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Une étude pour mieux aider les personnes les plus impactées dans certains quartiers

Bruxelles a beau être prospère et avoir été citée comme la cinquième région la plus riche en termes de PIB par habitant en 2019, elle n’en présente pas moins de grandes inégalités sociales de santé. Si l’existence de ces dernières est connue depuis longtemps, leur répartition territoriale par contre l’était moins jusqu’il y a peu.

Petit retour en arrière. L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale, en collaboration avec l’Agence InterMutualiste (AIM), a étudié les inégalités sociales de santé des Bruxellois sur la base des données les plus récentes, et les a pour la première fois cartographiées par quartier. Un ensemble d’indicateurs d’inégalités sociales de santé ont ainsi été retenus et présentés dans « Tous égaux face à la santé à Bruxelles ? »[1], une des dernières publications de l’observatoire. Les cartes permettent de voir combien le fait d’habiter un quartier plutôt qu’un autre n’est pas neutre. Illustration avec trois indicateurs qui, tout en donnant un aperçu de l’état de santé des Bruxellois, donnent des informations différentes, néanmoins très intéressantes.

« Les habitants des quartiers pauvres ont deux fois plus de risque de souffrir
de diabète que ceux des quartiers riches »

Les habitants de la zone de Bruxelles appelée le « croissant pauvre » (constitué de quartiers formant un croissant autour du centre-ville et qui vont du bas de la commune de Forest jusqu’à Saint-Josse-Ten-Noode[2]) ont par exemple un risque plus élevé de souffrir de diabète. La population de cette partie de la ville, où les revenus sont les plus faibles[3], est en effet deux fois plus exposée au risque de souffrir du diabète que celle des quartiers plus aisés du sud-est de la région (8% vs 4%). Olivier Gillis, directeur de l’Observatoire de la Santé et du Social : « Le diabète est un bon indicateur d’une moins bonne santé dans la mesure où c’est une maladie chronique dont la prévalence croît dans le temps et qui peut avoir des conséquences négatives, notamment au niveau des maladies cardio-vasculaires[4] ».

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Structure spatiale de la Région de Bruxelles-Capitale
en cinq zones (= Carte 2 dans la publication, page 35).

 Diabète standardisé par âge et sexe, Région Bruxelloise,
2016 (= Carte 9 dans la publication, page 41).

 

Des informations inattendues, mais très intéressantes

Les soins dentaires préventifs font partie du deuxième groupe d’indicateurs retenus. « Le recours aux soins dentaires préventifs par exemple ne dit rien de l’état de santé bucco-dentaire, contrairement à l’indicateur diabète, souligne Olivier Gillis. Il donne une information sur le comportement des personnes par rapport au système de santé. » En Belgique, les soins dentaires sont normalement gratuits pour les enfants jusque 18 ans. Selon l’étude, ce sont essentiellement les enfants des quartiers favorisés, notamment Uccle, qui bénéficient le plus de ce dispositif[5] (25,2% vs 17,8%).

« Il faut être prudent dans l’analyse des chiffres et des conclusions à tirer »

Un constat quasi similaire peut être fait pour les problèmes de santé mentale. Les données étudiées montrent ainsi que 28% des personnes défavorisées déclarent souffrir de troubles dépressifs contre 8,8% pour les plus favorisées. Toutefois, les premières consomment beaucoup moins d’antidépresseurs que les secondes. Comme l’explique le directeur de l’observatoire : « La consommation d’antidépresseurs n’est pas forcément un bon indicateur de l’état de santé mentale des personnes, contrairement à ceux précédemment exposés qui reflètent davantage la réalité. Ce résultat vient rappeler qu’il faut être prudent dans l’analyse des chiffres et des conclusions que l’on peut en tirer. »

Les objectifs de l’étude
Le premier objectif poursuivi par les chercheurs était d’avoir une idée par quartier de la problématique des inégalités sociales de santé et de la répartition géographique de toute une série d’indicateurs. Le deuxième, faisant suite à une demande politique, était de fournir une meilleure information sur l’état de santé au niveau local. Dans le but de développer des actions plus locales et plus ciblées. L’accord de gouvernement bruxellois prévoit ainsi de déployer des contrats social santé au niveau local, avec une attention particulière à l’axe prévention-promotion de la santé. Enfin, l’étude est aussi un outil mis à la disposition des professionnels actifs dans les quartiers identifiés par l’étude.

Pour télécharger l’étude « Sarah Missinne, Hervé Avalosse, Sarah Luyten, Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale. Tous égaux face à la santé à Bruxelles ? Données récentes et cartographie sur les inégalités sociales de santé. Commission communautaire commune. Bruxelles, 2019 » : https://www.ccc-ggc.brussels/sites/default/files/documents/graphics/dossiers/dossier_2019-2_inegalites_sociales_sante.pdf

Anoutcha Lualaba Lekede

Riche, la Région de Bruxelles-Capitale l’est certainement en termes de PIB. Paradoxalement, les inégalités sociales de santé y sont aussi importantes. Une enquête récente a enfin permis d’épingler les quartiers où sévissaient certaines fauteuses de troubles…

 

[1] Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale. Tous égaux face à la santé à Bruxelles ? Données récentes et cartographie sur les inégalités sociales de santé. Commission communautaire commune. Bruxelles, 2019.
[2] Il s’agit de Saint-Josse, d’une partie d’Anderlecht, de Forest, de Molenbeek, de Schaerbeek, du bas de Saint-Gilles et du sud de Laeken.
[3] Ces personnes habitent les quartiers où résidaient autrefois les ouvriers du 19e siècle. Les logements y sont plus vétustes et souvent de moins bonne qualité. Ils sont malheureusement occupés par un nombre important de familles avec enfants.
[4] En effet, les maladies cardio-vasculaires sont une des premières causes de mortalité.
[5] L’étude s’est également intéressée à des adultes qui avaient eu un contact avec un dentiste au cours des trois dernières années. De nouveau, ceux des quartiers où les revenus étaient plus élevés avaient vu le plus un dentiste. Cependant, l’analyse montre aussi qu’il y a un problème de sous-consommation globale des soins dentaires préventifs au niveau de toute la région.

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