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Débats n° 74

Notre rubrique « Débats » donne la parole aux groupes politiques démocratiques.

Le Plan Hépatite

Les virus A, B, C, D et E de l’hépatite peuvent provoquer une infection et une inflammation aigües et chroniques du foie pouvant déboucher sur une cirrhose ou un cancer du foie qui, à leur tour, peuvent entraîner la mort. Chaque année, 550 Belges meurent des conséquences de cette maladie.
En Belgique, 70.000 personnes sont touchées par la maladie dont la moitié ignore qu’elle est porteuse du virus. Or, un dépistage précoce permettrait de sauver plus de 50% des patients.
Et pour cause, le problème de l’hépatite C en particulier, est que les symptômes de la maladie sont totalement « silencieux » jusqu’à ce que la maladie arrive à un stade de nécrose si important que les traitements sont quasi inefficaces.

Un dépistage ciblé et intensif permettrait donc de sauver de nombreuses vies. A partir de 2016 et avec les nouveaux traitements qui arrivent sur le marché, on arrivera à guérir 90% des patients et on raccourcira le traitement à 12 semaines au lieu d’une année. Ce qui - outre l’amélioration de la qualité de vie des patients - améliorera les finances de la sécurité sociale.
Le Plan Hépatite, qui associe le Fédéral avec les Régions et les Communautés, afin de développer à la fois les soins aux malades mais aussi le dépistage des personnes infectées, n’a pas été mis en place sous cette législature. Ce sont 70.000 personnes qui sont touchées par la maladie et qui n’auront pas accès à des soins de qualité. Pour les spécialistes, le report du Plan Hépatite aura des conséquences désastreuses tant au point de vue du coût humain et que du coût financier.

Jacques Brotchi
Député MR bruxellois

L’IVG est un droit humain fondamental et inaliénable

En ce début du 21e siècle, il faut réaffirmer que l’IVG est un droit humain fondamental, inaliénable. Il faut le proclamer avec force car, si nous voulons avancer, certains souhaitent nous faire reculer en tentant de faire renaître des législations répressives qui ont été combattues par les luttes féministes et les mouvements laïques.

Le FDF a été un des premiers partis en Belgique à déposer une proposition de loi relative à la dépénalisation de l’avortement. La revendication du libre choix de la personne sur son corps, l’égalité hommes-femmes, le respect de l’intégrité physique et psychique sont autant de valeurs qui sont au cœur du projet sociétal des FDF.

C’est pourquoi, les FDF souhaitent la mise en pratique de la résolution du Parlement européen sur la santé et les droits sexuels et génésiques de 2002 qui recommande notamment, « pour protéger la santé et les droits génésiques des femmes, que l’avortement soit légalisé, sûr et accessible à tous ».

Les FDF souhaitent également mettre l’accent sur la prévention par une obligation de fournir, dans l’ensemble des cycles des établissements scolaires, une éducation à la vie affective et sexuelle. Pour y parvenir, la reconnaissance de la spécificité des médecins généralistes travaillant dans des plannings familiaux et dans les abortus-centra, ainsi que la revalorisation de l’acte intellectuel sont indispensables afin qu’un accompagnement global de la personne au niveau de sa vie sexuelle et affective soit possible.

Notre responsabilité citoyenne est de faire front face aux discours d’un autre âge qui occultent le fait, qu’aujourd’hui dans le monde, des femmes sont blessées, mutilées ou meurent des suites d’avortements illégaux et non médicalisés. Les FDF refusent donc toute tentative de remettre en cause, directement ou indirectement, la loi de dépénalisation de l’avortement.

Mme Fatoumata Sidibé
Députée bruxelloise FDF

A quand une Unité hospitalière à Bruxelles pour accueillir les patients « Double Diagnostic » ?

La Résolution votée à l’unanimité au Sénat en mars 2014 relative à la prise en charge hospitalière des personnes handicapées mentales souffrant, en plus, d’une maladie mentale avec troubles du comportement, rappelle la situation désespérée des patients dits « Double Diagnostic » à Bruxelles et en appelle à des solutions rapides. Peu connues du public, les situations des familles confrontées à un jeune ou à un adulte handicapé en pleine crise de décompensation sont très lourdes à porter. On estime qu’un tiers des 150.000 personnes atteintes d’un handicap mental, développent un jour un trouble psychique et, parmi ces personnes, des centaines connaissent un trouble grave du comportement : automutilation, ingestion d’objets divers, violences, agressivité, destruction de leur environnement direct, comportements sexuels inadaptés...

En l’absence de réponse thérapeutique adaptée, ces patients échouent dans des unités psychiatriques de long séjour, durant des années, malheureusement et avec pour conséquence, une exclusion quasi définitive de leur milieu de vie.
Dans le secteur du handicap, l’indignation est totale face au manque de réponse hospitalière adaptée et face aux difficultés institutionnelles qui entretiennent le cloisonnement entre les secteurs de la santé mentale et celui du handicap mental.
Et ce, alors que des réponses thérapeutiques adaptées existent : l’une à Bierbeek en Flandre, l’autre à Manage en Wallonie, deux services qui offrent à ces patients un processus de stabilisation et de remise en confiance pour 80 % d’entre eux après 2 ou 3 mois. Alors que la durée moyenne dans les unités psychiatriques classiques pour ces mêmes patients est de 44 mois ! Comme il n’existe rien à Bruxelles, les familles bruxelloises sont obligées de se tourner vers la Flandre ou la Wallonie.
La Résolution invite les autorités à ouvrir au plus vite une unité hospitalière à Bruxelles. La volonté du cdH est d’inscrire ce projet dans la prochaine Déclaration de Politique Générale de la Région bruxelloise.

André du Bus
Député Cdh bruxellois
et à la Communauté française
Sénateur de Communauté

Dans la droite ligne de l’inclusion des personnes handicapées... une résolution relative à l’amélioration de l’accessibilité aux transports publics a été votée lors de la dernière séance du Parlement

Son but est de viser une accessibilité optimale aux transports collectifs en tenant compte de tous les handicaps (moteurs, mentaux, sensoriels).
A cause des retards hérités du passé, les conditions de déplacement des personnes handicapées ou à mobilité réduite à la STIB ne sont pas encore entièrement satisfaisantes, malgré des avancées importantes accomplies depuis une dizaine d’années : le nombre de stations de métro accessibles aux personnes à mobilité réduite a augmenté, un système d’accompagnement par des agents de station est également disponible. Plusieurs lignes de bus sont partiellement accessibles aux personnes circulant en fauteuil roulant.
Mais, comme en témoigne une sortie récente du centre interfédéral pour l’égalité des chances, il reste des problèmes liés très souvent à la lacune entre le quai et le véhicule et à des processus de réservation, soit d’un accompagnateur soit d’un minibus adapté, qui manquent de souplesse.
Il faut donc aller plus loin et arriver à des systèmes complètement accessibles comme c’est le cas dans de nombreuses capitales ou grandes villes étrangères.
La résolution inclut neuf demandes au gouvernement : matériel équipé, formations concernant l’accueil des PMR, amélioration du système de réservation de l’assistance, meilleur service de minibus mieux articulé avec les taxis adaptés, réseaux de coopération, meilleure lisibilité de l’information... Ces améliorations sont indispensables pour un nombre important de personnes qui sont en situation de handicap et sont par ailleurs souvent bénéfiques à ceux qui n’en ont pas (encore) besoin...

Dominique Braeckman
Députée Ecolo au Parlement bruxellois
(jusqu’au 25 mai)

Tout le monde a le droit de sourire. Plaidons pour des soins dentaires accessibles

Aujourd’hui, le constat est clair et les chiffres alarmants : de nombreux Belges
ne vont pas chez le dentiste. En plus de la peur du mal physique, s’ajoute la peur du coût de la consultation et des soins. Selon la Fondation pour la santé dentaire, 14 % des jeunes bruxellois âgés de 6 à 18 ans ne sont jamais allés chez le dentiste, malgré la gratuité des consultations jusqu’à 18 ans. Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. En 2011, j’avais lancé l’initiative « Tous les enfants ont le droit de sourire », réunissant les équipes de la Fondation Dentaire, de Médecins du Monde et du Délégué Général aux Droits de l’Enfant. Cette action, réitérée chaque année, a pour but d’aller sur le terrain discuter de la santé dentaire des enfants avec les familles. Parce qu’une bonne santé dentaire a une influence sur la santé en général, il est urgent d’améliorer la santé dentaire des Belges en les incitant à consulter un dentiste.

Par la voix de Laurette Onkelinx, Ministre fédérale de la Santé publique, le PS présente une des priorités santé de son programme : le plan dents qui concerne différentes tranches de la population telles que les jeunes jusqu’à 12 ans, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes socialement défavorisées et les patients ayant subi un traitement néfaste pour leurs dents.
Il faut également un abaissement général de la facture pour les patients : cela passe notamment par plus de remboursements et une intégration des soins dentaires remboursés dans le compteur du Maximum à facturer. Pour le PS, les soins dentaires doivent également être intégrés dans les services au forfait proposés par les maisons médicales. Au-delà de ces propositions, les patients devraient être mieux informés des mesures existantes telles que les soins bucco-dentaires remboursés en dessous de 18 ans et la gratuité des soins dentaires uniquement si la visite se fait auprès d’un dentiste conventionné.

Catherine Moureaux
Députée PS au Parlement francophone bruxellois

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