Redéfinir la santé et le mouvement : au-delà du calcul énergétique
On l’a vu, l’OMS définit la santé non plus comme une simple absence de maladie, mais comme un « état de complet bien-être physique, mental et social ». Dans cette perspective, l’activité physique ne se limite pas au sport de compétition ou à la dépense calorique mesurée en MET (ou en minutes actives). Elle peut aussi être une ressource dynamique permettant à l’individu de se réaliser.
Pourtant, on l’a aussi vu, nombreux sont les adolescents qui ne pratiquent pas assez d’activité physique. C’est ici que l’APA joue un rôle concret : elle propose des activités adaptées à chacun, permettant de bouger autrement, de se reconnecter à son corps, ou encore de se dépasser et de retrouver confiance en soi.
Qu’est-ce que l’Activité Physique Adaptée ?
L’APA désigne un ensemble d’activités physiques et corporelles ajustées aux besoins spécifiques de personnes présentant des limitations. Qu’il s’agisse de maladies chroniques, de handicaps, de vulnérabilité sociale ou simplement d’un grand éloignement de l’activité, l’APA repose sur une analyse rigoureuse des capacités et des limites de chacun.
Hélène Muselle, ergothérapeute et coordinatrice au sein de l’ASBL Fit Your Mind à Libramont, précise que l’objectif est de permettre aux participants de « retrouver le plaisir de bouger, de sortir de chez eux, et de se remettre en action, hors du contexte médicalisé ». Contrairement à une idée reçue, l’APA n’est pas limitée aux aînés ou aux pathologies neurologiques comme Parkinson. Elle concerne également :
- Les personnes souffrant de douleurs chroniques (lombalgies, fibromyalgie).
- Ceux en phase de revalidation après un accident ou une chirurgie.
- Les individus confrontés à l’épuisement professionnel (burn-out) ou à des troubles anxio-dépressifs.
- Les personnes en situation d’obésité.
- Toute personne éloignée de l’activité physique pour quelle que raison que ce soit.
Un levier majeur pour la santé mentale et l’image de soi
L’un des apports les plus significatifs de l’APA, mis en lumière par l’expérience « OSE », est son impact sur la santé mentale. « Le corps ne peut pas être dissocié de la santé mentale », explique Hélène Muselle. Pour un élève ou un adulte, la maladie ou la sédentarité prolongée peuvent créer un « cercle vicieux du déconditionnement physique ».
L’APA agit comme un catalyseur de bien-être en :
- Luttant contre l’isolement : les cours collectifs permettent de recréer un réseau social où la pathologie s’efface derrière le mouvement.
- Transformant la perception de soi : les participants arrivent souvent « coincés dans leur corps ». En retrouvant de l’autonomie dans des gestes simples (remettre ses chaussettes, faire ses courses seul), ils revalorisent leur image d’eux-mêmes.
- Déstigmatisant la fragilité : l’approche par l’APA diminue la « distance symbolique » avec les professionnels de santé. On n’y parle pas forcément de son problème, on y vient pour bouger.