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La santé dans les contrats de quartiers ? Le Projet COMPAS témoigne !

Depuis 2014, le CBPS accompagne Soumiya Radi, la coordinatrice du Contrat de Quartier Durable COMPAS pour son axe santé. Un projet qui parie sur la mobilisation des acteurs anderlechtois de différents secteurs et sur une manière de travailler les déterminants de la santé des habitants du quartier. Nous nous sommes prises au jeu des questions-réponses !

En quelques mots, qu’est-ce qu’un contrat de quartier et pourquoi l’introduction d’un axe santé ?

Le Contrat de Quartier Durable est un contrat conclu entre une commune dite défavorisée, les habitants d'un quartier de cette commune et la Région de Bruxelles-Capitale. Un financement est alloué sur base de subsides pour une période déterminée (4 ans) dans un périmètre limité. Ici, il s’agit du périmètre Compas, une partie du quartier de Cureghem.
Les contrats de quartier durable visent l’amélioration de la qualité de vie des citoyens grâce à des réalisations concrètes comme l’aménagement d’espaces verts, la production de logements et d’équipements collectifs, la création de réseaux de mobilité douce... Le projet Compas en Santé est un des projets socio-économiques du Contrat de Quartier Durable Compas, le premier qui expérimente la dimension santé.

Quels sont les défis que vous pouvez identifier dans ce projet ? 

 Tout d’abord, j’ai constaté une forte méfiance des acteurs à l’égard des contrats de quartier en général. Elle s’est exprimée dans mes contacts individuels pour présenter le projet et proposer la mise en place d’un travail en réseau mais aussi dans les premières réunions de concertation. Je leur ai dit que j’en prenais bonne note !
J’ai senti une forte attente de résultats pour y « croire » mais ceux-ci dépendent aussi de la participation des différents acteurs. Or, cette participation constitue un fameux défi !
Un autre défi, général à tous les contrats de quartier, est la durée limitée de ceux-ci. Le projet lancé doit devenir autonome ou être repris par les membres du réseau. C’est un paradoxe : pour mobiliser les acteurs, il faut donner corps à ce réseau, tirer, apporter du contenu, des résultats et puis à un moment, il s’agira d’impulser un mouvement inverse et de s’effacer progressivement.
Introduire la notion de santé est aussi un défi ! Je me « bats » au quotidien pour expliquer que la santé est transversale et que les déterminants de la santé sont nombreux. Chacun des acteurs du quartier a sa place dans notre concertation !

Des grandes étapes dans le travail ?

La première étape, primordiale, est la rencontre des organisations du quartier. Il est important de sensibiliser les acteurs sociaux et de santé à la dimension transversale de la santé et de les questionner sur leurs représentations de la santé. Le but est de les mobiliser à constituer un réseau « santé » afin de mieux se connaître et travailler ensemble.
Le réseau « Compas en santé » voit le jour en septembre 2014 et, depuis, nous nous réunissons toutes les six semaines.
La deuxième étape, un gros chantier également, est la réalisation d’un diagnostic communautaire avec les acteurs locaux (professionnels et habitants) afin d'identifier les besoins et attentes des différents publics spécifiques et prioritaires du quartier.

Est-ce un travail qui a mobilisé l’ensemble du réseau ?

Oui, surtout sur l’élaboration du questionnaire, nous voulions tous y retrouver les déterminants de la santé (la qualité de l’environnement, du logement, des loisirs...). Notre intention était aussi de repérer les freins et facilitateurs à la mise en place d’actions sur le terrain.
Par contre, lors des entretiens auprès des habitants, j’ai été déçue par le peu de participation des membres du réseau. Les raisons identifiées sont le manque de temps disponible dans les institutions et la surcharge de travail ! Actuellement, nous réfléchissions à des solutions pour résoudre ce problème.

Que ressort-il de ce diagnostic? 

Après l’analyse qualitative et quantitative des données que nous avons présentées au réseau, nous avons travaillé ensemble à dégager quatre priorités.

  1. La réalisation d'un répertoire des ressources (afin de pallier à la méconnaissance, par des habitants et professionnels, des structures existantes sur le quartier).
  2. La question de la mixité dans le quartier (place des femmes dans le quartier).
  3. L'alimentation saine.
  4. L'amélioration du cadre de vie (pro-
    preté, espace vert...).

Vous avez contacté le CBPS pour un accompagnement, quel a été le travail réalisé ?

 J’ai peu d'expérience en gestion de projet et en promotion de la santé, prendre contact avec le CBPS me semblait être une ressource non négligeable ! Ma demande portait aussi sur la gestion d’une concertation.
Ensemble, nous avons clarifié mes demandes et j’ai constaté que l’aide reçue pour me positionner et définir ma place par rapport à la dynamique de réseau, de partenariat et dans le projet était cruciale. Nous avons donc commencé par replacer les éléments dans leur contexte et par clarifier mon rôle au sein de la concertation et du projet « Compas en Santé ». Aujourd’hui, je vois une réelle progression dans ma façon d'aborder ces différents aspects ! Et, je prends beaucoup de plaisir à faire mon travail !

Patricia Thiébaut

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