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L'accès aux soins de santé sexuelle, problématique pour les plus vulnérables

Au début de cet été 2021 s’est tenu un webinaire consacré à l’accès aux soins de santé sexuelle, avec une attention particulière aux difficultés rencontrées par certaines populations. De fait, les obstacles apparaissent particulièrement nombreux pour les plus vulnérables. Cette matinée extrêmement riche était également une occasion pour les participants de travailler ensemble à la construction d’un plaidoyer en Belgique francophone.

L’accès et le non-accès aux soins est une thématique transversale qui est apparue prioritaire à la suite de la décision des Stratégies concertées IST-SIDA de renouveler leur méthodologie de travail. Les Stratégies concertées IST-SIDA sont des espaces d’échanges et de co-construction entre partenaires des stratégies de prévention des IST/VIH. La nouvelle méthodologie consiste à ne plus travailler à partir des publics prioritaires, mais plutôt sur des thématiques transversales identifiées comme étant prioritaires. L’objectif : améliorer la qualité des actions de prévention et de réduction des risques.

Charlotte Pezeril, directrice de l’Observatoire du sida et des sexualités/ULB explicite cette orientation : « Nous avons voulu améliorer l’approche bottom-up, c’est-à-dire co-construire avec l’ensemble des partenaires pour aboutir à une planification réaliste et des instruments de plaidoyer utilisables par tou·te·s, afin de faire valoir nos priorités. C’est dans ce cadre que la matinée d’étude a été préparée, le but étant de nous aider à élaborer des stratégies concrètes de plaidoyer qui pourront être mises en œuvre »

Les premiers constats remontés du terrain

Fin 2020, le Comité de pilotage et d’appui méthodologique (CPAM) des Stratégies concertées a procédé à un état des lieux et des connaissances, ainsi qu’à une collecte des données de terrain auprès d’un panel d’associations. En attendant la présentation finale de cette recherche prévue pour l’année prochaine, les participants du webinaire ont eu la primeur des premiers résultats. Il ressort ainsi par exemple que : les horaires de consultations de dépistages sont inadaptés ; l’organisation de certains services découragent les personnes (les femmes, par exemple, lorsque leur présence dans certains milieux peut être perçue négativement) ; les frais de transport ; la fracture numérique (prise de RDV via ordinateur), etc.

Outre ces difficultés, il s’avère aussi que les informations sur les services disponibles dans certains milieux (tels que le milieu carcéral ou les centres d’accueil pour migrants), et même pour la population générale, sont insuffisantes. Par conséquent, de nombreuses personnes ne savent rien de l’existence de nouveaux outils de prévention du VIH. Ainsi en est-il par exemple de la PrEP, le traitement pré-exposition qui est généralement pris lorsqu’on sait être à risque d’infection VIH. Si les hommes ayant des relations avec les hommes, par exemple, utilisent largement ce traitement, c’est rarement le cas des femmes migrantes d’origine africaine qui constituent le deuxième groupe de population le plus exposé. Cependant, il arrive aussi que les personnes disposent de l’information, mais se heurtent au personnel des centres d’accueil qui perçoivent certaines consultations, pour avoir une prescription pour la PrEP par exemple, comme un luxe.

De manière générale, il apparaît que la santé globale des personnes vulnérables – comme des personnes étrangères sans statut de séjour légal – est moins bonne que celle du reste de la population… La couverture des soins de santé devrait normalement aider, mais comme l’explique Christian Dongmo, chargé de projet à l’Observatoire du sida et des sexualités/ULB, « le droit à la santé reste théorique. En pratique, les renoncements aux soins et besoins médicaux sont observés en Belgique. C’est par ailleurs le cas dans la grande majorité des pays de l’Union Européenne où les inégalités de santé stagnent ou s’aggravent. Et par rapport aux autres pays européens, les dépenses qui restent à la charge des patients sont élevés en Belgique. »

Des pistes d’amélioration existent

Ces premiers résultats viennent une fois de plus souligner comment certains environnements ou milieux de vie demeurent clairement défavorables à la santé. Le duo pauvreté-précarité, le logement, l’emploi, le niveau d’éducation, etc., sont des facteurs qui déterminent clairement la santé. « Contrairement à ce qui est avancé, à savoir que les inégalités de santé sont trop complexes pour être résolues, la littérature établit clairement que des politiques et des approches efficaces sont disponibles, indique Christian Dongmo. » Et, pour les personnes vulnérables, l’approche à privilégier devrait être celle de la promotion de la santé… « Ces résultats sont préliminaires, mais on mesure, d’ores et déjà, la complexité des niveaux à prendre en compte. En même temps que la nécessité de parvenir à dégager des logiques transversales pour penser et poser unplaidoyer qui soit le plus inclusif possible. »

Anoutcha LUALABA LEKEDE

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