelles dans leur champ d’action. Parce que jusque-là, eux aussi se limitaient aux violences intrafamiliales ». De ces constats, les FPS concluent qu’il y a un réel besoin d’informer et de sensibiliser davantage sur cette question. D’où la conception d’un projet qui s’adresse tant au grand public qu’aux victimes, auteurs et témoins, avec une partie dédiée aux professionnelles. Comme le soulignait Fanny Colard, à l’adresse de ceux présents ce jour-là dans la salle : « Vous êtes certainement fréquemment en contact avec des victimes, des témoins, des auteurs de violences sexuelles sans le savoir… ». L’objectif poursuivi à travers ce projet est de donner des clés et des outils pour pouvoir détecter et contrecarrer le chiffre noir des violences sexuelles. Le projet s’est traduit par la réalisation du site www.infoviolencessexuelles.be – dans la continuité de deux autres qui sont www.jeveuxavorter.be et www.stopviolenceconjugale.be – , où la question est traitée de manière large, approfondissant les thématiques reprises dans la définition de l’OMS. On y retrouve donc des informations, notamment sur les conséquences pour la santé, des contacts et ressources utiles sur ces questions. Les idées reçues, déjà évoquées, sont également abordées. On y propose aussi de déconstruire celles qui ont trait aux facteurs de risque. Ainsi, être en minijupe à 23h au coin d’une ruelle sombre n’est pas un facteur de risque ou plutôt est trop restrictif pour être considéré comme étant le seul facteur… Une brochure papier intitulée Les violences sexuelles, c’est quoi ?, publiée en février 2018, servira de support supplémentaire au site. L’idée qui l’a initiée étant de rendre accessible l’information aux personnes n’ayant pas accès à Internet. La volonté est que la brochure soit relayée par les professionnels des différents secteurs : psycho-médicosocial, judiciaire et policier…

1001 manières de faire mal

Il a précédemment été dit que les violences n’étaient pas circonscrites aux pays lointains. Elles ont également lieu en Belgique et elles touchent tous les groupes sociaux. C’est ce que rappelait encore une des professionnelles rencontrées en décembre dernier : « Pour avoir travaillé chez Praxis9, une association qui travaille notamment avec les auteurs de violences conjugales et intrafamiliales, c’est là où on se rend compte que cette problématique touche les personnes de toute origine, tout âge, tout milieu : aisé, modeste, etc. ». Par sa pratique, Fabienne Desquay, psychologue au sein de l’asbl Ça ne vaut pas l’coup (Centre Violences conjugales), rencontrée dans le même cadre, notait cependant : « Un des constats que j’ai pu faire, alors qu’on retrouve les auteurs et les victimes de violences conjugales dans tous les milieux, est peut-être la nature des violences. Je constate que, dans les milieux socio-économiques plutôt défavorisés, on retrouve beaucoup plus de violences physiques, de passages à l’acte un peu plus violents. Ce sont des individus un peu bruts de décoffrage qui ne savent plus communiquer par le langage et qui vont, quand cela ne va pas, utiliser la force pour obtenir quelque chose. Dans les milieux socio-économiques plus aisés, par contre, on retrouve la violence psychologique très raffinée (voir encadré ci-dessus). Elle est très sournoise et très destructrice ». Le fait des pervers narcissiques ? Selon la psychologue, on retrouve en effet plus souvent ce profil dans les milieux aisés, et d’ajouter : « Nous se sommes qu’une association et, à l’heure actuelle, le nombre de dossiers relatifs aux violences tourne autour de deux mille. Nous ne drainons pas toute la population mondiale qui est victime et auteure de violences. Mais, dans notre travail, nous avons déjà pu constater ce genre de choses, aussi bien chez les couples homosexuels qu’hétérosexuels : il n’y a pas de différence ».

Des femmes auteures aussi

Fabienne Desquay : « Un homme, qui est victime de violences conjugales et qui fait appel à une association comme la nôtre, peut témoigner souvent de la virulence et de la subtilité des violences psychologiques de sa partenaire. Les femmes auteures sont souvent très fortes en violences psychologiques. Par exemple : les femmes ont moins de force que les hommes. Dans les cas où elles sont auteures, leur but est de pousser l’autre à bout pour pouvoir à leur tour déposer plainte. Elles connaissent les faiblesses de leur mari ou compagnon et vont donc par conséquent le pousser à bout de telle manière que celui-ci n’a plus d’autre choix que de se défendre ».

Devoir conjugal ? Consentement ?

Les violences sexuelles au sein des couples méritent qu’on s’y attarde. Parler de « devoir conjugal » peut faire sourire certains parce que… nous sommes en 2018 et que les femmes ont acquis depuis plusieurs décennies la liberté de faire ce qu’elles voulaient de leur corps, de dire donc oui ou non à une relation intime. De même qu’à leur partenaire. C’est vrai, sauf qu’en l’absence de violence psychologique et/ou physique, notait Fabienne Desquay, il est très compliqué de faire comprendre à une victime et un auteur de violences sexuelles dans le cadre conjugal qu’on est face à quelque chose qui est insupportable et qui n’est pas permi : on n’a pas le droit d’imposer à sa partenaire une relation ou une pratique non voulue. « Nous vivons quand même dans une société où, il n’y a pas si longtemps, la femme était soumise à l’homme. Il y avait ce fameux droit ou devoir conjugal. Cela en dit long… Cela veut dire qu’on accordait à l’homme le droit de disposer de son épouse pour assouvir ses besoins. Ce droit n’existe plus, mais nous sommes toujours dans cet état d’esprit. C’est très compliqué parce que beaucoup de femmes sont encore là-dedans ». Certaines histoires l’illustrent malheureusement trop bien. Comme l’histoire de Nicole (prénom d’emprunt), mariée depuis vingt-quatre ans et mère de cinq enfants. Il n’y a pas si longtemps, ce sont ses enfants qui ont appelé la police parce que leur père allait encore la violer. L’histoire est celle d’une famille qui dispose d’une grande maison où le père a enlevé toutes les clés. Les petites stratégies que Nicole met en place (revêtir des pyjamas pas trop seyants, dormir par terre, etc.) se révèlent tôt ou tard inefficaces. Le jour où la police a été prévenue, elle s’était réfugiée dans la chambre d'un de ses enfants. Son mari l’y a suivie et a commencé à la tirer par les cheveux pour la ramener dans la chambre parentale… devant les enfants. Nicole travaillait comme technicienne de surface et lui la dénigrait continuellement (« Tu es une moins que rien », « Tu es nulle », etc.). A un moment donné, ses enfants devenus plus grands, Nicole a voulu prendre soin d’elle et a décidé de suivre une formation pour devenir éducatrice. Les ennuis se sont accentués quand il a senti qu’elle lui échappait. Pour la reposséder au sens propre du terme, il a commencé à la violer. Sans coups… ou de temps en temps avec étranglement et une poignée de cheveux. La seule arme qu’elle avait pour ne pas réveiller les enfants, c’était pleurer. Il abusait d’elle pendant qu’elle pleurait. Pour Fabienne Desquay, c’est tout le problème du consentement : « Au sein d’un couple, il est difficile de prouver le viol parce que les victimes ne le reconnaissent pas comme tel ». Ainsi, pour Nicole, le devoir conjugal, disait-elle, l’empêchait de dire non. Au départ, elle est venue à la consultation du centre pour violences conjugales et non pour violences sexuelles. Dans les consultations, on rencontre en effet la problématique des relations non consenties, des situations où les femmes n’osent ou ne pensent pas à dire non. Avec parfois des conséquences graves sur la santé comme des déchirures, ou des hystérectomies (ou ablation de l’utérus) et autres. Sans parler de l’impact psychologique de tout ce qu’elles ont subi.

« La violence sexuelle n’est pas toujours considérée comme telle parce qu’il n’y a pas viol avec étranglement. Les hommes s’arrangent pour imposer une relation sexuelle ou imposer des actes sexuels que les femmes ne souhaitent pas. Par la menace, par la pression, par une astreinte économique : “Si c’est comme ça, tu n’auras pas d’argent pour faire les courses pour les enfants”, “Si tu ne veux pas, tu sais qu’on a une fille qui grandit bien, elle devient appétissante… ”, etc. Cela va jusque-là. Finalement, les femmes concèdent ce rapport sexuel dont elles n’ont pas envie pour éviter qu’ils ne s’en prennent aux enfants, n’aient plus à manger, une ambiance plus lourde. Parfois, tout simplement pour éviter des coups. »

L’argent est un autre moyen utilisé pour faire violence aux femmes. « Qu’une femme travaille ou ne travaille pas, expliquait encore Fabienne Desquay, quand elle est victime de violences conjugales, elle n’a pas pour autant toujours la possibilité d’utiliser son argent, ses revenus comme elle le souhaite. C’est une certaine forme de dépendance par rapport à son conjoint, c’est lui qui décide. » Comme au sein de ce couple de médecins, tous deux des spécialistes, où leurs revenus cumulés tournaient autour des trente mille euros par mois. Elle gagnait sa vie bien mieux que lui. Elle n’avait cependant pas le droit d’en disposer et vivait donc avec peu de choses. Pourquoi, comment est-ce possible ? Autant de questions que peuvent se poser les personnes qui sont extérieures à la dynamique de ces couples. Fabienne Desquay : « Une des forces des auteurs de violences, c’est l’isolement. Parce qu’une femme qui est toute seule, qui ne peut pas se confier, qui ne peut pas avoir de soutien de sa famille et de ses amis, qui ne peut pas aller travailler à l’extérieur, finalement, elle n’a plus comme référence que ce que le partenaire dit ou demande. Elle ne peut même plus être secouée par l’entourage qui peut lui dire : “Qu’est-ce que tu fais ? Ce n’est pas normal…” ».

La violence à l’égard de personnes porteuses de handicap(s)

L’objectif de ce dossier n’est pas de dresser un tableau exhaustif des violences, mais de tenter de montrer combien elles sont présentes au sein de la société. Alors que certaines sont connues, comme souligné précédemment, d’autres le sont moins. Dans ce dernier cas se retrouvent les violences que subissent les femmes porteuses de handicap(s). Par handicap, il faut entendre handicaps physiques et intellectuels. Les violences sont physiques, sexuelles, psychologiques, sociales, etc., et peuvent être exercées par le milieu familial, par ceux qui donnent les soins et par les institutions.

En Belgique, il n’y a aucune donnée concernant les violences faites aux femmes porteuses de handicap(s). Cependant, trois recherches sont en cours à ce sujet. Ces recherches sont menées par les associations Garance, la Maison Plurielle (Charleroi) et le CFFB (le Conseil des Femmes Francophones de Belgique).

Dans le cadre de son travail, Marie Denis, chercheuse pour le CFFB, s’était rendue en France et avait rencontré Maudy Piot, la présidente de Femmes pour le dire, Femmes pour Agir (FDFA), aujourd’hui décédée. Cette association lutte contre « la double discrimination qu’entraîne le fait d’être femme et handicapée ». Selon Maudy Piot, le handicap accentue les violences. Elle parlait de 80% de femmes en situation de handicap qui subissent des violences. « Il y a un déni total, expliquaitelle, vis-à-vis de la situation parce que des violences seraient exercées au sein d’institutions et dans certaines asbl par des hommes qui jouissent d'une belle image et qui pensent avoir du “pouvoir”. Selon les témoignages que nous recevons au travers de la ligne d’écoute, un bon nombre d’agressions sont commises au sein même des structures d’accueil et des hôpitaux par du personnel aidant ou soignant.

On a aussi tendance à considérer les femmes porteuses de handicap(s) comme des affabulatrices ou des hystériques. Pourtant, les femmes en situation d’invalidité sont plus vulnérables, elles ne savent pas crier, elles ne peuvent pas voir. »

Les violences sont le plus souvent exercées par des agresseurs qui ont le même type de profil. Maudy Piot : « Ce sont des gens qui devant les autres sont – ou semblent être – “normaux”, mais qui, une fois la porte fermée, se révèlent être de vrais tyrans qui humilient, rabaissent, menacent, insultent… Des femmes porteuses de handicap(s) sont des “proies” plus faciles ». Un levier est toujours utilisé par l’agresseur : « C’est celui de la culpabilité. Les femmes porteuses de handicap(s) se sentent coupables, mais sont également culpabilisées d’être handicapées. Elles acceptent la violence plus “facilement”. Il y a là aussi une question d’éducation : ce sont des femmes qui sont habituées à recevoir des soins, à ne pas faire de vague et à être dociles pour que ce soit plus facile pour apporter les soins, pour l’intervenant ou l’éducateur… ».

Maudy Piot avait également constaté de nombreux viols dans le milieu hospitalier. Par exemple, au travers de l’histoire d’un brancardier, alors qu’il emmenait une femme passer son scanner. Les viols peuvent aussi être perpétrés par le conjoint, un petit ami, l’oncle, le frère… Souvent, quand les femmes porteuses de handicap(s) parlent, on dit qu’elles racontent ça pour se rendre intéressantes. Maudy Piot faisait aussi le constat personnel que le milieu du handicap est un milieu qui attire la perversité et que les femmes sont livrées à elles-mêmes : elles n’ont pas un soutien adéquat, elles sont sous emprise et sans moyen de faire valoir leurs droits. La situation est-elle la même en Belgique ?


Quel regard social sur les violences ?

Il ne fait nul doute qu’il se trouvera peu de monde pour cautionner les violences à l’égard des femmes. On peut aussi se montrer relativement satisfait par rapport aux dispositions prises pour lutter contre celles-ci. Cependant, il est légitime de se demander s’il y a réellement motif à se réjouir quand on regarde la façon dont la société se positionne face à certaines violences vécues par les femmes. En décembre dernier, Alter Egales, l’Assemblée participative pour les Droits des femmes10, initiée par Isabelle Simonis, la Ministre des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, s’était réunie pour faire le point sur la question pour sa quatrième édition. Chaque année, les participants sont invités à voter et travailler sur une thématique précise. Cinq thématiques, piliers de droits fondamentaux, ont ainsi été proposées durant la législature : le droit à l’égalité au travail, le droit à disposer de son propre corps, le droit à être représentée, le droit à l’intégrité physique et psychique et le droit à ne pas être stigmatisée. La thématique choisie pour 2017 était le droit à l’intégrité physique et psychique. La question a été traitée au sein de trois sous-commissions : le traitement médiatique des violences contre les femmes ; le harcèlement de rue et les violences sexistes ; les violences dans la prostitution. Nous n’aborderons ici que la première des trois. Le choix de travailler le traitement des violences par les médias s’explique par le fait que les médias sont un élément important des représentations des violences. Il faut noter qu’il commence à y avoir une réelle prise de conscience générale de l’importance des médias en matière de représentations de la société et, particulièrement, des effets déformants sur les questions hommes/femmes. Pour ce qui est des violences à l’égard des femmes, la question est soulignée dès 1995 lors de la Conférence de Pékin11. Plus récemment, ce sont les affaires de harcèlement en rue suite au document réalisé par Sofie Peeters12, Weinstein et autres qui ont accentué cette prise de conscience13.

La sous-commission d’Alter Egales a travaillé avec Sarah Sepulchre, professeure à l’Ecole de communication à l’UCL, et Manon Thomas, chercheuse (UCL) qui ont été chargées d’effectuer une recherche sur le traitement médiatique des violences en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette étude a pu se faire grâce à un financement obtenu par l’AJP (Association des journalistes professionnels). Sarah Sepulchre : « La raison pour laquelle nous avons travaillé sur la presse écrite, et pas les autres médias, est qu’en Belgique il n’y a simplement pas d’archivage de la presse radiophonique et de la presse audiovisuelle. La presse écrite est par contre beaucoup plus facile d’accès, il y a plusieurs bibliothèques en Belgique qui répertorient et archivent les journaux. Idéalement, il faudrait faire le tout ». Et de rappeler qu’à la télévision, la manière dont on filme n’est pas anodine, tout comme les photos dans la presse ne le sont pas. « Si on va dans les fonds d’images par exemple, parce qu’on ne peut pas montrer des victimes et/ou des agresseurs, on prend finalement ce qu’on trouve. Et ce qu’on y trouve n’est pas vraiment génial. Mais c’est encore plus crucial pour le JT évidemment. Quand on doit parler d’un fait divers comme celui-là, comment est-ce qu’on l’illustre ? Je pense qu’il serait également important de faire ce travail-là sur l’audiovisuel. »

Les médias retenus pour la recherche étaient : Le Soir, La Libre Belgique, La DH, Sudpresse et Métro. L’idée étant d’avoir un panel de journaux dits « de qualité », « populaires », « nationaux » et d’autres plus locaux. Le choix du Métro s’explique par le fait que de nombreux navetteurs le lisent. Ces journaux ont été analysés pendant un an, sur la période allant de septembre- octobre 2016 à octobre-novembre 2017. Deux types de journées ont été choisis. Sarah Sepulchre : « Pour le premier corpus, les jours ont été pris au hasard. Nous avons fait attention à ne pas avoir uniquement des lundis ou des mardis… Le lundi par exemple, il y a beaucoup de sport ; le mercredi, il y a la culture, etc. Nous avons veillé à avoir chaque jour de la semaine. Nous avons pris des jours aléatoires parce que nous voulions voir ce que la presse disait d’habitude des violences contre les femmes. Le deuxième corpus, ce sont les jours particuliers où nous savons que le traitement n’est pas habituel, mais où nous étions sûres d’avoir des discours sur les violences faites aux femmes. Traditionnellement, ce sont les journées du 8 mars (la Journée internationale des droits des femmes), du 11 novembre (la Journée nationale des droits des femmes) et du 25 novembre (la Journée internationale contre les violences faites aux femmes). Le 11 novembre est l’équivalent du 8 mars pour la Belgique. Mais cette date est très mal tombée parce que c’est aussi le jour de l’Armistice. Il n’y a d'ailleurs pas beaucoup de personnes qui connaissent cette date. Et, pour être honnête, ce jour-là, il n’y pas beaucoup d’articles sur le sujet14».

Mise en avant du spectaculaire

Lors de la rédaction de ce dossier, l’analyse des éléments récoltés lors de la recherche n’était pas encore terminée. Les premiers résultats sont déjà révélateurs et, selon les chercheuses, il est peu probable que les constats finaux diffèrent des premiers éléments communiqués. Sarah Sepulchre : « Un premier constat un peu étonnant est qu’on n’en parle pas si peu que ça. On a en général une moyenne de treize, quatorze articles par jour : ce qui n’est quand même pas mal. On ne peut pas dire que la violence faite aux femmes n’est pas dans la presse. Mais elle est mal dans la presse, mal représentée. C’est principalement dans les pages de faits divers ou dans les chroniques judiciaires. Ce sont principalement des faits dits “spectaculaires” ». Des exemples ? C’est l’histoire d’une femme qui a tué son mari parce qu’elle en avait marre de subir des violences conjugales. Sarah Sepulchre : « Ce n’est que de cette manière que son histoire arrive dans la presse. Cela signifie aussi que si on est une femme battue par son mari et qu’on décide de ne pas le tuer, on n’arrive pas dans la presse. La violence quotidienne n’est pas dans la presse ». L’histoire, précisait la chercheuse, est relatée dans la presse parce qu’il est ponctuellement arrivé quelque chose. Et de donner cette autre histoire où une vendeuse a été agressée par un client mécontent. « On ne sait pas très bien ce qui est arrivé avant, on ne saura pas ce qui arrive après. Ni à cette vendeuse, ni sur ce que le magasin a pu mettre en place. C’est le jour de l’agression qui est apparu, de manière ponctuelle, dans la presse. Cela signifie qu’on cantonne ces histoires à des faits ponctuels, qui sont individuels. Qu’est-ce qui amène un homme à venir agresser une vendeuse parce qu’il n’est pas content du produit qu’il a acheté ? Rien n’explique non plus comment cette vendeuse a pu se retrouver face à face avec ce client sans aide… Il n’y a donc aucune prise de recul par rapport aux faits et aucune prise de recul plus sociétale permettant de réfléchir plus globalement sur les actes de violence dans la société aujourd’hui. »

Autre constat, pour les jours aléatoires, la presse présentait beaucoup plus la violence de façon stéréotypée, un point que nous avons déjà souligné. « Quand on pense aux violences faites aux femmes, la première chose à laquelle on pense, c’est un mari qui frappe sa femme. C’est également cela que l’on retrouve davantage dans la presse. Le viol apparaît, mais peu. Les questions liées aux violences psychologiques apparaissent, elles, moins souvent. On n’a pratiquement jamais les violences symboliques ou l’emprise psychologique. Finalement, la presse est beaucoup plus dans la sphère privée, familiale de “Monsieur frappe Madame”, celle de la violence physique. Ce qu’on n’a jamais, ce sont les discriminations15… Ou alors, à une reprise, la question de la discrimination salariale ». Pas grand-chose non plus sur les violences dans le milieu professionnel16, alors que là aussi on sait combien les problèmes de harcèlement, de violences symboliques touchent de nombreuses personnes. Il en va différemment des jours choisis comme le 8 mars, les 11 et 25 novembre. Là, par contre, soulignait Sarah Sepulchre, on mentionne les violences symboliques, plus générales ou sociétales : « Et les mots “sexisme”, “patriarcat” se retrouvent dans la presse. Le pendant négatif est que pour ces jours-là, l’accent est mis sur l’institutionnel : des associations ou des experts parlent de la violence faite aux femmes et c’est beaucoup plus désincarné. Autre façon de faire qui pose question aux chercheuses. Ces jours-là, les différentes rubriques d’un même journal peuvent traiter des faits qui relèvent des violences contre les femmes, mais : « Il n’y a cependant aucun lien qui est établi entre eux. C’est comme si les rubriques fonctionnaient en vase clos. Il ne faut jamais oublier que les faits divers sont connectés à la société et que ce ne sont pas uniquement des faits divers. Dans un cas de viol par exemple, on ne pose pas la question de savoir si la rue était bien éclairée ou pas. Or, on sait que l’environnement urbain est important. De telles questions sont peu soulignées. Seule la situation est décrite et, souvent, dans un article relativement bref… »

Pour conclure…

On voudrait se réjouir à l’occasion de cette édition de la Journée internationale des droits des femmes. Mais cela s’avère difficile au regard de leurs droits encore largement bafoués. Il est certain qu’il existe différentes dispositions, dont des lois pour dire l’égalité entre les femmes et les hommes, pour combattre les discriminations et les violences de tous types. Il reste cependant encore de nombreux « mais… ». Comme dans le domaine des violences, où les femmes payent un lourd tribut. Si les hommes font également partie des victimes, il n’en reste pas moins que pour ce qui est des violences conjugales, des violences sexuelles, de celles se produisant dans les conflits armés, de celles qu’entraînent les mutilations génitales, des problèmes de harcèlement, etc., ce sont avant tout des femmes qui sont concernées. Enfin, quand la parole se libère comme nous le voyons ces derniers mois sur des questions de harcèlement et d’agressions sexuelles, on entend des arguments d’un autre temps ressurgir : on encourage la guerre entre les sexes ou la détestation des hommes ; on pointe le règne de la bien-pensance (bobo) ou le retour de la pensée unique, etc.

En Belgique, comme cela a été évoqué dans le dossier précédent17, nous ne disposons malheureusement pas de chiffres précis et ceux utilisés sont issus de la police. Au niveau politique, la question n’est pas prioritaire. Pourtant, on ne voit encore que le sommet de l’iceberg. Au niveau judiciaire, on ne peut que déplorer la faible application des lois : la justice estelle constamment rendue aux victimes des violences ? Quand entendra-t-on que les violences font mal, qu’elles ne sont le seul fait d’individus mais résultent d’une culture où la domination masculine reste prégnante ? La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes devrait être plus encouragée, tout comme des solutions durables davantage recherchées… En matière de prévention, former les professionnels pour éviter l’ajout de violences institutionnelles aux violences déjà subies serait une réponse. Continuer à sensibiliser le grand public en serait une autre. Donner plus de moyens aux animations EVRAS au sein des établissements scolaires ne ferait certainement pas de mal non plus. Bref, le chantier reste large.

Dossier rassemblé par Anoutcha Lualaba Lekede


Notes
1. Chaque année, la campagne démarre le 25 novembre et se termine le 10 décembre lors de la Journée des droits humains, sur http://www.journee-mondiale.com
2. Harvey Weinstein, un des producteurs américains les plus influents (Pulp Fiction, Le seigneur des anneaux, etc.), est accusé depuis début octobre 2017 par de nombreuses femmes d’agressions sexuels, les viols… On parle de 30 ans de harcèlement sexuel, de dizaines de témoignages, de huit arrangements financiers pour étouffer discrètement l’affaire.
3. Noémie Schetrit, « Lors de l’élection de Miss Pérou 2018, les candidates en ont profité pour dénoncer les violences faites aux femmes dans leur pays », http://parismatch.be (21/10/2017).
4. 25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et Campagne du Ruban blanc, sur http://www.cvfe.be
5. Fabrice Grosfilley, « Violences sur les femmes : les chiffres belges font froid dans le dos », sur http://www.rtbf.be (23/11/2017).
6. Fabrice Grosfilley, « Harcèlement sexuel : le respect est la bonne réponse », sur http://www.rtbf.be (06/11/2017).
7. Fabrice Grosfilley, « Violences sur les femmes : les chiffres belges font froid dans le dos », sur http://www.rtbf.be (23/11/2017).
8. « Les violences sexuelles, c’est quoi ? », demi-journée de réflexion et d’échanges organisée le 6 décembre 2017 à Namur.
9. L’association réalise aussi un travail de responsabilisation en groupe. Pour en savoir plus : www.asblpraxis.be
10. Alter Égales est une assemblée participative pour les Droits des femmes, créée pour répondre aux revendications des organisations féminines et féministes mais surtout pour aboutir à une égalité réelle entre hommes et femmes. Cette assemblée se veut un espace de dialogue entre les organisations de terrain et le politique.
11. Les Nations Unies ont organisé quatre conférences mondiales sur les femmes. Celles-ci se sont déroulées au Mexique en 1975, à Copenhague en 1980, à Nairobi en 1985 et à Beijing en 1995. La dernière conférence a été suivie d'une série d'évaluations quinquennales. La conférence de Beijing, a marqué un tournant important dans le programme mondial pour l'égalité des sexes. La Déclaration et le Programme d’action de Beijing, adoptés à l'unanimité par 189 pays, forment un programme pour l'autonomisation des femmes considéré comme le principal document de politique mondiale en matière d'égalité des sexes. Celuici fixe des objectifs et des actions stratégiques pour la promotion de la femme et la réalisation de l'égalité des sexes dans douze domaines de préoccupation, dont les violences à l’égard des femmes, sur http://www.unwomen.org/fr/
12.Sofie Peeters, une étudiante vivant dans le quartier Anneessens, étonnée par la quantité de réflexions machistes dont elle était victime, avait fini par filmer en caméra cachée ce qui était son quotidien. Sa vidéo Femmes de la Rue est disponible sur Internet.
13. Participent aussi à cette prise de conscience des outils comme le Global media monitoring project – GMMP, un monitoring effectué tous les cinq ans sur la question de l’égalité des genres dans les médias. Celui-ci montre que sur les questions de représentations des hommes et des femmes dans les médias, de violences contre les femmes, de harcèlement, etc., tout ça n’est pas vraiment satisfaisant.
14. Il y a quelques années, on s’était rendu compte qu’il y avait une concurrence entre les poilus, les soldats de la Première Guerre mondiale, et les femmes : il y avait à la fois des articles sur les poilus et les femmes…
15.Parmi les discriminations au travail, on peut citer celles des femmes enceintes ou mamans. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes avait organisé le 16 novembre dernier une matinée intitulée « Grossesse, maternité et discrimination au travail », où a été présenté le site www.mamanresteabord.be ; sur lequel sont repris les droits des travailleuses ayant un désir d’enfant, enceintes ou mamans. En 2013, l’Institut avait déjà publié une brochure, Grossesse au travail – Guide pour la travailleuse et l’employeur pour un traitement sans discrimination.
16. Au moment où nous rédigions ce dossier, trois recherches étaient en cours sur la thématique des femmes porteuses de handicap(s) et violences. Ces recherches sont menées par le Conseil francophone des femmes de Belgique, Garance et Maison Plurielle (Charleroi).
17. Dossier « (In)sécurité/sentiment d’(in)sécurité et santé » dans Bruxelles Santé N° 88, octobre-novembre-décembre 2017.

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