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Santé mentale

Santé mentale

La fatigue compassionnelle, ce mal qui guette les travailleurs du care

La fatigue ou l’usure professionnelle, le lien avec le burn-out, le stress au travail, etc., sont désormais des sujets couramment évoqués. Si, en revanche, vous parlez de la fatigue compassionnelle, il est probable que la connexion ait du mal à se faire. La problématique et le terme n’étant pas encore très connus chez nous, le RESO, le Service universitaire de promotion de la santé de l’Université catholique de Louvain, a publié une sélection de ressources consacrée à cette problématique.

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Veiller à la santé psychique des travailleurs

La charge psycho-sociale que les travailleurs de terrain encaissent depuis le début de la crise Covid n’est pas sans conséquences. Le point dans une série de services soumis à rude épreuve.

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La crise et ses changements : en parler

Après avoir organisé une ligne d’écoute téléphonique (clôturée le 21 juin) où tou·te·s les Bruxellois.es ont pu parler de leurs difficultés face à cette pandémie aux conséquences inédites, la Ligue Bruxelloise de santé mentale souhaite aujourd’hui susciter une parole déliée à propos de cette crise sanitaire. Elle lance donc une campagne intitulée « La crise et ses changements, parlons-en… ».
Comment les Bruxellois.es ont-ils vécu cette période ? Comme un temps de stress, de perte de libertés, de basculement vers la pauvreté ? Ou au contraire comme un moment de réflexion, de prise de conscience, de découvertes et de réalisations ? Afin de favoriser l’expression autour de cette expérience inédite, une campagne d’affichage, une page Facebook, ainsi qu’une page Web (crise.lbsm.be) sont accessibles pour ouvrir le dialogue et permettre une expression misant sur la créativité et les ressources de chacun. Le but est aussi de veiller aux conséquences psychiques et sociales de cette crise qui n’est pas terminée.
Cette campagne est menée en collaboration avec l’asbl Question Santé, Cultures et Santé, le secteur de promotion de la santé et le CBCS, et avec l’appui de la COCOF.

Covid-19: quel impact sur le bien-être ?

Les Belges ont été confinés plus de deux mois. Malgré le déconfinement, entamé en mai dernier, nos modes de vie restent bousculés. Pour soutenir les Bruxellois durant cette période, des lignes d’écoute ont été organisées. Aujourd’hui, les structures classiques reprennent le relais.

Coronavirus, pandémie, confinement : cela fait plusieurs mois que ces mots reviennent en boucle et on ne sait pas encore quand ils quitteront notre horizon mental. Les craintes face à ce virus méconnu ont créé un climat anxiogène parmi la population. A Bruxelles, comme ailleurs, les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain confinés dans leurs habitations, empêchés de circuler librement, de voir leurs proches, parfois aussi leurs parents malades ou mourants.

Sans doute l’impact aura-t-il été moindre pour les mieux lotis que pour les Bruxellois vivant dans des conditions de logement précaire, voire sans toit du tout. Les craintes relatives aux pertes financières, liées à l’arrêt des activités économiques considérées comme non essentielles, ont encore augmenté le stress parmi la population concernée. Par ailleurs, le déconfinement n’a pas été forcément source d’apaisement pour tous : certains spécialistes parlent de « syndrôme de la cabane », impactant une partie de la population effrayée à l’idée de quitter son refuge et de revenir à la vie « normale ».

De nombreuses enquêtes réalisées pendant la période de confinement mettent l’accent sur les effets délétères de cette crise sanitaire sur la santé mentale (voir encadré).

 

Des lignes d’écoute sollicitées

20200629 ILLU EMAG DossierSanteMentaleART1 Affiche BD VFPour tenter de répondre à la souffrance psychologique de la population, les lignes d’appel téléphonique existantes ont été largement sollicitées et de nouveaux numéros d’appel ont été créés pour aider les nombreux citoyens déboussolés par la situation et ceux déjà en difficultés psychologiques avant le Covid. En effet, les consultations auprès des services de santé mentale (SSM) ou des psychologues ont été suspendues en présentiel et, dans certains cas, remplacées par des entretiens téléphoniques ou par vidéo, ce qui n’a pas manqué de perturber le travail en cours. Des prises en charge ont été interrompues. Certains établissements psychiatriques ont dû libérer des lits ou ont prié les patients qui étaient en famille juste avant le confinement d’y rester [1].

C’est pourquoi la Ligue bruxelloise pour la santé mentale a mis sur pied un numéro d’appel accessible (le 02/501 01 27.28.29) en soirée et le week-end, pour combler les espaces où les SSM ne pouvaient pas être joints. Les appels au début du confinement portaient davantage sur les risques liés à la maladie, des demandes d’informations sur le virus, la crainte d’avoir été contaminé et émanait plus largement de femmes. Les personnes seules se sont également manifestées pour rompre l’isolement, en grande difficulté due au manque de contact. D’autres encore n’arrivaient plus à joindre leurs praticiens, à avoir accès aux médicaments qu’ils prenaient auparavant. Avec le temps, les appels ont évolué vers des problèmes plus liés à des tensions intrafamiliales ou de couple, de la dépression, de l’épuisement et l’aggravation de troubles psychologiques déjà existants. Selon Geneviève Helson, psychologue au SSM L’Adret ayant assuré par deux fois les permanences téléphoniques de cette ligne, « il a fallu s’informer sur le Covid pour pouvoir répondre aux demandes, mais notre rôle a surtout été de rassurer les appelants traversés par le stress,la colère chez certains, la difficulté à vivre l’éloignement des proches. Ne connaissant pas les appelants, il fallait appréhender rapidement la demande d’aide et voir si la personne disposait de ressources personnelles pour dépasser les sentiments négatifs qu’elle vivait ou s’il fallait l’orienter vers un SSM ou un confrère. Mais ce qui importait surtout, souligne GenevièreHelson, c’est de nouer le contact rapidement, dans l’urgence, en accueillant l’inquiétude, la détresse de chacun. » Cette ligne a été mise à l’arrêt le 21 juin car les activités des SSM ont repris en présentiel.

Autre exemple de ligne spécialement créée pour l’occasion [2] : SOS Parents, à l’initiative d’Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, spécialistes du burn-out parental à l’UCLouvain. Comme l’explique Tamara Léonard, chargée de l’organisation de la ligne, « dès le 23 mars, cette ligne a été mise en service pour accueillir la détresse des parents confrontés à un confinement avec des enfants. Ce sont surtout des mamans qui ont appelé, dépassées par la multiplication des tâches au domicile : le télétravail, le suivi du travail scolaire des enfants, en plus des tâches ménagères habituelles, qu’elles assument bien souvent aussi. Les tensions familiales et conjugales préexistantes ont été exacerbées et l’existence de troubles de santé mentale n’a rien arrangé. Avec le temps, l’épuisement s’est marqué de plus en plus, notamment avec le déconfinement et des injonctions paradoxales comme un retour au travail des parents alors que les enfants n’allaient pas à l’école, ainsi que les craintes de contamination de ceux-ci avec le retour dans les classes, les garderies et le crèches ».

Parmi les lignes préexistantes au Covid, on peut citer celle du Centre de prévention du suicide (CPS). Comme l’explique Deborah Deseck, chargée de communication du CPS, « le 0800/32 123 a connu beaucoup d’appels, de demandes d’aide avec des conversations intenses et des pics, notamment quand le confinement a été prolongé en avril. Il s’agissait bien de demandes spécifiques par rapport à l’objet de la ligne, le suicide, car les émotions étaient décuplées et les facteurs de protection généralement à l’œuvre en temps normal, comme l’entourage, l’accès aux soins, les contacts sociaux étaient en panne. De nouveaux bénévoles se sont également proposés, mais pour cela il faut être formé : c’est pourquoi nous avons créé des supports de formation en ligne [3]. »

 Avec l’équipe de psychologues formés à l’accompagnement du deuil après un suicide, deux lignes nouvelles ont également été imaginées par le CPS, avec le soutien de la COCOF et de la Fondation Roi Baudouin : le 0800/20 220 pour les personnes endeuillées suite au Covid, ainsi que le 0800/20 440 pour les personnes ayant des malades dans leur entourage.

 

Vers un retour à l’(a)normal ?

Avec le déconfinement, les SSM et les psychologues ont repris leurs consultations, mais avec les précautions d’usage (distanciation sociale, désinfection entre chaque patient). Manuel Gonçalves, co-directeur du SSM Le Méridien, à Saint-Josse, commente la situation : « On découvre des situations très préoccupantes. Déjà, pendant le confinement, certains patients décompensaient de manière grave, parfois violente. On a continué à en suivre certains, mais chez des patients déjà fragiles, le Covid a fait des dégâts : je pense à cette personne suivie chez nous qui venait deux à trois fois par semaine, sonnait à la porte et demandait à ce que l’un d’entre nous se montre à la fenêtre sans masque pour se rassurer qu’il était toujours en vie, que nous existions toujours. Pour ces patients psychotiques, le confinement a rendu la réalité moins tangible. Les mises en observation risquent aussi d’augmenter. Beaucoup de jeunes sont en décrochage scolaire complet : on se demande comment on va les récupérer. Les masques, la distanciation sociale posent aussi problème pour des publics fragiles sur le plan psychiatrique et pour les enfants. »

Difficile de dire à ce stade si les besoins en soutien psychologique seront suffisants. Comme le soulève Yahyâ H. Sammii, directeur de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, « L’espacement des séances, pour assurer la distanciation sociale, la nécessité de désinfection après chaque patient, risquent d’affaiblir la capacité de prise en charge des patients. Les services vont fonctionner à 50, 60, 70% de leurs possibilités. Si, à cela, s’ajoutent de nouvelles demandes, cela pourrait devenir difficile. » Pour un meilleur accès à l’aide psychologique pour la population, des modalités de remboursement élargies ont été prises par les autorités. En espérant que cela permette à chacun de trouver l’accompagnement souhaité.

Nathalie Cobbaut

 

Des études sur la santé mentale des Belges

Le Bureau fédéral du plan publiait fin avril un document portant sur le bien-être des Belges[4], dans le cadre de son rapport annuel qui présente cette année des accents très Covid.Le document fait référence à plusieurs enquêtes réalisées depuis la mi-mars, notamment par Sciensano, l’Université d’Anvers, la KULeuven et l’UCL. Celles-ci font état d’une détérioration de la santé mentale des Belges depuis le début de la crise du coronavirus. 20% souffrent de troubles anxieux (contre 11%, lors de la dernière enquête santé de Sciensano).

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[1] Voir l’article de Julie Luong, « Santé mentale, la grande contaminée », Alter Echos n°483 - https://www.alterechos.be/sante-mentale-la-grande-contaminee/
[2] La ligne 0471/414 333, désactivée depuis la fin mai.
[3] Pour en savoir plus : https://www.preventionsuicide.be/fr/les-activités/ligne-de-crise-0800-32-123.html 
[4]Bureau fédéral du Plan, « Crise du Covid-19 : quel impact sur le bien-être des Belges ? », avril 2020 - https://www.plan.be/publications/publication-1985-fr-crise+du+covid+19+quel+impact+sur+le+bien+etre+des+belges+

 

Echos des politiques : penser l’après-Covid

Les élus au Parlement de la Commission communautaire française (COCOF) s’expriment au sujet d’actualités relatives à la santé et au social en Région bruxelloise. Au menu de cette rubrique : la question du Covid et les leçons à tirer pour la suite. Réflexions, propositions et programmes pour l’avenir.

 

Simplifier le modèle institutionnel bruxellois

La gestion bruxelloise de la crise sanitaire sans précédent que nous avons vécue lève plus que jamais le voile sur un constat : la multiplication et l’enchevêtrement des compétences en matière de soins de santé dans notre pays, et dans sa capitale en particulier, rendent extrêmement complexe la gouvernance de crise.

En Région bruxelloise, pas moins de sept ministres sont compétents sur certains pans de la santé publique. L’exemple des maisons de repos est de ce point de vue particulièrement parlant : deux ministres bruxellois en sont conjointement responsables au sein de la Commission communautaire commune (parité francophone et néerlandophone oblige).

Cependant, la gestion du stock stratégique de masques disponibles est une compétence fédérale. Les responsables régionaux ne disposent donc pas de l’ensemble des compétences nécessaires pour approvisionner en matériel médical d’urgence les institutions dont ils ont pourtant la charge.

Quant à la Commission communautaire française, elle demeure compétente en matière de promotion et de prévention de la santé. Était-elle pour autant compétente pour mener des actions de prévention auprès des maisons de repos francophones bruxelloises ? Personne ne le sait réellement. Cette complexité institutionnelle, au-delà du manque d’efficacité qu’elle induit, réduit la capacité des citoyens à imputer une responsabilité clairement établie à leurs mandataires politiques.

A l’évidence, nous devrons simplifier le modèle institutionnel bruxellois : outre une recherche d’efficience, il en va de la pérennité de notre système démocratique.

Gaëtan Van Goidsenhoven,
sénateur, député bruxellois et chef de groupe MR au Parlement francophone bruxellois

 

Acteurs de terrain et citoyens solidaires des Bruxellois les plus fragiles

Depuis mi-mars, nous subissons une crise sanitaire sans précédent avec un confinement qui a touché de plein fouet les plus fragiles. Le numéro d’appel d’urgence sociale a chauffé pour des problèmes financiers, de logement et d’alimentation. On a vu une formidable solidarité citoyenne pour la récolte et distribution de colis alimentaires.  Cette crise a aussi révélé l’ampleur des violences sociales et intrafamiliales subies par certaines femmes. Cette question-là reste primordiale et la réponse politique doit être à la hauteur.

Par ailleurs, les seniors ont été particulièrement touchés par la pandémie. Les politiques de la Cocof devront en prendre la mesure et être au rendez-vous. Acteur essentiel de l’aide aux seniors, la Cocof finance de nombreux opérateurs du maintien à domicile. Il faut renforcer leurs moyens pour retarder l’entrée en institution de ce public et augmenter les contingents d’heures pour l’aide familiale à domicile.

Le PS réclame aussi un Plan de santé mentale ambitieux, proactif, capable d’aller vers les personnes les plus isolées. La Cocof dispose d’un levier d’action important par son financement des centres de santé mentale. La pandémie a également affecté tout particulièrement les jeunes aidants proches ou les parents d’enfants en situation de handicap. Pour ces derniers, la réouverture du Centre de répit Intermaide est une bouffée d’air, d’autant que deux nouvelles places de répit seront opérationnelles de juillet à fin décembre.

Enfin, je voudrais saluer le travail formidable des acteurs de la Cocof venant en aide aux Bruxellois ainsi qu’une belle collaboration entre la Cocof, la Cocom et la Région pour apporter des réponses cohérentes et appropriées à la crise.

Jamal Ikazban,
chef de groupe PS au Parlement francophone bruxellois

  

Repenser la prise en charge des personnes âgées

Le pic de la pandémie semble être dernière nous : le déconfinement s’est progressivement mis en place. Nous voici désormais sortis de nos habitations. Mais nous ne sommes plus les mêmes car nous avons changé…

Les plus vulnérables d’entre nous ont payé un lourd tribu dans cette crise sanitaire et sociale aux conséquences économiques très inquiétantes en terme de précarisation. Ainsi, au 1er juin, on dénombrait 652 décès en maisons de repos en Région bruxelloise. Nos aînés ont eu le sentiment d’être abandonnés, les chiffres sont sans appel et bien lourds de tristesse.

Pour le cdH,  il faut oser dire qu’il y a eu un manque de réactivité très conséquent dans la gestion de la crise au sein des maisons de repos de la part du gouvernement bruxellois. Le Ministre Alain Maron a lui-même reconnu qu’il y avait, selon son expression, « un retard à l’allumage ».

Ce constat interroge surtout sur la place que nous accordons aujourd’hui à nos aînés mais aussi à l’ensemble des personnes dites « vulnérables ». Pour le cdH, leur qualité de vie et leur santé doivent être au cœur des priorités politiques.

Dans ce cadre, le cdH bruxellois a déposé une proposition visant à mettre en place un Plan Pandémie dans les maisons de repos, en collaboration avec Iriscare. Les épidémiologistes nous préviennent déjà : d’autres menaces existent et nous devons nous y préparer dès maintenant. En outre, et à moyen terme, le cdH bruxellois plaide pour l’adoption de quatre mesures essentielles relatives à la qualité de vie de nos aînés : (1) Mise en place de l’assurance autonomie, (2) Renforcement de l’aide à domicile et revalorisation des salaires des aides-soignantes, (3) Renforcement des centres de jour et (4) développement soutenu du logement intergénérationnel.

Céline Fremault, députée bruxelloise,
vice-présidente du cdH et cheffe de groupe au Parlement francophone bruxellois

 

S’engager pour le social et la santé

L’épidémie de Covid 19 et le confinement qu’elle a induit ont rendu encore plus visibles les inégalités socio-économiques entre Bruxellois et a été un amplificateur des vulnérabilités accablant les personnes aux revenus modestes et/ou à la santé fragile.

Les publics-cibles des politiques de la COCOF furent durement affectés. Personnes âgées, en situation de handicap, requérant des soins à domicile, souffrant d’assuétudes ou de  violences intrafamiliales, étudiant·e·s ou en formation professionnelle, artistes et institutions culturelles : pas une facette des compétences de la COCOF n'a été épargnée.

Cela raffermit la conviction du groupe Ecolo que les réformes à engager en matières sociales et de santé sont nombreuses pour rendre notre ville plus résiliente face à de tels chocs.

Plusieurs pistes figurent déjà dans l’accord de gouvernement : le décloisonnement institutionnel est ainsi plus que jamais une nécessité, pour donner efficience, cohérence et lisibilité à l’action publique. Nous veillerons aussi à ce que certaines mesures prises dans l’urgence soient pérennisées, lorsqu’elles répondent à des besoins structurels (telles que par exemple les centres d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales ou autres dispositifs d’alerte).

La participation des secteurs associatifs concernés sera l’une des clés de la réussite de ces réformes. Notre groupe sera particulièrement vigilant à cet aspect au moment de l’organisation des Etats généraux du social et de la santé, chantier-phare de cette législature, enfin attendu à l’automne.

Barbara De Radiguès, députée bruxelloise,
cheffe du groupe Ecolo au Parlement francophone bruxellois

 

Crise du Coronavirus : l’heure est désormais au bilan et à l’action politique

Sans aucun doute, nous pouvons tous convenir que nous avons eu un bilan humain et économique tragique. Toutefois, nous devons reconnaître le bilan plus optimiste : notre système de santé, bien qu’éprouvé, a su résister et la solidarité dont chaque citoyen à su faire preuve n’y est pas étrangère.

Nous devons désormais tirer des leçons de cette crise afin d’augmenter la capacité de résilience de notre Région face à de telles éventualités. Un travail parlementaire sera sans aucun doute mis en place afin de dégager des pistes de travail efficientes.

DéFI souhaite prioritairement explorer les pistes suivantes : la valorisation du personnel soignant et la lutte contre la pénurie de personnel soignant, l’approvisionnement, via une centrale fédérale d’achat, en matériel médical essentiel avec la constitution de stocks stratégiques, la mise en place d’un programme fédéral et européen de recherche sur les coronavirus et la mise en place d’un plan national d’urgence sanitaire fondé sur la notion d’état d’urgence sanitaire, coordonné par l’Etat fédéral.

Enfin, nous souhaitons que des changements structurels, sur le plan économique et social, soient opérés. Nous devons repenser notre politique budgétaire et financière afin de pouvoir soutenir massivement les entreprises et les ménages en cas de crises graves. Il faut un nouveau cadre de lutte contre la pauvreté qui passe nécessairement par un octroi universel de moyens pour limiter au maximum le risque de pauvreté (réforme fiscale, individualisation des droits, etc.)

Christophe Magdalijns,
président du conseil communal d’Auderghem et député DéFI du Parlement francophone bruxellois

 

InterRAI & BelRAI : va-t-on remplacer la clinique par des algorithmes ?

Depuis quelques années, l’outil BelRAI a été mis à la disposition de tous les prestataires de soins. L’objectif annoncé : fournir un instrument uniforme d’évaluation des personnes vulnérables. Mais le secteur est-il suffisamment informé des implications d’un tel instrument ?

C’est avec cette question de la pertinence de l’instrument BelRAI que la Ligue Bruxelloise Francophone de Santé mentale a entamé son cycle « Santé numérique ». Lors de la conférence qui s’est tenue le 16 janvier dernier, Cédric Detienne, chercheur auprès de l’Unité de psychologie clinique et différentielle de l’ULB, a tenté de décrire ce que recouvre cet outil BelRAI, lequel semble une réalité très peu palpable, voire inconnue, dans le milieu soignant francophone, alors qu’il est présenté dans les derniers Plans e-Santé comme un outil de référence. Il s’est dit inquiet à la découverte de cette nouvelle manière d’évaluer des patients et de son application dans le champ de la santé mentale.

De quoi parle-t-on ?

Sur le site www.belrai.org, on décrit cet outil comme un instrument permettant l’évaluation des besoins psychiques, cognitifs, psychologiques et sociaux d’une personne. On précise également qu’en l’utilisant, « les prestataires de soins peuvent recueillir des données d’une manière standardisée et structurée pouvant ensuite servir à élaborer un plan de soins de haute qualité pour tous ceux qui ont besoin de soins (complexes) ». Les informations recueillies sont enregistrées par les professionnels de soins dans la base de données BelRAI.

Cédric Detienne resitue cet outil dans un contexte international : « Il s’agit d’une version adaptée du logiciel InterRAI (RAI pour Resident Assessment Instrument ou instrument d’évaluation des résidents). Fin des années 80, à la suite de scandales sanitaires dans des maisons de repos, le Congrès américain décide de soutenir la création d’un outil d’évaluation sur l’autonomie des personnes âgées. » Ses concepteurs ont intégré toute une série d’évaluations quantitatives et de tests existants ayant débouché sur 350 à 400 items pour ce module précis, sous forme de questions auxquelles le soignant doit répondre en s’appuyant sur un entretien de la personne concernée, mais aussi de ses proches. Ensuite, après avoir introduit toutes ces données, l’outil fournit une analyse de ces items, sur la base d’algorithmes qui effectuent des calculs concernant le fonctionnement de la personne, les risques pour sa santé, ses forces et ses faiblesses.

Ces algorithmes indiquent des points d’attention qui sont mis en exergue, produit des guides d’analyse par domaine d’intervention et émet des recommandations sensées permettre d’établir un plan de soins de qualité. Mais comme le soulève Cédric Detienne, « il est interpellant que les concepteurs de cet outil InterRAI et l’équipe de recherche de la KUL qui l’a adapté pour la Belgique ne mettent jamais l’accent sur la vision cognitivo-comportementaliste de la clinique qui sous-tend cet outil. Peut-on ainsi baser son plan de soins sur un rapport de 15 pages standardisé, soit-disant neutre et préconisant des guidelines élaborées par des algorithmes dont on ne sait rien ? Quand on fait l’exercice d’aller rechercher les références bibliographiques, on est confronté à des sources qui préconisent majoritairement des réponses comportementalistes. Est-ce bien le choix des soignants aujourd’hui ? »

Quelles conséquences ?

Outre la lourdeur de l’outil (400 questions, trois jours d’observation du patient) et la question de la récolte de données sensibles, on peut en effet s’interroger sur la pertinence du modèle clinique qui sous-tend cet instrument, d’autant que l’objectif semble être d’élargir son utilisation à d’autres champs d’action.

En Flandre ainsi qu’en Communauté germanophone, un certain nombre d’acteurs autour des personnes âgées dépendantes se sont emparés du BelRAI pour des diagnostics, mais également les autorités pour déterminer le financement des institutions dont elles dépendent car l’outil donne également des indications sur le coût d’un patient en fonction de son profil. L’octroi de l’assurance-santé en Flandre (et sans doute bientôt de l’assurance-autonomie en Wallonie) se base quant à elle sur une version light de BelRAI, le BelRAI-screener qui ne comprend que trente questions. Le plan e-santé 2019-2021 parle d’élargir son utilisation dans le secteur des maisons médicales, dans les prisons ou encore aux enfants avec un screener BelRAI adapté[1]. A terme la Flandre souhaite utiliser le BelRAI comme instrument d’évaluation de tous les secteurs de la protection sociale flamande.

Et Bruxelles dans tout ça ? Les précédents ministres Gosuin, Van Hengel, pour la COCOM, et la ministre Fremault, pour la COCOF, avaient signé le protocole d’accord pour ce plan e-santé, mais l’utilisation du BelRAI par les soignants semble soulever bien des questions.

Nathalie Cobbaut


Les prochaines conférences du cycle « Santé numérique » organisé par la LBSM se tiendront en matinée les 12 mars et 8 mai prochains. Elles porteront sur le Big data et le traitement des données santé (12/03) et sur la résistance à l’algocratie (08/05). Pour plus d’informations : https://www.lbfsm.be/spip.php?article437

[1] Plan e-Santé 2019-2021, Protocole d’accord, 28 janvier 2019, p. 193

 

La 2ème Semaine de Rézone en mars

La semaine de Rézone est un projet du Réseau Santé Mentale Bruxelles Sud-Ouest. L’objectif de Rézone est de contribuer au développement d’une offre de soins et d’accompagnement en santé mentale cohérente et coordonnée dans la communauté. L’idée force est de s’appuyer sur les choix des usagers et viser leur intégration dans la société. Afin d’atteindre ce but, il s’agit aussi d’aider les services membres à se connaître. Ainsi pour cette deuxième édition qui se déroulera du 23 au 27 mars, 67 services ouvrent leurs portes pendant une ou plusieurs plages d’une heure et demie. Une occasion pour les partenaires actuels et potentiels de venir les rencontrer.

Les services partenaires de la semaine œuvrent dans les secteurs de la santé mentale, de la santé, des assuétudes, du handicap, etc.

Pour en savoir plus et s’inscrire : www.rezone.be/semaine

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