Quelle est l’origine de l’initiative visant à soutenir l’activité physique dans vos écoles ?
Laetitia Honoré : Au départ, le PSE souhaitait travailler avec les directions sans que le projet ne soit perçu comme une surcharge de travail ou un projet un peu flou à propos de la santé.
On s’est dit qu’il fallait proposer quelque chose d’attractif, qui donne envie aux écoles de s’en servir. L’idée était de mettre à disposition des enseignants un outil qui leur permette d’échanger entre eux, à la fois sur l’exercice physique et sur des outils de promotion de la santé adaptés aux tranches d’âge et aux attentes des référentiels d’EP&S.
On a pensé à un outil en ligne, de type Padlet, alimenté à la fois par nous et par les enseignants. De notre côté, on alimente surtout le volet « santé », (en correspondance directe avec les référentiels des cours d’EP&S et de citoyenneté) et les enseignants peuvent y partager des idées d’exercices, d’activités, ou de pratiques qu’ils utilisent déjà. L’idée était que les enseignants puissent par exemple dire : « Pour une classe de P2, je propose tel exercice », et que d’autres puissent s’en inspirer. C’est un outil interactif, censé vivre grâce à eux.
Pour alimenter cet outil, le PSE travaille notamment avec le Centre local de promotion de la santé de La Louvière.
Laetitia Honoré : C’est un peu comme une ludothèque : ils disposent d’une bibliothèque d’outils. On parcourt avec eux les référentiels et ils nous proposent des outils adaptés. Plutôt que de créer quelque chose de nouveau, on préfère s’appuyer sur ce qui existe déjà. Il y a énormément de ressources.
Où en est le projet aujourd’hui ?
Laetitia Honoré : Commencé en 2024, l’outil interactif a été créé mais il n’est pas encore utilisé par les enseignants. Il faudrait davantage de concertation avec eux pour mieux adapter l’outil à leurs besoins.
Cette mission n’est pas évidente à mettre en place, parce qu’elle demande d’aller vers les écoles, alors que d’autres actions, comme l’éducation à la santé lors des bilans de santé, sont plus faciles à organiser.
Ce qui nous intéresse cette année, ce sont surtout les P5-P6, car ils bénéficient d’une troisième période d’éducation physique dans la cadre de la mise en œuvre du pacte. On va donc reprendre contact avec les enseignants, si possible lors des concertations, pour se concentrer sur ce public-là.

Et dans vos contacts avec les enfants, comment abordez-vous la question de l’activité physique?
Laetitia Honoré : Dans le cadre des bilans de santé, nous abordons systématiquement les habitudes de vie : est-ce que l’enfant fait du sport, comment il se rend à l’école, s’il joue dehors…, en insistant sur le fait que l’activité physique ne se limite pas à l’activité sportive organisée, et que bouger est aussi bon pour la tête. L’objectif est de sensibiliser, pas de juger. Par exemple, par rapport aux écrans, on amène les enfants à réfléchir à leur manière de consommer : est-ce qu’ils prennent des pauses, est-ce qu’ils vont dehors quand il fait beau, est-ce qu’ils voient leurs amis en dehors de l’école…
Parallèlement aux bilans individuels, le PSE a aussi mené des actions plus collectives autour de la problématique des écrans. Ainsi, vous me parliez du dispositif Just Dance, qui a été proposé dans les cours de récréation. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Laetitia Honoré : On commence par un petit échange avec les élèves sur leurs habitudes, puis on utilise le jeu comme support pour montrer qu’on peut bouger tout en utilisant un écran, seul ou en groupe. Ça fonctionne très bien, autant avec les filles qu’avec les garçons. L’objectif n’est pas de dire « les écrans, c’est mal », mais de montrer qu’il existe des usages plus actifs, plus sociaux, et plus bénéfiques.
Laetitia Honoré de conclure : « Le message principal, c’est que l’activité physique, ce n’est pas seulement le sport. C’est être en mouvement au quotidien, de multiples façons, accessibles à tous.
Chez les enfants, l’approche ludique est essentielle. Il faut un objectif, un jeu, une reconnaissance par les pairs. Courir “dans le vide”, ça ne fonctionne pas.
De plus, favoriser le mouvement dès l’enfance, de manière positive et inclusive, est fondamental pour un engagement durable tout au long de la vie. »
On le voit, enseignant.e.s et professionnels de la promotion de la santé se mobilisent pour mettre en place des outils visant à encourager le mouvement au quotidien. Grâce à ce type d’outils et au partenariat entre les SPSE et les écoles, il devient possible de faire de l’activité physique une habitude durable et agréable pour tous les élèves.