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La santé des jeunes bruxellois ? Pas « lol ! »

Il serait sans doute plus juste de dire, à la lecture des résultats de la dernière enquête HBSC, que la santé des élèves de la Région de Bruxelles-Capitale n’est ni réjouissante, ni dramatique. S’il fallait donner une note scolaire, on pourrait dire… cinq sur dix ? Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que cette étude fournit aux professionnels de précieuses pistes pour améliorer la santé des jeunes de la capitale.

L’enquête en quelques mots
Conduite dans près de cinquante pays sous le patronage du Bureau Régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’Europe, l’enquête internationale « Health Behaviour in School-aged Children » (HBSC) a pour objectif de collecter des informations sur les comportements de santé, l’état de santé et le bien-être des adolescents. Réalisée tous les quatre ans, elle a signé sa onzième édition en 2018. En Belgique francophone[1], des adolescents scolarisés de la 5e primaire jusqu’à la fin du secondaire ont ainsi été interrogés sur différentes thématiques de santé telles que l’alimentation, l’activité physique, la sédentarité et le sommeil.

« Fruits et légumes » ou « Chips et sucreries » ?

Un des premiers constats en ce qui concerne l’alimentation est que certains comportements des jeunes sont plus favorables à la santé que d’autres.

Comportements favorables. Près de la moitié des élèves bruxellois ont ainsi déclaré consommer quotidiennement des fruits (43,9%) et un peu plus de la moitié, des légumes (51,1%). De plus, 69,7% d’entre eux ont consommé au moins une fois par jour des produits laitiers. Les filles ont été proportionnellement plus nombreuses que les garçons à consommer quotidiennement des légumes (54,3% vs 48,1%) tandis que les garçons ont été plus fréquemment des consommateurs quotidiens de produits laitiers. Autre différence notable : les élèves de 5e-6e primaires ont consommé plus souvent des fruits, légumes, pains gris, complet ou multicéréales, et des produits laitiers chaque jour, que ceux du secondaire.

Comportements défavorables. Un quart des élèves bruxellois ont confié consommer quotidiennement des sucreries (25,8%), des boissons sucrées (26,3%) et, de façon hebdomadaire, des repas provenant de fast-food (25,9%). De plus, 17,6% d’entre eux ont indiqué manger des chips et des frites tous les jours. Ici aussi, on observe une différence entre filles et garçons. Les premières ont été proportionnellement plus nombreuses que les seconds à consommer quotidiennement des sucreries (29,2% vs 22,5%). Les garçons ont été quant à eux un peu plus attirés par des boissons sucrées et énergisantes que les filles (respectivement, 28,6 vs 24,0% et 6,2% vs 3,9%). Enfin, les élèves des 5e-6e primaires ont été plus friands des frites et des chips que ceux du secondaire[2]… Inquiétant ?

Le sport, le sommeil, le tabac… ?

En matière d’activité physique et de sédentarité, l’enquête révèle que près de la moitié des élèves bruxellois ont déclaré pratiquer un sport au moins trois fois par semaine pendant leur temps libre (48,9%). Toutefois, seuls 15,9% ont eu une activité physique quotidienne d’au moins soixante minutes par jour et, 12,2%, un niveau d’activité physique global suffisant (selon la définition de l’OMS). Pour se rendre à l’école, 28,6% ont utilisé un moyen de transport actif (à pied, à vélo, en trottinette, en rollers ou en skate). Sans surprise, le temps passé chaque jour devant tous les écrans confondus est important. Près de la moitié d’entre eux ont joué minimum deux heures par jour à des jeux vidéo en semaine, et les deux tiers ont regardé plus de deux heures par jour la télévision en semaine. Ce sont les mêmes constats pour l’utilisation d’Internet, sinon que les filles en étaient de plus grandes utilisatrices que les garçons.

Faut-il voir un lien entre le temps passé devant les écrans et ce que révèle l’étude à propos du sommeil des élèves bruxellois ? Elle montre avant tout que si un peu plus de la moitié des élèves bruxellois avaient une durée de sommeil suffisante (54,8%), une majorité (55,3%) a par ailleurs déclaré ressentir une fatigue matinale. Et un tiers d’entre eux (36,5%) ont signalé avoir des difficultés pour s’endormir plus d’une fois par semaine.

Enfin, les réponses fournies à propos de la consommation du tabac, de l’alcool et drogues sont-elles… plutôt rassurantes ? En effet, les chiffres restent relativement peu élevés au regard de ce qui est observé en Wallonie, et de ceux présentés ci-dessus. Même si les 2e-3e degrés du secondaire constituent le groupe qu’il convient de tenir à l’œil… en particulier en ce qui concerne l’expérimentation des drogues qui a, elle, augmenté.

Au boulot !

Les jeunes bruxellois ont aussi été interrogés sur leur bien-être (p.e, leur satisfaction par rapport à la vie et leur apparence physique), leurs relations sociales ainsi que sur leur vie amoureuse. Là aussi, les résultats sont mitigés. Pour terminer, on peut dire que la onzième édition de l’étude HBSC montre, au cours du temps, certaines améliorations et une détérioration d’autres indicateurs. Elle doit donc surtout être vue comme une invitation à redoubler d’efforts pour faire toujours mieux. En tenant compte bien sûr des différences entre genres, groupes d’âges et, hélas, des inégalités de santé toujours bien présentes. Reste aux professionnels et aux politiques à se retrousser les manches !

Anoutcha Lualaba Lekede

 

Les premiers résultats de l’enquête sont disponibles sur http://sipes.ulb.ac.be/. Ils sont présentés, pour l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sous forme de brochures thématiques : (1) Alimentation, activité physique, sédentarité et sommeil ; (2) Etat de santé et de bien-être ; (3) Relations sociales et vie à l’école et, à venir : (4) Consommation de tabac, alcool, cannabis et autres produits illicites, (5) Vie relationnelle, affective et sexuelle chez les jeunes scolarisés en secondaire. Des « tableaux de bord » correspondants présentent les résultats spécifiques pour la Région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie.

Brochures transversales (à venir) : (1) Inégalités sociales de santé ; (2) Conditions de vie familiale ; (3) Evolutions au cours des années d’enquête.

Anoutcha Lualaba Lekede

Les résultats de la dernière enquête HBSC sur la santé des élèves bruxellois sont plutôt mitigés. Pourtant leur santé n’est pas plus mauvaise ou meilleure que celle d’autres jeunes ailleurs, selon les composantes auxquelles on s’intéresse. L’enquête ouvre des perspectives de travail en promotion de la santé plutôt prometteuses…

 

[1] Pour des éléments de méthode détaillés concernant l’échantillonnage, il faut se reporter à l’une des trois brochures déjà publiées sur le site du Sipes. Nous soulignerons ici que le nombre total de questionnaires exploitables pour l’analyse des données était de 3627 en Région Bruxelles-Capitale (pour 10780 en Région Wallonne).
[2] Consommation quotidienne de frites et chips : élèves de 5e-6e primaires : 23,2% ; élèves du 1er degré du secondaire : 19,4% ; élèves du 2e-3e degré du secondaire : 15,3%.

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