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Echos des politiques

Les élus au Parlement de la Commission communautaire française réagissent au sujet du dossier, au travers de notre question : Quelle (ré)insertion professionnelle des personnes en situation de handicap à Bruxelles ?

Pour insérer, il faut former et adapter nos services publics !

Nous devons commencer par quelques constats fâcheux: le taux de chômage est trois à quatre fois plus élevé chez les personnes en situation de handicap que chez les personnes non handicapées. En Belgique, seules 40% des personnes handicapées disposent d’un emploi. C’est moins que la moyenne européenne qui s’élève à 47,3%. Nombre de ces personnes sont donc malheureusement des « travailleurs découragés » qui n'essayent plus d'entrer dans le marché du travail. Pourtant à Bruxelles, il existe des quotas d’emplois dans la fonction publique et des mesures compensatoires destinées aux employeurs privés. Mais est-ce suffisant ? Le MR bruxellois estime que non ! Premièrement, certaines entreprises publiques préfèrent payer des amendes plutôt que de s’adapter aux travailleurs en situation de handicap. Deuxièmement, les mesures compensatoires destinées aux employeurs privés qui engagent des personnes handicapées ont fait preuve d’efficacité : ce système permet de recruter en fonction des compétences et non d’une obligation, ce qui facilite une intégration réussie. Mais si ces mesures ont le mérite d’exister, elles sont rarement mises en oeuvre faute de communication avec le secteur et à cause des longues démarches administratives, lourdes pour des PME en manque de temps. Par ailleurs, il faut également que les personnes soient correctement formées pour accéder à un emploi. En 2018, 144 places seront disponibles à Bruxelles Formation, c’est un bon début. Il faut continuer à adapter les infrastructures d’enseignement et de formation pour qu’elles soient accessibles à tous. C’est aussi le cas des transports publics, si on arrive à se former et à trouver un emploi, encore faut-il le garder ! Les transports publics ne sont pas toujours adaptés aux personnes. Il faudrait que la STIB prenne plus souvent conseil auprès d’experts en accessibilité afin de pouvoir choisir un matériel vraiment adapté. Pour le MR, « Pour insérer, il faut s’adapter ».

Gaëtan Van Goidsenhoven,
Député bruxellois et Chef de groupe MR Cocof

Emploi des personnes handicapées : attention aux reculs !

Les personnes en situation de handicap rencontrent encore de nombreux obstacles qui les maintiennent à l'écart du monde du travail. Le nombre de dossiers déposés auprès d'UNIA, pour cas de discrimination à l'embauche liée au handicap, continue à augmenter. Chez Ecolo, nous soutenons l'idée que quel que soit le type de handicap dont souffre une personne, elle doit pouvoir être aidée et accompagnée dans le développement d'une autonomie la plus large possible, et cela passe aussi par l'épanouissement professionnel. A Bruxelles, de nombreuses structures favorisent une approche inclusive, telles que les entreprises de travail adapté (ETA) dont la spécificité est justement d'employer majoritairement des personnes handicapées. Une autre voie qui s'ouvre aux personnes porteuses d'un handicap est le contrat d'adaptation professionnelle (CAP) qui prévoit un aménagement d'une période d'adaptation mutuelle entre l'employeur et le travailleur handicapé, en vue d'inciter à la conclusion d'un contrat de travail ordinaire. Si c'est un modèle que nous soutenons vivement et qui a fait ses preuves, il n'en est pas moins fortement menacé par de nouvelles dispositions du gouvernement fédéral qui a mis fin à l’assujettissement à la sécurité sociale des indemnités de formation. Les conséquences sont graves, étant donné que cela signifie la fin des cotisations de sécurité sociale et donc la fin de l'ouverture des droits aux allocations de chômage, aux indemnités de maladie, aux allocations familiales pour salariés ou encore à la pension. Ecolo s'indigne et dénonce cette action du gouvernement qui accentue la précarisation d'un public déjà fortement fragilisé.

Magali Plovie,
Députée Ecolo

L'emploi des personnes handicapées représente un défi de taille au sein de notre société

L’inclusion de la personne handicapée, pour être une réussite, doit être pensée de manière cohérente et transversale avec toutes les politiques et institutions compétentes à Bruxelles. Nous avons voté à l’unanimité au Parlement bruxellois, en octobre 2016, la mise en place du « Handistreaming », la prise en compte de la dimension de handicap et la protection et la promotion des personnes handicapées dans toutes les lignes politiques. De plus, l’ensemble des assemblées ont adopté un « Handiplan » dans le but de pouvoir tenir compte des personnes handicapées de manière transversale dans la politique bruxelloise. Un texte sur l’emploi des personnes handicapées au sein des pouvoirs locaux qui porte une attention particulière aux entreprises de travail adapté a également été voté. Au-delà de ces textes juridiques, il reste encore beaucoup à faire. Les personnes handicapées sont confrontées à de nombreux obstacles à leur participation égale, active et effective à la vie politique, économique, sociale et culturelle. C’est pourquoi elles ont droit à des aménagements raisonnables. Malheureusement, ce droit n’est pas encore suffisamment connu et respecté. Les personnes en situation de handicap sont encore trop souvent considérées comme une « charge » plutôt que comme un « plus » pour l’entreprise. Selon UNIA, 58% des signalements relatifs au handicap concernent un refus de l’employeur de procéder à des aménagements raisonnables, ce qui est pourtant une obligation légale. A moins de mener une politique volontariste dans ce domaine, la situation risque de s’aggraver dans un marché du travail particulièrement fermé aux publics fragilisés. Nous devons continuer d’oeuvrer pour faire de notre société une véritable société inclusive pour et avec les personnes handicapées !

Catherine Moureaux,
Présidente du groupe PS au Parlement francophone bruxellois
Députée bruxelloise et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

L’inclusion par le travail : des avancées remarquables

Si nous voulons bâtir une société inclusive où chacun pourra vivre de façon autonome, nous devons tout mettre en oeuvre pour favoriser l’insertion des personnes handicapées sur le marché du travail. Considérant que les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple, le groupe DéFI au Parlement bruxellois a déposé deux propositions d’ordonnance (récemment adoptées), qui obligent les communes et les CPAS à employer au moins 2,5% de personnes handicapées. De plus, à l’initiative du ministre bruxellois de l’Emploi, D. Gosuin, ACTIRIS a mené des actions de sensibilisation à l’intention des entreprises privées et a noué des partenariats avec des organisations investies dans cette thématique afin de proposer un accompagnement personnalisé des chercheurs d’emploi porteurs d’un handicap. Par ailleurs, le Parlement bruxellois a adopté en 2017 une ordonnance, via D. Gosuin, qui permet à l’administration régionale d’employer diverses méthodes pour détecter les discriminations à l’embauche, notamment celles basées sur le handicap. Ce sont des avancées importantes mais bien des mesures devront encore être prises pour garantir la présence de personnes handicapées dans toutes les strates des administrations et des entreprises, y compris dans les fonctions dirigeantes. DéFI plaide aussi pour qu’une attention particulière soit accordée aux besoins spécifiques des personnes souffrant d’un handicap mental. Soulignons enfin que pour pouvoir augmenter le taux d’emploi des personnes handicapées, les pouvoirs publics devront développer une approche plus transversale intégrant la question de l’enseignement inclusif et celle de l’accessibilité des bâtiments et des transports publics.

Caroline Persoons,
Pour le groupe DéFI
Députée DéFI au Parlement de la région bruxelloise

Le challenge : bousculer les mentalités

L’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap répond de manière inconditionnelle à des objectifs humanistes. Pour trois raisons : la première tient au fait que chaque personne, peu importe son profil ou son handicap, dispose de compétences spécifiques qui méritent d’être valorisées ; la seconde considère le monde du travail comme un espace de socialisation et de reconnaissance dont chaque personne a fondamentalement besoin ; la troisième parce que la différence, matérialisée ici par le handicap, est, au sein d’une équipe, source d’enrichissement et de créativité. Ceci étant, l’accès au travail d’une personne qui connaît un handicap reste un challenge, lié principalement à l’adaptation des conditions et de l’organisation du travail. A cet égard, le secteur public s’est fixé des objectifs ambitieux à travers le plan d’action « Handistreaming » porté par les ministres Fremault et Gosuin. Le véritable challenge reste de bousculer les mentalités, de faire comprendre qu’un quota d’engagement n’est pas un poids mais l’opportunité d’une nouvelle dynamique dont chacun, au sein d’une équipe, ressort gagnant. Mais la vigilance doit rester de mise. Par exemple, l’engagement d’une personne sourde nécessite une adaptation structurelle des canaux de communication, au risque de voir la personne ne plus comprendre ni suivre l’évolution de la culture d’entreprise. Et, expérience vécue, l’adaptation de la communication est bénéfique à tout le monde, car il ne faut pas toujours être sourd pour ne pas suivre l’évolution managériale de son employeur. Bref, l’emploi d’une personne en situation de handicap représente une opportunité d’évolution pour chacun. Une opération « Win Win ».

André du Bus,
Député bruxellois (cdH)

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