Question Santé       Facebook  Twitter  header vimeo
Inscription Newsletter  INSCRIPTION NEWSLETTERS  PRESSE

Content Banner   Publications périodiques

Vous êtes ici:

Diagnostic communautaire à Koekelberg : les familles monoparentales au centre de l’attention

En 2012, la commune de Koekelberg institue une nouvelle compétence au sein de son collège : celle de la santé. Depuis 2014, le LOGO1 et le Centre Bruxellois de Promotion de la Santé (CBPS) accompagnent le développement d’un projet de démarche en santé communautaire, avec le focus sur une priorité : prendre soin des familles monoparentales, particulièrement celles des mères isolées. Flash-back sur ce cheminement.

Sollicités par l’échevin de la santé, il s’agit pour nous, CBPS et LOGO, lors des premières rencontres, de replacer certains enjeux de la promotion de la santé. Quelles sont les attentes et besoins des habitants de Koekelberg ? S’il existe bien une fiche « zoom sur les communes »2 de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale qui nous renseigne sur les particularités de cette commune, que peuvent nous dire les habitants eux-mêmes de leur santé ? Et, dans leurs pratiques, qu’observent les professionnels actifs sur la commune, acteurs du CPAS, de centres sportifs, d’écoles, de services de logement… ? Inscrire un projet de santé durable sur un territoire, une commune, concevoir des actions en phase avec les besoins de ses habitants, cela nécessite au préalable un temps de diagnostic partagé. Considérer la santé des habitants de Koekelberg en prenant en compte une série de déterminants (le logement, l’environnement, l’emploi, l’accessibilité aux droit sociaux...) sera notre fil conducteurtout au long de cet état des lieux.

Rallier pour se relier

Première étape : susciter l’adhésion et l’union des décideurs politiques. Il s’agit pour le CBPS et le LOGO de présenter au collège la promotion de la santé, ses valeurs et ses démarches. Accepter de s’inscrire dans un processus qui peut prendre, oui… du temps, ne coule pas de source. S’assurer de la compréhension par tous que les actions « visibles » et concrètes ne seront pas immédiates : un temps d’écoute des habitants et des professionnels est essentiel. Deuxième étape : rassembler. Plus de 100 professionnels, dont la moitié répondent présents à l’appel, sont invités pour dresser un « portrait » santé de la commune de Koekelberg. Après une présentation par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale d’une fiche sur le profil de la commune, des ateliers sont proposés. Résultat : des échanges, des étonnements, une palette de nuances pour co-construire autour d’une dizaine de déterminants un regard sur la santé globale des Koekelbergeois. Rendez-vous est pris pour une analyse de ces constats et une priorisation des axes à développer. De cette matière dense, en groupe restreint, il nous appartient alors de démêler ces multiples observations pour en retenir quelques éléments forts. Trois publics semblent impactés par l’ensemble des constats mis en avant : les personnes précarisées, les familles monoparentales et les seniors. Nous revenons auprès des professionnels et de nombreuses questions sont alors soulevées : « Plusieurs projets sont déjà mis en place dans la commune », «Va-t-on faire un projet dinosaure qui balaie l’existant ? ». Etre commune initiatrice n’est pas aisé, les méfiances des travailleurs non liés à la commune s’expriment et c’est tant mieux. Le travail du CBPS et du LOGO consiste alors à susciter la réflexion autour des points de jonction, des synergies possibles ou pas. Les familles monoparentales seront choisies comme public prioritaire. A l’unanimité.

Délier la parole

Plusieurs réunions de concertation s’échelonnent ensuite avec les professionnels. Au-delà d’affiner le diagnostic en regard des différents déterminants qui touchent les familles monoparentales, les travailleurs échangent leurs expériences, leurs questions, relèvent aussi leurs impuissances, lancent des pistes. Nous parions que ce temps pour nommer, rassembler permet aussi aux professionnels de clarifier leur contexte de travail, renforcer leurs compétences ainsi que leur réseautage. Parallèlement, nous réfléchissons avec les travailleurs à comment recueillir la parole des mamans, solliciter ce public. Nous optons pour des focus groups et quelques entretiens individuels pour creuser certaines questions. Mais que voulons-nous savoir de ces personnes ? Les interrogations se bousculent mais, en lame de fond, quelques questions phare émergent : « Comment se débrouillent les mamans ? », « Quelles sont leurs difficultés mais aussi ressources ? Leurs attentes ? ». Un questionnaire s’élabore en passant en revue les différents déterminants de leur santé. Pour l’heure, les focus sont en cours, on espère que la nouvelle majorité reprendra le flambeau afin de pouvoir clôturer le projet- et ainsi mettre en oeuvre les mesures les plus appropriées pour ces familles !

Patricia Thiebaut

1. Lokaal Gezondheidsoverleg Brussel.
2. http://ibsa.brussels/fichiers/publications/bru19/Koekelberg_FR.pdf

Partager