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Violences conjugales : victimes et professionnels sous tension

« Les services d’aide restent disponibles », tel est le message véhiculé par la dernière campagne contre les violences conjugales et intrafamiliales. Rien ne justifie ces violences, encore moins le confinement dû au coronavirus. L’enjeu est tout simplement d’éviter que les victimes se retrouvent complètement isolées.

Le nombre d’appels sur la ligne d’écoute pour les victimes de violences conjugales a considérablement augmenté au fil des semaines du confinement. A la fin de la quatrième semaine, le numéro gratuit 0800 30 030 avait enregistré trois fois plus d’appels que d’habitude. Doit-on voir dans ces chiffres, une confirmation des craintes qui existaient avant et au début du confinement, à savoir une forte augmentation des violences ? Une analyse de ces appels montre qu’une partie importante de ceux-ci sont le fait de proches (famille et amis) inquiets de ne pas ou plus avoir de nouvelles. Viennent ensuite les appels d’autres structures de première et deuxième lignes et des médias, tous en quête d’informations. Puis seulement les appels des victimes peuvent être comptabilisés.

« Les appels sont beaucoup plus courts qu’avant et aussi plus stressants »

« Elles nous appellent plus difficilement qu’avant parce que leur compagnon est toujours là, au domicile », confie Jean-Louis Simoens, le coordinateur de la ligne d’écoute. Ces appels sont aussi plus courts et plus stressants. Les victimes sont beaucoup plus directes dans leur propos. Avant, elles pouvaient mettre une demi-heure, voire quarante-cinq minutes avant d’aborder le sujet des violences. A présent, nous avons dix à quinze minutes, si tout va bien, pour développer. Et très vite, nous devons faire face à des personnes qui sont dans des états de panique ou d’angoisse. Cela nécessite de travailler différemment. »

Survivre en foyer hostile

Au niveau de la ligne d’écoute, l’accent est mis sur l’accompagnement dans l’urgence et certains états extrêmes. Jean-Louis Simoens : « Nous allons accompagner les victimes dans le développement de compétences et de ressources au cœur de la situation problématique qu’elles vivent. Par contre dans l’immédiat, nous n’envisageons pas avec elles une porte de sortie, parce que ce n’est pas le moment, même si cela est nécessaire parfois. Nous essayons de voir comment elles peuvent faire pour gagner du temps, diminuer l’impact, être stratégiques, etc. Nous le faisons ensemble parce que nous les considérons comme les expertes de leur vécu ».

A l’autre bout du fil, l’épuisement guette
Avec le confinement, la ligne d’écoute, comme tant d’autres services, a aussi dû se réorganiser. Avec des écoutants confinés chez eux, comment continuer d’offrir une oreille aux victimes, leurs proches et tous les autres ? Et surtout comment faire quand les expériences des pays comme l’Italie et l’Espagne, qui avaient un peu plus d’avance sur la crise du Covid-19 et le confinement, indiquaient qu’il y avait une montée des situations de violences conjugales ? Une plateforme informatique, créée en deux jours, a permis à la ligne d’écoute de continuer de fonctionner. Sa capacité a été doublée, mais le nombre d’appels important impose de longues journées de travail aux écoutants. Le constat au bout de quatre semaines est que ces professionnels aguerris étaient déjà épuisés émotionnellement. Quid de l’avenir ?...

Une campagne pour lutter contre l’isolement

Pour répondre aux risques d’amplification des problèmes de violence durant la période de crise sanitaire et de maintien à domicile, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie, la Région de Bruxelles-Capitale et la Cocof ont mis en place une Task force « Violence conjugale et intrafamiliale ».  En partenariat avec les acteurs de terrain, le groupe assure un suivi de la situation des infrastructures d’accueil et de soutien. Le but est de mettre au jour les besoins, les urgences rencontrées et d’y apporter une réponse rapide et efficace. Il vise aussi à relayer les informations et à sensibiliser tous les acteurs concernés. Une de ses premières actions a été de lancer une campagne pour rappeler les numéros des services d’urgence, d’écoute et de soutien à la disposition des victimes de violences conjugales et intrafamiliales (Voir affiche).

Encore plus isolées
Comme le rappelle le coordinateur de la ligne d’écoute, le confinement est évidemment extrêmement défavorable puisque les victimes sont isolées. Elles sont isolées de leur « réseau de protection » qui est généralement constituée de membres de la famille, des amis et autres proches, soi des personnes extérieures au couple qui peuvent « avoir un regard sur ce qui s’y passe et réguler un minima ». Ce réseau offre une réelle protection en temps normal quand les victimes sont en difficulté dans leur couple. Elles peuvent aller se réfugier, quand elles en ont la possibilité, chez leurs parents, une sœur, un frère ou des amis. Avec le confinement, ce filet de protection a disparu et les laissent seules et encore plus vulnérables face à un partenaire violent.

Conclusion 

Rappeler que les services d’urgence, d’écoute et de soutien sont disponibles, c’est tout faire pour garder le lien avec les personnes plus vulnérables de notre société. Il s’agit tout simplement d’éviter que leur situation ne se dégrade davantage. Car c’est ensemble qu’il faut sortir des périodes difficiles, et non pas avec des vies en moins ou totalement brisées.

Ecoute Violences Conjugales
0800 30 030 (Numéro gratuit 24/7 et Anonyme)
Contact : Jean-Louis Simoens - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Tél. : 04 275 09 35 - Mobile : 0494 89 16 85
Site : https://www.ecouteviolencesconjugales.be/

Anoutcha Lualaba Lekede

La dernière campagne contre les violences conjugales et intrafamiliales rappelle que « Les services d’aide restent disponibles ». L’expérience des pays étrangers touchés par le Covid-19 montre en effet que le confinement semble être une période délicate…

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