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Woman'Dõ. D'une vie imposée, vers celle choisie...

Le 12 juin 2018 a eu lieu le lancement officiel du nouveau réseau traitant des mutilations génitales féminines à Bruxelles : la CB-SC-MGF (La Coordination Bruxelloise des Stratégies Concertées de lutte contre les mutilations génitales féminines). Financé par le gouvernement francophone bruxellois, il s’implante dans le cadre du nouveau Plan de promotion de la santé avec pour ambition de faciliter les échanges entre les acteurs de terrain qui oeuvrent dans le champ de la lutte contre les MGF sur le territoire bruxellois. Woman’Dõ est l’une des associations membres de ce réseau.

 Depuis 2013, l’association bruxelloise Woman’Dō propose un service d’accompagnement psychothérapeutique spécialisé, destiné aux femmes demandeuses d’asile1 ayant subi des violences physiques et psychiques dans leur pays d’origine. Aujourd’hui, ce service est devenu un Planning familial bicommunautaire spécialisé dans l'accompagnement posttraumatique de femmes exilées en séjour précaire ayant fui des violences. Focus sur le travail mené auprès de ce public socialement vulnérable.

Vers une meilleure prise en charge

A l’époque, Anne Graindorge – juriste, criminologue et psychologue clinicienne de formation – est psychothérapeute indépendante et travaille au sein d’un réseau d’accueil et d’accompagnement de personnes primo-arrivantes en séjour précaire. Lorsqu’elle devient référente pour femmes demandeuses d’asile en souffrance psychologique, elle est très vite sollicitée par de nombreuses associations du secteur. La fonction qu’elle occupe lui permet de constater la nécessité tangible de la mise en place d’un accompagnement spécialisé. C’est ainsi que Woman’Dō2 voit le jour, avec pour objectif d’améliorer la santé, le bien-être mais aussi l’épanouissement personnel et l’intégration dans la société de femmes exilées au vécu traumatique.

Woman’Dō intervient auprès de femmes qui ont dû fuir un pays, laissant derrière elles une famille. Un départ à la suite de violences de guerre, de mariage(s) forcé(s), de mutilations génitales (excision, infibulation) ou encore de persécutions sévères et répétées en cas de refus d’excision. A leur arrivée en Belgique, ces femmes en situation précaire sont confrontées à de multiples démarches administratives pour obtenir la reconnaissance de leur statut de réfugiées et se tourner vers l’avenir. Woman’Dō leur propose un accompagnement dès leurs premiers pas. Le plus souvent, ce sont les Centres d’accueil dans lesquels résident ces femmes en attente de régularisation qui les orientent vers l’asbl Woman’Dō.

Un accompagnement multidimensionnel et attentif

L’équipe de cette association accorde une attention particulière à nouer un lien de confiance avec ce public avant de songer à panser quelconques traumas. L’asbl Woman’Dō collabore donc avec des travailleurs sociaux, des juristes ainsi que des médecins et ethnopsychiatres. En effet, pour garantir des conditions propices au processus de reconstruction de ces femmes, il est essentiel qu’elles puissent être entourées de professionnels compétents dans le secteur des primo-arrivants.

Tout est mis en oeuvre par l’équipe pour que ces femmes se sentent respectées et en sécurité au sein de l’asbl. L’aide psychothérapeutique spécialisée proposée intègre une approche socio-juridique, transculturelle et psychocorporelle.

L’approche psychocorporelle se montre particulièrement précieuse, favorisant notamment la conscientisation par la personne de son ressenti et de son vécu, la remobilisation progressive de ses ressources, sa capacité de renouer des liens, sa reprise de confiance et de pouvoir. Les femmes qui se tournent vers cet accompagnement témoignent d’une grande capacité de résilience.

Qu’importe la durée de l’accompagnement offert par l’équipe, Woman’Dō constitue un lieu d’écoute, de dialogue, de conseils, offrant une opportunité de reconstruction à ces personnes aux parcours atypiques.

Les rendez-vous ont lieu dans les locaux de Woman’Dõ, situés Drève de la Brise 28 à 1170 Watermael-Boitsfort, à raison d’une séance toutes les deux semaines et en présence d’un interprète, si nécessaire.

 Yamina Seghrouchni


1. Plus d’informations sur les demandes d’asile sur le site du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides), https://www.cgra.be/fr.
2. Autrement dit "le chemin de la femme". Woman : la femme, en anglais - Dō : le chemin, la voie, en japonais.

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