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Echos des politiques

Cette rubrique donne la parole aux groupes politiques démocratiques.

Une ardeur d'avance

 Ce n’est pas neuf. Aucune famille n’est épargnée un jour par la maladie, la souffrance, le handicap, le vieillissement d’un de ses membres. Il faut alors prendre soin de la personne dépendante, l’habiller, faire des courses, assurer des démarches administratives, les repas, veiller aux médicaments, etc. Jusqu’il y a peu, la solidarité s’exprimait à bas bruit, assumée surtout par celles et ceux qui avaient davantage de disponibilité : les femmes au foyer, les enfants. L’heureuse émancipation a mis en lumière les conséquences de ces solidarités : modification de l’engagement professionnel et changement dans les habitudes familiales et sociales.
Face à ce constat, des initiatives politiques ont vu le jour. Ainsi, la loi du 12 mai 2014 reconnaît le statut d'aidant proche. Mais pour donner pleinement effet à cette loi, les arrêtés d’exécutions nécessaires restent en souffrance.
Quant aux jeunes aidants proches, c’est un Jeudi de l'hémicycle au parlement francophone bruxellois qui a mis en lumière les conséquences sociales et scolaires pour ces jeunes dont la première demande est de rester le plus discret possible. Une récente étude établit qu’en Région bruxelloise, près de deux jeunes sur dix sont des aidants proches.
A défaut d’avoir une solution au niveau fédéral, la Commission communautaire française, dans le cadre de sa compétence « Politique d’aide aux personnes handicapées », soutient le projet du réseau Jeunes aidants proches à Bruxelles depuis 2016. En septembre, une maison de l'Aidance a été inaugurée à Bruxelles avec le soutien de la Cocof et de la ministre Céline Fremault. Bref, les choses bougent au niveau communautaire, avec une ardeur d’avance. Le seul acteur à la traîne reste, une fois de plus, le niveau fédéral. Ce que rappelle la résolution votée ce 26 octobre au parlement francophone bruxellois, portée entre autres par Pierre Kompany.

André du Bus,
Député bruxellois (cdH)

Le morcellement des compétences dans le milieu carcéral : un frein aux soins de santé dispensés aux détenus 

Plusieurs études récentes sont venues souligner la complexité institutionnelle de l’aide sociale en prison. A Bruxelles, en particulier, malgré plusieurs initiatives de mise en réseau, la situation demeure particulièrement critique. Or, on sait que la santé globale des personnes qui arrivent en prison est moins bonne que la moyenne et que le séjour en milieu carcéral génère une dégradation de l’état de santé du détenu et un risque plus élevé de contamination. La Cocof est compétente à Bruxelles pour ce qui concerne la promotion de la santé. J’ai eu l’occasion d’interroger la Ministre compétente, Cécile Jodogne, sur les projets menés. Au vu des difficultés rencontrées pour approcher le monde carcéral, un seul opérateur a été choisi pour des
actions de promotion de la santé dans les prisons bruxelloises : il s’agit de l’asbl I.Care, qui travaille directement avec les détenus en organisant des visites en cellule, pour aborder notamment la réduction des risques liés à la drogue, la santé sexuelle ou les maladies infectieuses.
Malgré une intense activité, I.Care fait état de nombreuses difficultés dues à l’organisation interne des prisons : difficulté d’accéder aux détenus, nombreux imprévus, rendez-vous manqués. Une réforme est actuellement en cours et des groupes de travail mis en place par les SPF Santé et Justice se penchent sur d’éventuels accords de collaboration entre entités ainsi que sur la possibilité de transférer certaines compétences.
Cette réforme est attendue par tous les acteurs de terrain et nous plaidons pour que des solutions structurelles et durables puissent se dégager. Les détenus constituent un public particulièrement fragilisé et il revient au politique de tout mettre en oeuvre pour protéger leur santé physique et mentale, condition indispensable pour une réinsertion réussie.

Gaëtan Van Goidsenhoven,
Député Bruxellois et Chef de groupe MR Cocof

 Dans le sillage des citoyen.ne.s

Affublés de masques antipollution, des parents et leurs enfants jouent de la musique devant leurs écoles. Ils dénoncent la mauvaise qualité de l’air en ville en bloquant les rues, sous la bannière « Café filtre ». Délaissant les parcs et les bois, par un dimanche pluvieux de décembre, des scouts marchent pour le climat aux côtés de 75.000 citoyen.ne.s. Les exemples ne manquent pas ces derniers mois : les questions environnementales émergent désormais au départ de questions de santé. Elles ne sont plus portées uniquement par le politique et quelques grands acteurs, mais par les citoyens, par chacune et chacun d'entre nous qui décidons d'agir au quotidien.
Les questions écologiques ne sont donc plus marginalisées, elles se trouvent au coeur des enjeux. Les actions citoyennes, relayées à présent plus facilement encore par les réseaux sociaux, fournissent un levier essentiel pour obtenir des avancées législatives dans nos parlements. Des propositions ou motions sur le climat, la mobilité ou le glyphosate parviennent à présent à percer
le mur majorité-opposition. Au niveau local également, des rues scolaires sont conquises par des interpellations aux conseils communaux.
Restons attentifs : une meilleure santé doit aussi se conquérir par des changements structurels. Pas seulement par la responsabilité individuelle, ni à petite échelle. Le changement de comportements issu de la sensibilisation par les pairs n’efface pas la nécessité de créer un cadre réglementaire encourageant la santé de tou.te.s, en particulier des plus fragiles. Il en va de l’égalité et de l’inclusion sociale.

Magali Plovie,
Députée Ecolo au Parlement francophone bruxellois

Précarité hydrique : quand le travail parlementaire répond à un réel besoin social

Bon nombre de ménages bruxellois basculent dans la précarité hydrique en raison de l’insuffisance de leurs revenus.En 2016, partant de ce constat préoccupant, j’ai déposé une proposition de
résolution au parlement bruxellois qui visait un double objectif : d’une part, que Vivaqua propose des plans de paiement qui tiennent compte de la faculté de remboursement des ménages et,
d’autre part, que Vivaqua instaure une mensualisation de la facture d’eau. Il s’agissait avant tout d’exigences de bon sens pour répondre à un véritable besoin social tout en évitant de faire grimper jusqu’à six fois le montant initial de la dette du ménage par des frais de justice évitables.
Deux ans après avoir porté cette proposition de résolution adoptée au Parlement bruxellois, Vivaqua a finalement décidé de rendre possible la mensualisation de la facture d’eau depuis le 1er
juillet 2018 via la plateforme en ligne, Doccle. Six mois après cette entrée en vigueur, c’est la surprise : 21.448 clients se sont déjà inscrits pour payer leur facture d’eau tous les mois. Et, depuis octobre dernier, Vivaqua a rallongé le délai de plans de paiement de trois à douze mois, comme je l’avais demandé il y a deux ans. Cela devrait donc permettre aux ménages de faire face plus sereinement à leurs dettes, de réduire cette gabegie administrative et diminuer de moitié le nombre de procédures contentieuses devant les tribunaux.
Je me réjouis évidemment de ces avancées même si je continue de plaider pour que cette mensualisation ne s’opère pas que via internet, qui n’est pas forcément à la portée des personnes les plus précarisées.

Emmanuel De Bock,
chef de groupe DéFi au Parlement bruxellois

L’appel à l’aide des parents de personnes autistes : "Le temps des parents n'est pas celui des politiques".

Le 17 janvier, une matinée de réflexion s’est tenue dans l’hémicycle du parlement francophone bruxellois sur « le quotidien des familles vivant avec une personne autiste ». La principale caractéristique de l’autisme est le développement anormal des interactions sociales.
Avec des témoignages poignants de parents, de spécialistes, d’éducateurs et autres asbl très impliquées sur le terrain, comme le GAMP (groupe d’action qui dénonce le manque de places pour
les personnes handicapées de grande dépendance), la Coupole bruxelloise de l’autisme ou les Pilotis, un fervent appel à l’aide, et surtout une urgence d’agir, a été envoyé aux décideurs politiques que nous sommes.
Ils réclament un diagnostic rapide, la mise en place d’un dépistage précoce systématique, une meilleure connaissance des outils de dépistage et de pallier aux longues listes d’attente dans les
Centres de Référence Autisme. Ils revendiquent également la mise en place d’un Plan Global de transition vers la désinstitutionalisation, en concertation avec les professionnels et les pouvoirs locaux pour augmenter l’offre de logements inclusifs. Ils insistent sur la nécessité de revoir les normes d’encadrement et dénoncent une carence au niveau de la formation des professionnels, un manque de place pour les personnes plus dépendantes et un manque de services de gestion des crises.
Cette année, la FWB et la Cocof se reverront pour une mise à jour du Plan Transversal-Autisme. Ce plan opte pour une individualisation du soutien à la personne autiste durant sa vie, son inclusion dans la société, pour une politique conjointe de prise en charge, et avec mon Groupe, nous ferons le maximum pour que l’on y tienne compte des revendications des familles.

Jamal Ikazban,
Président du Groupe PS au Parlement francophone bruxellois,
Député bruxellois et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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