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Animée par Sylvie Anzalone, porte-parole de l’ONE, cette journée organisée à Liège a été l’occasion pour le pôle PSE et des conseillères médicales PSE de revenir sur l’évolution des missions et du rôle des équipes PSE dans la protection de l’enfance.
La question initiale – « La maltraitance, on en parle ? » – est rapidement devenue un impératif : il faut en parler tant la situation est grave. Selon les intervenants, les situations de maltraitance se sont aggravées ces dernières années, dans un contexte marqué par des crises sanitaires, énergétiques, climatiques et géopolitiques.
Quelques chiffres* :
- Environ 10 % des enfants sont concernés.
- Les situations cliniques graves ont augmenté de 40 %.
- Les violences physiques se multiplient, notamment chez les enfants de moins de six ans.
- Une maltraitance avérée se définit comme des traitements ayant des conséquences au niveau du développement. Certaines de ces conséquences peuvent être dramatiques : 10 % de décès et 15 % de séquelles graves parmi les enfants victimes.
Face à ce constat inquiétant, la matinée visait à conforter les Services PSE dans leur rôle d’acteurs-clés du réseau d’aide et participant à la de prise en charge des enfants**.
Cadre légal et ressources disponibles
Séverine Lottin et Chloé Clinquart (CAPP – SOS Enfants) ont rappelé que, selon le Décret maltraitance de 2004, les Services PSE sont acteurs de première ligne. À l’instar des Centres PMS, ils siègent également dans les Commissions de coordination de l’aide aux enfants victimes de maltraitance (CCAEVM).
Pour les aider, plusieurs ressources peuvent être mobilisées :
- Le Plan de prévention triennal de la maltraitance, qui combine le programme transversal Yapaka et les programmes spécifiques à chaque administration.
- Les Services Spécifiques d’Accompagnement à la Parentalité (SSAP), pour les enfants de 3 à 6 ans.
- Les équipes SOS Enfants, chargées de la prévention individuelle et du traitement des situations de maltraitance, sur sollicitation des équipes PSE.
Repérage des situations de maltraitance
Florence Renard et Sophia Hall Prezado Alves (médecins scolaires et conseillères à l’ONE) ont expliqué l’importance des bilans de santé obligatoires et sélectifs pour repérer les situations de maltraitance. Le bilan de santé, couvrant tous les enfants scolarisés, place médecins et infirmières en première ligne.
Les bonnes pratiques recommandées :
- L’amont : Entretien avec l’enseignant pour recueillir les signes d’alerte (comportementaux, physiques ou cognitifs).
- L’observation : Écoute attentive de l’enfant pendant la visite.
- La trace : Consigner par écrit dans le dossier les signes observés.
- Le réseau : Croiser les observations avec le CPMS, le médecin traitant ou le SAJ, dans le respect du secret professionnel.
Règle d’or : ne pas rester seul.
Lorsque c’est possible, il est également recommandé d’échanger avec les parents en toute transparence.