Question Santé       Facebook  Twitter  header vimeo
Inscription Newsletter  INSCRIPTION NEWSLETTERS  PRESSE

Content Banner   Publications périodiques

Vous êtes ici:

Repères historiques et législatifs. La promotion de la santé à Bruxelles

Le décret du 18 février 2016 relatif à la promotion de la santé ne doit pas faire oublier que la promotion de la santé à Bruxelles a déjà à son compteur plus de deux décennies d’histoire. Celle-ci remonte à plus loin encore si on la relie à celle des compétences santé...

Les différentes réformes de l’Etat ont conduit à une décentralisation progressive des politiques de prévention et de promotion de la santé. Les premiers textes législatifs naissent au sein des matières personnalisables de la Communauté française. En 1988, celle-ci se dote d’un premier arrêté « prévention ». L’arrêté organise la prévention et l’éducation à la santé sur le territoire francophone. Il crée un centre de coordination communautaire, une cellule permanente d’éducation pour la santé, vingt services aux éducateurs et dix commissions locales de coordination territorialisées (dont une pour Bruxelles).

Le 14 juillet 1997, la Communauté française dispose d’un nouveau décret qui structure la promotion de la santé et organise un nouveau dispositif. Sur les plans conceptuel et stratégique, le décret se réfère à la Charte d’Ottawa. Un programme quinquennal, décliné en plans opérationnels, donne le cadre et les objectifs prioritaires des interventions financées dans le cadre de cette politique. Le Conseil supérieur de promotion de la santé joue le rôle d’espace de concertation et d’avis sur les programmes d’action et de recherche. Les quatre services communautaires créés se partagent des com- pétences d’appui et les dix centres locaux de promotion de la santé ou CLPS sont chargés de décliner le dispositif sur l’ensemble de la Communauté française.

Lors de la 6e réforme de l’Etat en 2014, des compétences santé de la Communauté/ Fédération Wallonie-Bruxelles sont partiellement transférées à la région wallonne et à la Cocof pour la Région Bruxelloise. Sont donc ainsi transférées la prévention et la promotion de la santé, à l’exception de la promotion de la santé à l’école, l’ONE, les hôpitaux universitaires et l’académie de médecine. En héritant de cette compétence, la Cocof édicte un nouveau décret de promotion de santé en 2016. L’arrêté d’exécution qui suit organise le dispositif. Celui-ci comprend : un comité de pilotage, une structure d’accompagnement, des services supports, des programmes et projets d’action. En 2017 sort le Plan stratégique de la promotion de la santé 2018-2022 qui fixe le cadre et les priorités. Le décret de 2016 a créé également une nouvelle section au Conseil consultatif bruxellois francophone de l’Aide aux personnes et de la Santé. La section « Promotion de la santé » a un rôle d’avis sur toute une série de questions, notamment sur les textes législatifs et les arrêtés de subvention.
(Extrait de « Législations » sur https://www.sacopar.be/points-de-reperes/ legislations/#1519207108235-d7270585-ac50

Regard d'un acteur de la première heure

Se pencher sur le chemin parcouru par la promotion de la santé à Bruxelles conduit inévitablement à devoir rencontrer beaucoup de professionnels de ce secteur et d’autres. Cet exercice serait incomplet si Question Santé, Service support en promotion de la santé, n’y apportait pas sa petite contribution. Patrick Trefois, ancien directeur de l’association, s’est volontiers prêté au jeu et a donné sa vision sur l’évolution du secteur en Région bruxelloise.

Au cours de ces 25 dernières années, il y a certainement eu quelques avancées, notamment législatives. Je pense par exemple au Décret relatif à l'offre de services ambulatoires et au décret francophone bruxellois de promotion de la santé.

Sur le terrain, les concepts de la promotion de la santé ont été partiellement acceptés par de nombreux acteurs de la santé et du monde politique. La notion de déterminants de la santé a gagné du terrain. Localement, de nombreux acteurs se parlent, échangent et agissent parfois de manière coordonnée. Mais rien n’est acquis et la stratégie d’advocacy reste une priorité d’action pour le secteur de la promotion de la santé.

Cependant, les évolutions me semblent lentes. La structuration des acteurs en silo de compétences, de métiers, de missions ne favorise pas une réelle approche intersectorielle et participative. Les logiques (institutionnelles notamment), les référentiels propres à chaque mé- tier de la santé et les habitudes de travail cloisonnées, la dispersion des efforts et des thématiques abordées restent autant d’obstacles à une cohérence de la politique régionale. Quand sera mis en place un réel programme de santé bruxellois, concret et opérationnel mettant l’ensemble des acteurs au travail autour de quelques objectifs opérationnels précis ? Un tel programme semble impératif face aux difficultés de financement, aux inégalités sociales qui vont en s’accentuant, tout comme la diversité linguistique et culturelle de la Région. Sans parler des conséquences sur la santé des changements climatiques, qui semblent peu anticipées.

Par ailleurs, il s’agit là d’enjeux considérables qui dépassent les possibilités d’action des seuls acteurs de la santé. Sans action régionale (et fédérale...) globale, ces derniers risquent une fois encore d’être en première ligne des difficultés et détresses vécues par la population, sans être armés par les pouvoirs publics pour y faire face. Ma crainte est que la politique du sparadrap et les interventions d’urgence ne se perpétuent.

 Pour agir localement, mais penser globalement

Il est tout simplement impossible de faire une rétrospective de la promotion de la santé au cours des deux dernières décennies sans évoquer le rôle du CBPS. Véritable cheville ouvrière du secteur, le centre bruxellois ancre la promotion de la santé dans les pratiques et participe à son rayonnement à Bruxelles.

Un décret relatif à la promotion de la santé, c’est très bien. Mais est-ce suffisant pour améliorer la santé et le bien-être de la population ? En 1997, au moment où le décret est publié, tous les acteurs (professionnels, pouvoirs publics, citoyens, etc.) comprennent-ils bien le concept de promotion de la santé ? Au tournant des années 2000, la ministre en charge de la santé1 trouvait pour sa part que la promotion de la santé restait toujours très confidentielle et peu connue des acteurs d’autres secteurs. Elle confie aux Centres Locaux de Promotion de la Santé (CLPS) la mission de mettre en place les Conférences locales. Pour le CBPS – ou ce qu’on appelle alors le Centre Local de Promotion de la Santé de Bruxelles –, il fallait déterminer ce qui pouvait être fédérateur. D’autant plus que Bruxelles a la particularité d’héberger sur son territoire de nombreux organismes et fédérations de secteurs très variés. Tout un processus a été mis en place pour organiser ces conférences. Le centre bruxellois a commencé par constituer des groupes de travail réunissant des professionnels de secteurs différents. Patricia Thiébaut, chargée de projets au CBPS : « Nous avons vraiment été attentifs à ce que les gens puissent co-construire quelque chose de ces conférences locales. La co-construction est un principe important pour nous, surtout quand il s’agit de mettre autour de la table des travailleurs d’horizons divers. Ce qui finalement n’était pas évident parce que les professionnels ne comprenaient pas bien ce qu’est la co-construction. Généralement, ils veulent très vite avoir des résultats... Nous les avons plongés dans les conditions d’expérimenter un peu ce qu’est la promotion de la santé ». Dans le cadre des Conférences locales, les participants ont donc travaillé la question de la participation (des usagers, des publics) et aussi expérimenté le fait de travailler en- semble dans le plaisir, un autre aspect auquel tient beaucoup l’équipe du centre. A la suite de ces Conférences locales, deux journées organisées les 13 et 14 décembre 2005 ont rassemblé plus de cent travailleurs de différents secteurs.

Anoutcha Lualaba Lekede


 1. Nicole Maréchal : Ministre de la Communauté française, chargée de l’aide à la jeunesse, de la santé et de l’aide sociale aux justiciables (1999-2004)


LA PROMOTION DE LA SANTÉ, DANS LES QUARTIERS

Depuis 1995, les éditions de la revue Bruxelles Santé ont régulièrement fait le point sur la situation d’un certain nombre de communes et de quartiers de Bruxelles quant à la promotion de la santé, l’accès à l’information dans ce domaine ou encore les initiatives prises par le tissu associatif pour donner à la population des outils pour mieux gérer sa santé et partant, sa qualité de vie. Bien souvent, ce sont des quartiers moins favorisés, dont les habitants sont marqués par les inégalités sociales de santé, qui ont ainsi été parcourus en compagnie d’acteurs locaux engagés sur le terrain pour tenter d’agir sur les déterminants de santé (logement, environnement, emploi...) et permettre la capacitation de leur public. Cette fois encore, nous avons arpenté les rues de Forest, d’Ixelles, des Marolles et de Molenbeek-Saint-Jean pour faire le point sur l’état de quelques quartiers de Bruxelles. Nous ne manquerons de poursuivre cette mission d’information dans les futures parutions de l’E-Journal Bruxelles Santé, dès le mois de mars.

Forest, du haut en bas

Commune contrastée, avec ses quartiers cossus et ses zones plus défavorisées, Forest connaît une évolution de sa population assez significative depuis quelques années : 16% d’augmentation entre 2005 et 20152. Mais si les nouveaux projets immobiliers relèvent du logement moyen, les inégalités sociales continuent d’exister, ce qui rend nécessaire
la structuration des actions en promotion de la santé autour des déterminants comme le logement, l’alimentation, l’environnement... Forest Quartiers santé s’y attelle depuis 1992.

Forest1 BS96A Forest, on parle du haut et du bas de la commune. C’est d’autant plus vrai pour cette localité, que la place de l’Altitude Cent et son église Art déco constituent le point culminant de la Région. Alternant quartiers résidentiels assez favorisés, tours d’immeubles autour de Forest-National et maisons de rangées à proximité de la place Saint-Denis, cette entité du sud-ouest de Bruxelles, bordée par le Ring et la Région flamande et jouxtant les communes d’Uccle, Ixelles, Saint-Gilles, Forest et Anderlecht, compte aujourd’hui 56.000 habitants, soit une augmentation de 16% de sa population en dix ans et une croissance des populations jeunes (+14% de jeunes entre 12 et 17 ans, +10% d’enfants en bas âge) pour lesquels les besoins en infrastructures adaptées (crèches, écoles...) se font sentir. La commune présente donc des réalités contrastées et accueille une population hétérogène sur le plan socio-économique. Mais si début des années 90, le délaissement de certains quartiers plus pauvres ont provoqué des réactions violentes de certains jeunes vis-à-vis des forces de l’ordre, depuis, la mise en œuvre des contrats de quartier, aujourd’hui durables, a permis des aménagements de l’espace urbain, un investissement accru dans l’aide à cette population fragilisée et l’émergence d’un tissu associatif plus dense et actif dans de nombreux domaines, dont la promotion de la santé.

Une commune qui change

Forest2 BZ96Quand on demande à Bruno Van Kelegom directeur de l’asbl Forest Quartiers Santé (FQS) active sur Forest depuis 1992, si la commune a beaucoup changé, il évoque une transformation importante, « avec une évolution démographique impressionnante, des nouveaux quartiers créés sur la commune et une nouvelle population qu’on ne connaît pas forcément. La construction de logements moyens n’est pas forcément accessible aux populations les plus modestes et les préoccupations de ces nouveaux habitants, mieux nantis, sont davantage environnementales, moins sociales. » Il relève également les importants investissements réalisés par les pouvoirs publics, notamment par le biais des contrats de quartier, qui ont permis d’agir sur le logement, les infrastructures et les équipements de proximité, les espaces publics, avec des leviers comme le soutien scolaire, l’insertion socio-professionnelle ou encore la prévention : « Ces programmes ont permis d’améliorer la vie dans plusieurs quartiers défavorisés de la commune3, avec la participation des habitants et des associations de terrain. »

Dès sa création, l’asbl FQS s’est concentrée sur l’amélioration de la santé et de la qualité de la vie des citoyens. Issue d’une réflexion des maisons médicales et des maisons de quartier, confrontées à des difficultés fragilisant l’état de santé des populations (comme le chômage, l’isolement, la précarité en matière de logement, le surendettement, mais aussi le surpoids ou le diabète), elle s’est donné pour mission de s’intéresser à ces fac- teurs qui déterminent la santé des individus. Depuis 1992, elle propose toute une série d’animations, d’ateliers de santé communautaire, d’activités sportives et culturelles, mais aussi un Espace Numérique dans ses locaux et au sein des associations locales. Elle s’investit également dans l’animation de réseaux et la concertation locale, organise des formations et réalise des recherches-actions dans le do- maine de la promotion de la santé.

Nathalie Cobbaut


 2. Voir le rapport de l’Ibsa et de l’Observatoire de la santé et du social sur la commune de Forest, édition 2016, accessible en ligne : https://www.ccc-ggc.brussels/sites/default/files/documents/graphics/fiches-communales/2016/forest_fr.pdf
3. Saint-Denis en 2006-2010, Saint-Antoine (2008-2012), Primeurs-Pont de Luttre (2009- 2013), Albert (2012-2016), Abbaye de Forest (2014-2018), Wiels-sur-Senne (2017-2022/2025)


 La promotion de la santé toujours à l’œuvre dans le Vieux Molenbeek

Il y a presque ving ans, Bruxelles Santé s’était penché sur ce quartier historique de Molenbeek-Saint-Jean. Les défis pour améliorer la santé et le bien-être de la population y étaient nombreux. Des partenariats locaux s’étaient mis en place pour trouver des pistes d’améliorations. Deux décennies plus tard, comment les choses ont-elles évolué ? Pour le savoir, nous avons été frapper à la porte de la maison médicale Norman Béthune, toujours très engagée dans l’action communautaire dans cette partie précarisée de la commune.

Le Vieux Molenbeek, c’est ce quartier coincé entre le canal et la Gare de l’Ouest caractérisé par une densité de population très élevée et constitué essentiellement d’un bâti ancien. Molenbeek connaît en effet son heure de gloire au 19e siècle lors de la révolution industrielle. La grosse industrie va s’installer là et, avec elle, toute une population ouvrière. Très vite, Molenbeek devient la commune suburbaine la plus peuplée. Après la Seconde Guerre mondiale, la grande industrie émigre et cesse son activité. Les quartiers se vident peu à peu de leurs habitants ; seuls restent les plus défavorisés, les personnes âgées et les étrangers aux revenus modestes. Le déclin va se poursuivre et, à la fin des années 70, les handicaps se sont cumulés : économiques (chômage), sociaux (insécurité, conflits intergénérationnels et intercommunautaires), culturels (analphabétisme) et urbanistiques (délabrement des voiries, insalubrité des logements, etc.)4 ... Les autorités publiques vont réagir. Depuis 1993, 13 contrats de quartiers ont été lancés dans la commune, tous dans l’est où se situe, entre autres, le quartier historique. « Les investissements ont été réalisés essentiellement au niveau de l’aménagement de l’espace public, des infrastructures sociales, du logement et, dans une moindre mesure, dans le tissu économique et social. »5 Cependant, au niveau des logements, les efforts réalisés restent insuffisants au regard des besoins. Dans le quartier historique, les bâtiments anciens restent en effet très nombreux et abritent encore une population défavorisée. « La précarité financière d’une grande partie de la population se traduit et se reproduit au travers des conditions de logement, particulièrement dans les quartiers densément peuplés où le bâti est ancien et ce, tant dans le parc résidentiel privé que social. Alors que les familles nombreuses sont surreprésentées à Molenbeek-Saint-Jean, les logements spacieux adaptés sont au contraire sous-représentés, ce qui engendre des problèmes de surpeuplement important dans les logements. Les familles les plus précarisées, souvent avec de jeunes enfants, sont concentrées dans ces quartiers affichant les loyers les plus bas de la Région, ou dans les quartiers de logements sociaux. »6 Avec les conditions de vie de la population qui se sont détériorées au fil du temps, plusieurs associations ont commencé à travailler à l’amélioration. Cet objectif les a amenés à mettre sur pied des partenariats.

En 2000, un nouveau partenariat, « Laag-Molenbeek Gezond » ou « Molenbeek en santé », voit le jour. Il s’agit d’une initiative du Logo Brussel (Vlaamse Gemeenschapscommissie, VGC). L’idée : faire des projets santé dans les quartiers avec les partenaires locaux. L’initiative est bien accueillie par ces derniers, notamment par la Maison médicale Norman Béthune qui pendant longtemps a assuré la coordination Santé dans le Vieux Molenbeek. En effet, le Logo Brussel amène un coordinateur, du matériel et des sous. Sophie Fievet, assistante sociale à Norman Béthune : « Ils apportent ce que nous n’avions pas. Jusque-là, c’était quelque chose de très modeste et entièrement basé sur la bonne volonté des travailleurs. Là, ça devenait plus... institutionnalisé ? L’ancienne coordination a donc été reprise par "Molenbeek en santé" ». Les travailleurs autour de la table réfléchissent à l’orientation à donner à leurs actions et décident de mener une enquête qui permettrait : primo, de dresser le portrait santé des quartiers et, secundo, d’ouvrir vers d’autres qui ne se trouvaient pas dans la coordination. L’enquête a été réalisée auprès des professionnels de terrain de tous les secteurs du Vieux Molenbeek, ainsi qu’auprès des habitants fréquentant les institutions du tissu associatif et les membres des associations molenbeekoises. « Le but était de voir quels étaient les déterminants de santé et ce qu’il était possible de faire avec les énergies présentes, poursuit Sophie Fievet. Ce n’était pas une démarche scientifique, mais c’était une enquête de terrain, participative, avec des habitants. »

L’enquête s’étale sur plusieurs mois et va mettre en exergue une multitude de problèmes dont seuls quelques-uns seront cités à titre d’exemples. Il s’agit notamment de problèmes respiratoires avec un déterminant majeur qui est le logement, avec des problèmes sous-jacents que sont l’intoxication au monoxyde de carbone (CO) et la présence de moisissures. Les problèmes psychiques sont également très présents avec les difficultés liées à l’emploi – ou non emploi –, à l’insuffisance des ressources financières, aux conditions sociales au sens large. Tant chez les jeunes que chez les adultes, des problèmes de sommeil sont évoqués. Auxquels s’ajoutent des problèmes de surpoids, de diabète, de poly-caries. On note aussi des problèmes dans le domaine gynécologique tels qu’une absence de suivi de grossesse, etc. Sophie Fievet : « En groupe, nous avons choisi de mener des actions d’ordre préventif qui étaient faisables, réalistes et tenaient compte des énergies disponibles. Il est vrai que nous faisons un choix et celui-ci est quelque part orienté par les gens présents autour de la table, par l’énergie qu’ont les uns et les autres. Déterminer la faisabilité est important : il faut être réaliste parce que nous ne pouvons pas tout faire. Tous les problèmes sont importants et poser un ou des choix est toujours difficile. Nous avons donc mené plusieurs actions de sensibilisation, de prévention pensées avant tout pour être des actions interactives avec la population. En fait, nous avons mis l’accent sur des activités très concrètes. Pour cela, nous avons demandé l’aide d’ambassadrices... ». Les ambassadrices – et les ambassadeurs puisqu’il y en a aussi eu – sont des habitants qui ont une habitude du tissu associatif, ont envie de faire bouger les choses, de participer. Dès le départ, ils ont été associés à tout, à la construction des animations, des ate- liers (avant, pendant ainsi que pour l’évaluation).

 Monoxyde de carbone et moisissures, des problèmes tenaces

Plusieurs projets et actions ont été menés au fil des années, certains ont été suspendus comme « Propreté et verdurisation du quartier », « Sensibilisation à une alimentation équilibrée », etc. Il est bien question de suspension et non d’arrêt, parce que, s’ils ne sont plus réalisés au sein de la coordination, certains continuent notamment au sein de la maison médicale. Comme le note Sophie Fievet : « C’est vraiment en fonction de l’énergie disponible parce que le partenariat de 2000 n’est plus le même. Une suspension ne s’explique pas seulement par le fait que les travailleurs changent, mais aussi parce que nous voyons qu’il existe désormais suffisamment d’activités autour de ce thème et ce n’est donc plus la peine. L’idée du partenariat était d’insuffler de nouvelles actions. Si, à certains moments, des associations reprennent ces thèmes, tant mieux. Cela permet de passer à d’autres choses. L’idée en fait était pré- sente dès le départ : unir des énergies, penser à des outils communs, lancer des actions pour qu’elles soient prises en charge par d’autres organisations... » Il peut s’agir d’associations ou d’habitants. Bien souvent, ces derniers doivent continuer de bénéficier d’un coup de main d’une association, autrement c’est souvent plus difficile.

Le partenariat associatif dans le quartier historique est entré dans une nouvelle phase. Après presque vingt ans, les partenaires de « Molenbeek en santé » veulent savoir si le portrait santé dressé alors est toujours d’actualité. Du côté de Norman Béthune, on souligne que les problèmes dus au CO sont toujours présents, des gens continuent malheureusement à être hospitalisés, voire à décéder. L’humidité aussi reste un gros problème dans le Vieux Molenbeek. Mais peut-être existe-t-il aujourd’hui d’autres difficultés à prendre en compte. Sophie Fievet : « Nous avons soumis les anciens problèmes à différents groupes de professionnels en leur demandant : les problèmes listés en 2000 existent-ils encore et quels sont les nouveaux ? Nous sommes occupés à cela depuis six mois et cela devrait prendre encore du temps... Cette nouvelle enquête nous permettra de réorienter nos actions. Peut-être de les continuer, mais peut-être aussi d’en ajouter d’autres, etc. ». Ce qui est certain, c’est que la promotion de la santé semble bel et bien inscrite dans les pratiques du tissu associatif molenbeekois et continue de faire ses preuves pour apporter davantage de bien-être dans un des quartiers bruxellois qui en a bien besoin.

Anoutcha Lualaba Lekede


 4. « En direct de... Le Vieux Molenbeek », Bruxelles Santé n° 18, asbl Question Santé, juin 2000, p. 3.
5. Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse et Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (Commission communautaire commune), 2016, Zoom sur les communes : Molenbeek-Saint-Jean, pp. 5-6.
6. Idem, p. 9.


Au cœur des Marolles, un lieu d’accueil et de soins 

Qui ne connaît pas le quartier des Marolles, avec son marché aux puces, ses cafés et restos populaires et ses ruelles où les touristes aiment flâner et se poser à une terrasse de café ? Une réalité qui contraste avec le quotidien de bien des habitants de ce quartier qui cumulent les difficultés sociales et de santé. Lorsqu’ils passent la porte de l’Entr’Aide des Marolles, ils trouvent un lieu où ils peuvent se poser, se faire soigner, recevoir une aide sociale ou psychologique et apprendre pour s’émanciper. Et ce, depuis 1926.

Marolles1 BS96Les habitants du quartier le disent : les Marolles ont changé, accueillent un nouveau public, de nouveaux habitants, de nouveaux commerces plus « bobos », plus branchés. Et pourtant le côté populaire des Marolles est toujours bien présent, comme quartier de passage pour des personnes arrivées récemment en Belgique et d’ancrage pour ses habitants de plus longue date. Pour François Baufay, directeur de l’Entr’Aide des Marolles, « La population de ce quartier voit sa situation se dégrader d’année en année. Le logement social très présent dans le bas des Marolles y est assez vétuste et là où il est en cours de rénovation, les occupants sont maintenus dans les lieux, ce qui a des répercussions sur leur santé. Sur le plan social, on rencontre davantage de personnes désinsérées, exclues du système de sécurité sociale. En cause : les mesures d’exclusion du chômage, mais aussi d’autres types d’aide accordées par les CPAS. L’accès aux soins de santé via les cartes médicales ou l’aide médicale urgente est de plus en plus strict et demande des démarches administratives difficiles à entreprendre pour notre public. On a l’impression que partout on serre la vis, avec des personnes en souffrance, qui ne s’en sortent plus et viennent demander de l’aide chez nous car notre politique est d’être le plus accessible possible. Les patients qui consultent ici viennent sou- vent en raison de leur mauvais état de santé, ce qui limite le nombre de patients pris en charge. Autre difficulté : la fracture numérique qui fragilise les plus démunis et les excluent encore davantage. »

Une aide plurielle

Comme d’autres services sociaux et médicaux actifs sur ce petit territoire situé en contrebas du Palais de justice et coincé entre le Sablon, la Porte de Hal et la gare du Midi, l’Entr’Aide des Marolles apporte son aide à cette population, depuis plus de 90 ans. A l’origine, c’est une équipe de douze travailleuses bénévoles qui se rend au domicile des familles les plus nécessiteuses. Dès 1931, l’asbl « Entr’Aide des travailleuses » est créée, offrant des consultations médicales et sociales, toujours basées sur le bénévolat, et abritant les consultations de l’ONE. Depuis cette époque, l’offre s’est structurée avec une maison médicale au forfait qui propose des soins médicaux, infirmiers, en kinésithérapie et en dentisterie et prend également en charge les patients envoyés par le CPAS, soit 30% de la patientèle. Elle se veut ouverte à tous, même ceux qui sont hors système et non couverts. A côté de la maison médicale, on trouve un CASG (Centre d’action sociale globale) qui emploie six assistants sociaux qui suivent et accompagnent les usagers dans leurs démarches individuelles. Au-delà du suivi personnel, l’Entr’Aide propose aussi des activités collectives. C’est le cas du groupe Bien-être qui s’adresse aux femmes du quartier, du groupe Hommes des Marolles ou encore des séances collectives Conso-Malin. La promotion de la santé y est appréhendée comme démarche transversale, avec pour points d’attention la santé, la nutrition, l’activité physique ou encore la prévention en matière de vaccination. La maison organise également un service psychologique, avec des séances individuelles et de groupe, qui n’est toujours pas reconnu comme service de santé mentale, malgré une demande introduite depuis 2008. Quatrième axe de l’Entr’Aide : les cours de français et d’alphabétisation, organisés pour les personnes qui fréquentent la maison et comme opérateur linguistique BAPA (Bureau d’accueil des primo-arrivants). L’Entr’Aide est également partenaire du Réseau Santé mentale Marolles, avec le Centre de guidance de l’ULB et les maisons médicales des Marolles et du Miroir ; elle participe aussi au Réseau Santé Diabète actif sur le quartier avec treize autres acteurs de terrain.

Marolles2 BS96Quelque septante personnes travaillent dans cette structure qui se veut avant tout un lieu d’accueil et d’ouverture sur le quartier. Comme le soulignent Cristina Ornia, responsable de la maison médicale, et François Baufay, directeur, « L’Entr’Aide est un lieu que les habitants du quartier fréquentent pour des tas de raisons différentes, mais sans pour autant avoir une étiquette. Quand ils passent la porte, personne ne sait s’ils viennent chez le psy, le médecin, l’assistant social ou suivre un cours de gym. Le fait que l’on propose une aide pluridisciplinaire permet aussi d’orienter les personnes vers d’autres services si le besoin se fait sentir. Dans le quartier, l’Entr’Aide est un repère/ repaire.»

Un nouveau plan quinquennal

La promotion de la santé a son histoire dans l’institution : Cristina Ornia resitue son apparition à l’Entr’Aide en 2006, « avec le groupe Bien-Etre destiné aux femmes du quartier, basée sur une pratique communautaire soutenue par la Communauté française, à l’époque. Ensuite il nous a été demandé de travailler davantage dans la transversalité dans le cadre du deuxième programme. Le financement était alors destiné à la deuxième ligne : on a donc développé des projets entre services, au bénéfice du public. Le troisième projet a porté sur l’ouverture de ces activités au quartier, avec des projets en partenariat avec la maison médicale des Marolles et dans les antennes des CPAS. On a réalisé des focus groups pour aborder avec le public leurs trajets de soins et l’accessibilité de ceux-ci pour ensuite créer un groupe ouvert, où il n’y a plus de professionnels invités, mais où l’on travaille en horizontal. Jusque l’été dernier, nous avions aussi le projet Carrefour santé où un médecin bénévole s’installait deux fois par semaine dans la salle d’attente de la maison et parlait avec le public présent de leur santé ».

Avec le stand still en matière de promotion de la santé, les choses ont été un peu compliquées, mais le nouveau plan 2018-2022 et l’appel à projets ont permis à l’Entr’Aide de se lancer sur cinq nouveaux projets transversaux, avec le défi d’y inclure tous les professionnels de la maison. Le timing durant l’été 2017 a été assez serré pour y travailler, mais les thématiques retenues dans le cadre du programme « Vivre en santé dans le quartier des Marolles » sont les suivantes : la prévention des maladies sexuellement transmissibles, VIH et hépatite C, la vie sexuelle et affective des femmes, les addictions aux drogues licites (alcool et benzodiazépines), l’accessibilité aux soins pour les personnes sans couverture sociale et l’approfondissement des actions communautaires. Comme le souligne François Baufay, « des rencontres en interne ont eu lieu pour sensibiliser les différents services de la maison, puis des groupes de travail ont été constitués, pour croiser les représentations, les regards des professionnels et orienter les thématiques selon des collaborations entre les services. » Un travail riche de rencontres qui devraient déboucher sur des projets concrets et adaptés au public qui fréquente l’Entr’Aide.

N. Cobbaut

De Matonge à la place Flagey : des pratiques de promotion de la santé ? 

En vingt ans, Bruxelles a changé à bien des égards et un certain nombre de ses quartiers aussi. Sur le plan urbanistique par exemple, l’axe qui relie les quartiers Matonge et Flagey ne présente certainement plus le même visage. Mais Matonge-Porte de Namur reste toujours le quartier africain de Bruxelles et la place Flagey, un des lieux incontournables de la Capitale. Surtout connus pour leurs activités commerciales et culturelles, ces deux quartiers le sont moins pour ce qui relève de la santé et du bien-être. Bruxelles Santé qui s’y était intéressé par le passé s’est de nouveau penché sur la question.

Matonge Flagey BS96Pour vous Matonge, c’est cette partie de la chaussée de Wavre qui héberge de nombreux commerces de produits africains, salons de coiffure, agences de voyages spécialisées dans les destinations africaines... ? En réalité, le quartier officiellement reconnu par la commune d’Ixelles est plus large et représente un ensemble de 27 rues qui entourent la chaussée d’Ixelles et la chaussée de Wavre7. Quartier commerçant, Matonge est aussi et surtout un lieu de rencontres pour les membres de la communauté africaine. A la commune, on reconnaît volontiers que c’est un lieu de passage, où l’on vient faire ses courses, se coiffer, boire un verre, etc. C’est un lieu de vies diurne et nocturne intenses, un lieu de fêtes avec les boîtes de nuit. Pour les Africains de Belgique ou de passage, Matonge est une destination quasi obligatoire. Des visites touristiques s’y organisent également. Malgré cette vie haute en couleurs et son importance pour la diaspora, très peu de commerçants et d’Africains y résident finalement. Ils sont peu nombreux à le souhaiter, le quartier ayant plutôt malheureusement aussi mauvaise réputation. Cette image est notamment colportée par les médias. Impossible de passer une année sans que des articles et reportages n’évoquent des problèmes de drogues, de propreté et d’hygiène sur la voie publique et dans les restaurants, d’agressions et/ou de bagarres qui dégénèrent. Cette mauvaise image a également été alimentée par les contrôles musclés menés par la police à une certaine époque, les confrontations violentes avec celle-ci, ainsi que des rares émeutes à la suite de l’une ou l’autre manifestation... Pas vraiment de quoi encourager à s’établir dans le quartier. Il faut dire que la politique communale menée à l’égard des étrangers n’y était pas étrangère non plus. Actuellement, le trafic de drogues et les immondices sur la voie publique restent des réalités. Que fait la commune pour remédier à ces difficultés ? Cédric Strebelle, évaluateur interne au sein du Service Prévention d’Ixelles : « Il est difficile – quels que soient les quar- tiers et les populations – de travailler avec une population qui vient essentiellement là pour ses courses et ses loisirs. On peut plus facilement travailler avec des gens qui habitent un quartier, qui ont une attache sur place : ils ont une disponibilité, un moment dans leur quotidien pour le faire. Si des besoins sont identifiés au sein de la communauté africaine, ils doivent essentiellement être travaillés dans les quartiers où ils résident. On ne peut évidemment tout reporter sur les quartiers d’habitation et on devrait pouvoir faire aussi un travail au sein des quartiers ixellois, mais cela reste difficile pour les raisons déjà évoquées. » Il faut noter qu’Ixelles n’a pas de travailleurs présents dans ce quartier. Les travailleurs de terrain, essentiellement les éducateurs de rue et les gardiens de paix, ont peu de contacts avec les publics africains... Il faut remonter loin dans le temps pour trouver la présence d’une médiatrice sociale engagée pour travailler dans le quartier. Cette dernière avait été engagée à la suite de la résurgence de problèmes tels que le tapage nocturne, l’hygiène dans les lieux publics et la petite délinquance. L’antenne n’existe plus. Le tableau donné... est loin d’être reluisant ? Du côté de la commune, on tempère. « Le quartier Matonge continue de vivre et à bien vivre, explique Cédric Strebelle. C’est un quartier de sorties, de fêtes, avec une grande densité de population. Et, de fait, comme tous les quartiers festifs, cela génère une série de nuisances liées à la vente de drogues. C’est un lieu connu pour ça et cela se fait parfois en générant des nuisances. C’est une dynamique qui dépasse le quartier. On en viendra probablement à bout un jour quand en Belgique, on révisera l’approche en matière de drogues... On parle de plus en plus par exemple des salles de consommation à moindre risque, c’est une bonne avancée. » Pour la propreté qui reste problématique, différentes opérations ont été menées auprès des commerçants : des informations pour les inviter à se mettre en ordre (notamment, en signant des conventions avec Bruxelles-Propreté), des journées pour la mise en ordre des sociétés car beaucoup de commerces avaient le statut d’asbl. Difficile aussi de travailler avec les commerçants car souvent dans les boutiques, sa- lons et restaurants, ce sont des employés qui sont présents. Quid des propriétaires ? Les autorités communales soulignent souvent tout le mal qu’elles ont pour entrer en contact avec les (véritables) propriétaires... Nébuleuse Matonge ? Si peu de personnes de la communauté y résident, beaucoup d’Ixellois par contre y vivent. On pourrait penser que des tensions entre ces derniers et les autres (commerçants, chalands, etc.) peuvent exister. La commune indique volontiers qu’il n’y a pas énormément de plaintes de la part des riverains, outre celles déjà mentionnées. Au niveau du Service Prévention, un sondage réalisé auprès de la population a montré qu’il n’y avait pas de sentiment d’insécurité particulier. Globalement, ceux qui habitent le quartier s’y sentent bien. Et Matonge n’est pas un lieu où il existe plus de problèmes qu’ailleurs.

Qu’en est-il du tissu associatif ixellois ? De la promotion de la santé dans ce quartier ? Dans un article de 2003, la présence de plusieurs associations œuvrant dans le quartier avait été soulignée. Cependant, elles ne travaillaient pas nécessairement ensemble. La Coordination sociale d’Ixelles par exemple existait déjà mais les associations qui travaillaient dans le domaine de la santé ou dans le domaine culturel n’y étaient pas ou peu représentées. De même, peu d’actions communautaires ont été menées par les habitants8. A l’époque, l’administration et les autorités communales n’avaient pas l’habitude de travailler avec le tissu associatif ixellois9...

En direction de la place Flagey

Le tronçon entre les quartiers Matonge-Porte de Namur et Flagey a subi ces dernières années une profonde restructuration. Contents les Ixellois ? Pas tout à fait à voir les plaintes des riverains rapportés par la presse. Notamment ceux habitant entre la place Fernand Cocq et la place Flagey qui se sont sentis abandonnés par les politiques publiques en termes d’entretien, d’aménagement et inquiets parce que les commerces fermaient les uns après les autres. La présence de nombreux tags n’aident pas non plus à apprécier l’environnement de cette partie de la commune. L’administration et les autorités communales espèrent que le quartier redeviendra plus agréable à vivre avec la diminution de la circulation suite aux travaux d’aménagements. Elles notent en tout cas une redynamisation économique, avec de nouveaux commerces qui ouvrent aux alentours de la Place Flagey. Elles sont aussi conscientes que les commerces des rez-de-chaussée ne sont pas suffisants et que tout l’enjeu est de maintenir une mixité des usages. Voilà pour la restructuration de cette partie d’Ixelles et de son impact sur ses habitants. En sait-on davantage sur ces derniers ? Quel est leur profil socio-économique par exemple ? Dans la commune d’Ixelles, celui-ci est diversifié, mêlant ménages de classes populaires, moyennes et aisées, voire très aisées. Les quartiers du nord d’Ixelles (Matonge, Flagey-Malibran) ainsi qu’une partie du
quartier Université abritent des per- sonnes qui disposent en moyenne de plus bas revenus10. Une association comme le Centre de Service Social de Bruxelles Sud-Est rencontre des personnes très précarisées, parfois exclues et sans droit et bien souvent en situation de grande vulnérabilité. Les problèmes rencontrés par ce public sont variés. Les réponses apportées par Bruxelles Sud-Est sont tant individuelles que collectives. En 2018 par exemple, le centre a mené une dizaine d’actions communautaires. Si la plupart parlent d’elles-mêmes, il y en a d’autres comme Co-create qui se démarquent. Il s’agit d’une initiative d’Innoviris, l’Institut bruxellois pour la Recherche et l’Innovation, qui finance des projets de recherche-action participative ayant pour thème la résilience urbaine.

Il existe dans la commune d’Ixelles une diversité de projets portés par des par- tenaires locaux. S’ils ne sont pas tous étiquetés « promotion de la santé », ils en utilisent en tout cas les outils en vue d’améliorer le bien-être des publics ixellois concernés : concertation, co-construction, intersectorialité, participation, etc. Finalement, ne peut-on pas aussi dire que peu importe les termes, à partir du moment où toutes les actions menées tendent vers le même objectif ?

Anoutcha Lualaba Lekede


 7. « En direct de... Matonge-Ixelles », Bruxelles Santé n° 12 (décembre 1998), asbl Question Santé, p. 4.
8. Il y avait bien eu « Ixelles en noir et blanc », un projet communautaire mené par des associations et des habitants. Etalé sur deux ans, ce projet commençait par un diagnostic du quartier du point de vue de la qualité de vie, en prenant en compte tous les éléments pouvant l’affecter. Le moyen principal utilisé était le reportage photo.
9. « De la Porte de Namur à la Place Flagey », Bruxelles Santé n° 30 (Juin 2003), asbl Question Santé.
10. Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse et Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (Commission communautaire commune), 2016, Zoom sur les communes : Ixelles, p. 6.

Partager