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Dossier 20-21 : Le numérique en social-santé : inclusif ou excluant ?

 

SOMMAIRE


Chapitre 01
Dématérialisation des services : opportunités ou dangers ?
Chapitre 02
Fracture numérique : quels accès aux droits ?
Chapitre 03
Sommes-nous gouvernés par les algorithmes ?
Chapitre 04
Plateformes numériques et participation citoyenne

 

 


INTRODUCTION

Lorsque l’équipe rédactionnelle du Bxl santé a choisi le sujet de ce dossier, il n’était pas encore question d’un virus qu’on appellerait Covid-19 ni d’une pandémie à l’échelle planétaire qui bousculerait profondément nos sociétés. Depuis, la crise sanitaire accompagnée de ses turbulences économiques et sociales est arrivée. Effet collatéral, cette crise a rendu plus incontournable encore l’utilisation des médias numériques : télétravail, accès aux droits sociaux et aux services, enseignement, vie sociale… Mais cette évolution brutale n’est pas sans conséquences, ni pour les citoyens ni pour les professionnels et plus spécifiquement pour les travailleurs du social et de la santé.

Ce dossier propose de traverser la question du numérique dans notre société au travers de quatre dimensions : la dématérialisation des services et ses implications ; la fracture numérique et le lien avec l’accès aux droits ; les algorithmes qui nous guident voire nous gouvernent ; les pratiques participatives via le numérique.

Ensemble, ouvrons le débat qu’impose le numérique et envisageons le futur (numérique) de notre société…

Bernadette Taeymans - Directrice

 

pdfTélécharger le dossier 20-21 : Le numérique en social santé
Chaque organisme peut également commander un exemplaire imprimé gratuitement via l’adresse e-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


 


Chapitre 01
Dématérialisation des services : opportunités ou dangers ?

Sommaire

- INTERVIEW : Piloter le numérique en social - santé : une question (de) politique
- Le dossier médical informatisé, un outil bien compris ?
- La banque digitale, accessible à tous ?
- L'école en distanciel et le risque accru de fracture sociale
- Ressources pour aller plus loin

 

 

Introduction

Dans un Cahier en date de septembre 2016, publié dans le cadre du programme français Connexions solidaires, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne en charge de l’Agenda numérique (de 2010 à 2014), faisait le constat suivant : "Aujourd’hui l’égalité des chances sociales et économiques passe aussi par Internet. Etre capable d’utiliser le numérique est aussi important que de savoir lire et écrire."

Quand on sait que 10% des Belges ont du mal à maîtriser ces compétences élémentaires, on imagine bien la distance qui les sépare des usages du numérique, pourtant de plus en plus présents. Dans son Baromètre sur l’inclusion numérique 2020, la Fondation Roi Baudouin mentionnait que 8% de la population ne disposent pas de connexion internet à domicile et parmi ces 8%, près de trois ménages sur dix ayant de faibles revenus sont concernés. Ce rapport révèle par ailleurs qu’à peine 38% des Belges ont des compétences numériques avancées. 32% des individus n’ont pour leur part que de faibles compétences dans ce domaine, ce qui porte, si on y ajoute les 8% de non-connectés, à 40% la population belge en situation de vulnérabilité face à la numérisation croissante de la société.

Or, de plus en plus de services se dématérialisent : que ce soit dans les domaines de la santé et l’accès aux soins, mais aussi des services publics (voir le chapitre sur la fracture numérique), du secteur bancaire ou encore celui de l’enseignement, avec la récente crise du Covid, le numérique s’invite partout, à marche forcée. Sans pour autant que la société se soit assurée que tous pourront prendre le train en marche.

Dans ce chapitre, nous ouvrirons la porte de certains de ces secteurs pour y observer les mutations qui traversent notre société avec l’arrivée du numérique, et le fossé qui se creuse pour tous ceux (et pas seulement les personnes précarisées) qui n’ont pas un accès aisé à ces services dématérialisés.

pdfTélécharger le chapitre 01 : Dématérialisation des services : opportunités ou dangers ?

 


Chapitre 02
Fracture numérique : quels accès aux droits ?

Sommaire

- INTERVIEW : La digitalisation de la société, une nouvelle norme sociale à questionner
- Avec la numérisation, les plus fragiles trinquent, les services sociaux aussi
- Des aides associatives pour prendre le train des NTIC en marche
- Les EPN, des acteurs de l’inclusion numérique encore trop peu connus
- Ressources pour aller plus loin

 

 

Introduction

La fracture numérique marque le fossé grandissant entre les usagers des technologies digitales et leurs utilisations. L’illettrisme numérique ou l’illectronisme, — d’autres appellations de la fracture numérique plutôt utilisées en dehors de nos frontières (en France, par exemple) —, est une source de difficultés quotidiennes pour ceux qui n’ont ni l’accès, ni les compétences pour utiliser Internet et ses multiples supports. Dans des sociétés qui ont amorcé leur transition digitale depuis une vingtaine d’années, ne pas savoir chercher une information en ligne (comme l’horaire d’un transport en commun), joindre un fi chier à un courriel ou remplir sa déclaration d’impôt sur Taxon- web par exemple..., sont des opérations qui deviennent handicapantes, tout comme une société de l’écrit l’est pour ceux qui ne savent ni lire, ni écrire. La pandémie du coronavirus début 2020 n’a rien arrangé puisqu’elle est venue accélérer l’ sage du numérique, mais dans le même temps accentuer les difficultés pour tous ceux qui en étaient éloignés : les personnes âgées, les demandeurs d’emploi, les personnes moins diplômées, les personnes aux revenus modestes, celles qui vivent seules ou qui sont en couple sans enfant.

La digitalisation des services publics, d’intérêt général, et privés, est faite au nom de la modernisation et de la simplification des procédures administratives. Parmi les bénéfices mis en avant : gain de temps, d’efficacité, possibilité accrue pour les citoyens/usagers/clients d’interagir et de participer davantage. La numérisation contribuerait également à leur donner… plus d’autonomie. Or, 40% de la population belge est en situation de vulnérabilité face à la numérisation croissante de la société.

Des voix commencent à s’élever pour dire que la politique du "tout numérique" est en train de marginaliser des groupes importants de la population. Périne Brotcorne, chercheuse au CIRTEF (UCLouvain), parle d’un "impensé numérique" sur lequel non seulement les politiques, mais toute la société, devraient se pencher. Autrement, ce sont tous les services sociaux de première ligne qui continueront de subir la ruée des citoyens éloignés du numérique pour accéder à leurs droits, comme on peut le voir à l’Entr’Aide des Marolles. Ou via d’autres associations comme l’ARC et Bras Dessus Bras Dessous qui viennent en aide à des groupes qui ne sollicitent pas les structures d’aide sociale classiques. La première de ces deux structures a initié, il y a quatre ans, le projet d’"informaticien public" et, la seconde, une aide numérique aux personnes âgées seules, isolées ou en mobilité réduite. Et enfin, si 40% de la population est en butte à des difficultés numériques, il n’est pas inutile de s’arrêter sur le travail réalisé par les EPN (Espaces Publics Numériques), des lieux équipés de matériel où il est possible d’être accompagné pour se former, le tout gratuitement.

pdfTélécharger le chapitre 02 : Fracture numérique : quels accès aux droits ?

 


Chapitre 03
Sommes-nous gouvernés par les algorithmes ?

Sommaire

- INTERVIEW : Tous gouvernés par des algorithmes : moyennant quel consentement ?
- En route vers une justice rendue par des robots ?
- Belrai et santé mentale : va-t-on remplacer la clinique par des logiciels ?
- Big data et recherche d’informations : quel déterminisme ?
- Ressources pour aller plus loin



 

Introduction

Dans de plus en plus de domaines, comme celui de la santé, mais également de la justice, de l’information, des loisirs…, les algorithmes, s’appuyant sur des bases de données gigantesques récupérées tous azimuts ou sur des données spécifiques au domaine visé, trient, analysent et élaborent des scénarios qui sont censés correspondre aux choix des individus, à ceux d’une justice des hommes ou à un diagnostic médical.

Certes les algorithmes de classement ou de recommandation nous aident sans doute à nous orienter dans la foultitude de données trouvées sur le Web. Les algorithmes permettent d’analyser des données médicales en grand nombre pour dégager une aide au diagnostic, tout comme ceux qui triturent les textes de lois et la jurisprudence pour une aide à la décision.

Cette agrégation des données ou encore de métadonnées (données sur les données), moulinées ensuite par les algorithmes, serait le reflet de nos intentions à venir. L’utilisateur ou le consommateur n’aurait même plus à exprimer de souhaits ou de désirs, les algorithmes les devanceraient, y répondraient alors même qu’ils n’ont pas encore été exprimés. Ce qui fait dire au président de Google qu’il deviendra bientôt très difficile pour les individus de vouloir quelque chose qui n’a pas été prévu pour eux.

Mais cette évolution laisse-t-elle encore de l’espace pour les individus en tant que sujets de droit, soit comme l’énonce Antoinette Rouvroy, chercheuse en droit à l’Université de Namur, le fait de "conserver notre capacité d’énonciation par nous-mêmes" ? Par ailleurs cette hyper individualisation conduirait à une hypertrophie de la sphère privée, réduisant à la portion congrue le projet collectif, le fait de se confronter aux autres.

Pour cette auteure, il est impératif de "faire en sorte que les personnes ne soient pas prises en compte seulement comme des agrégats temporaires de données numériques exploitables". Il s’agirait pour cela de redonner de la place au non-calculable.

pdfTélécharger le chapitre 03 : Sommes-nous gouvernés par les algorithmes ?

 


Chapitre 04
Plateformes numériques et participation citoyenne

Sommaire

- INTERVIEW : Les pratiques participatives via le numérique : quels enjeux ?
- La plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, les réseaux sociaux et les citoyens : un trio solidaire gagnant
- La solidarité à l’ère du web 2.0
- La numérisation pourrait-elle booster la participation citoyenne ?
- Ressources pour aller plus loin



 


Introduction

L’attention portée à la participation citoyenne depuis une quarantaine d’années pourrait faire croire que le concept est une création de la modernité. Il n’en est rien puisque ses origines remontent à celles de la démocratie grecque durant l’Antiquité (Ve siècle av. J.-C.). Le terme "démocratie" vient d’ailleurs du grec ancien "demos", qui signifie "peuple", et, "kratos", qui réfère au pouvoir : la démocratie est donc littéralement le "pouvoir du peuple".

Si de nombreux pays à travers le monde ont choisi la forme représentative de la démocratie, il n’en reste pas moins que la tendance est aussi d’associer les citoyens aux nombreux domaines de l’action politique. Et c’est peut-être là que réside une des difficultés actuelles comme le souligne le sociologue Simon Wuhl : "L’intervention des habitants et des citoyens dans le champ de la décision politique est l’une des questions qui pose le plus de problèmes pour la gouvernance urbaine, et, plus généralement, pour l’action politique dans les sociétés démocratiques".

Différentes initiatives et expériences de la participation citoyenne ont été essayées avec plus ou moins de succès au cours des quatre dernières décennies. Aux panels de citoyens tirés au sort, commissions de consultation, conférences de consensus, forums hybrides, etc., s’ajoutent actuellement les nouvelles technologies. La volonté affichée est de toucher davantage de citoyens, d’amener à la gestion publique de la collectivité tous ceux qui, jusqu’ici, en étaient (fort) éloignés.

Cependant, les nouvelles technologies peuvent-elles réellement aider à élargir le nombre de citoyens participants? La réponse à cette interrogation suppose d’abord d’examiner les enjeux qui sous-tendent la participation. Jean-Luc Manise, journaliste indépendant et directeur de la transformation digitale au CESEP, s’est prêté à l’exercice.

La participation citoyenne souhaitée et mise en place par les pouvoirs publics ne peut faire oublier les initiatives émanant des citoyens. La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés en est une belle illustration. La crise sanitaire a révélé de formidables élans de solidarité, notamment à travers les plateformes de solidarité en ligne. Give a Day – Réseau belge du Volontariat a levé le voile sur l’étonnante aventure des plateformes "Impact Days" durant l’épidémie. Mais que font les élus et comment appréhendent-ils les nouvelles technologies dans la gestion des affaires publiques? Deux communes se sont penchées sur la question.

L’actualité de 2020 aura inévitablement focalisé l’attention sur le Covid-19 et les épisodes de confinement. Et les difficultés inhérentes à cette crise expliquent sans doute la mobilisation des efforts sur les actions de solidarité à tous les niveaux… A cet égard, les technologies numériques auront été des outils et des supports non négligeables, à côté des formes de solidarités traditionnelles qui, elles, sont quelque peu restées dans l’ombre médiatique. Les plateformes de solidarité mises en place par de nombreuses communes sont probablement des réussites en termes de participation citoyenne et de communication vers les citoyens. Certes, les autorités publiques maîtrisent toujours plus l’utilisation des outils digitaux pour communiquer. Cependant, ces supports sont encore très peu mobilisés pour débattre, discuter des problèmes sociétaux, co-construire des projets collectifs ou gérer les affaires de la cité avec les citoyens. Or, c’est cette participation-là que les citoyens, plus formés et éduqués (qu’ils ne l’étaient auparavant), souhaitent. L’avenir des démocraties occidentales (ou de la démocratie) passe certainement par cet exercice difficile de partage de pouvoir.

pdfTélécharger le chapitre 04 : Plateformes numériques et participation citoyenne

 

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