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" Promouvoir la santé à l'école " est un e-Journal destiné aux professionnels de la promotion de la santé à l'école et, plus largement, ceux intéressés par les enjeux de santé en milieu scolaire
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N°63 Novembre 2017
Sommaire

Dossier Lutter contre le tabagisme en milieu scolaire n'est jamais une bataille facile. Pourtant, certains PSE et établissements scolaires se lancent dans cette bataille, avec l'appui de services spécialisés qui misent sur le travail interpersonnel avec l'élève.

REFERENTIEL SANTE Dans sa nouvelle mouture revue et augmentée, "Mômes en santé" conserve son objectif initial : être un outil de référence à destination de tous ceux qui accueillent des enfants de 3 à 18 ans en collectivité.

COIN LECTURE Divers ouvrages s’adressant aux professionnels ou aux familles vous sont conseillés dans cette rubrique : haut potentiel, troubles du comportement font partie des thèmes de la liste.

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Dossier

Et pourtant ils fument...

A Bruxelles, environ un jeune sur quatre fume, et un peu moins en Wallonie. Comment  
déprogrammer des dépendances présentes ou à venir ?
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Ils et elles ont 11, 12, 16 ans. A à cette période de la vie, l'attrait pour de nouvelles expériences et la curiosité sont les premiers piliers d'une quête d'indépendance. Lorsque cette dernière passe par le tabac, c'est banco pour l'industrie. En effet, chez les jeunes, la dépendance tabagique s'installe rapidement, en un an ou deux tout au plus, déplore Martial Bodo, psychologue et tabacologue au Centre d'aide aux fumeurs - CAF (1) de l'Institut Jules Bordet (2).

Actuellement, "environ 22 % des jeunes fument, soit à peine moins que les adultes. En moyenne, ils essaient leur première cigarette à 16 ans et les filles le font davantage encore que les garçons", précise-t-il. Très souvent, les jeunes sous-estiment la difficulté liée à l'arrêt tabagique. Ils nient ou banalisent la sujétion et l'addiction dans lesquelles ils se trouvent. De même, ils minimisent les conséquences à court terme de leur consommation. Pourtant, "les sanctions du tabac sur l'organisme sont assez rapides", assure-t-il. Sans parler de la probabilité plus élevée d'y ajouter d'autres consommations (joints, chicha...).

Comme si de rien n'était ?

eJPSE63 IMG1 1Fumer n'est pas seulement une "mauvaise habitude" mais c'est aussi un piège. Sortir de cette addiction exige une démarche difficile, compliquée, et pour laquelle la seule volonté ne suffit pas. "La dépendance psychologique qui s'installe nimbe la cigarette de 'pouvoirs magiques', détaille Martial Bodo. Pour les fumeurs, jeunes et moins jeunes, voilà un remède facile et immédiat afin de gérer le stress et l'humeur. La cigarette leur procure plaisir et détente, contenance, réassurance, confiance en soi. Le tabac les coupe de l'ennui, leur permet de s'isoler ou, au contraire, il encourage les contacts sociaux." Quant à la dépendance comportementale qui s'installe, elle repose sur un acte conscient et répété des milliers de fois, "ce qui génère un énorme conditionnement dans une gestuelle, entretenue par la répétition, au point de devenir un comportement réflexe autant qu'un rituel", rappelle le tabacologue.

Enfin, et cet élément n'est pas "neutre" pour les professionnels de la santé et de l'enseignement, une fois la dépendance physique liée à la nicotine installée, les symptômes de manque apparaissent après 2 ou 3 heures sans tabac. Ils entraînent des troubles de la mémoire, de la concentration, de la vigilance et du sommeil (avec des insomnies), mais aussi de l'anxiété et de la frustration, ainsi qu'une hausse de l'appétit.

Une dépendance programmée ?

"Avant l'âge de 12 ans, tous les jeunes sont anti-fumeurs", sourit Martial Bodo. Ils changent d'avis plus tard. Actuellement, constate le tabacologue, si les chiffres du tabagisme en Belgique ne diminuent plus, on le doit au nombre d'entrées des jeunes dans le camp des fumeurs. Et donc à un système de dépendance programmée à la drogue la plus destructrice que l'on connaisse dans notre pays, puisque de 1 à 2 décès par jour y sont liés.

"De nombreux jeunes fumeurs souhaiteraient rompre avec leur assuétude. Actuellement, les adolescents et jeunes adultes accèdent peu aux moyens pharmacologiques et/ou programmes de sevrage proposés par les CAF. Or les tentatives pour arrêter seul, sans soutien de quelque ordre, mènent à environ 5 % de réussite seulement, pour 40 % avec des aides diverses et bien adaptées", remarque Martial Bodo.

Voilà pourquoi dans les écoles ou ailleurs, "cela vaut la peine de déployer des ressources et de l'énergie pour éviter la vie compliquée qui est celle des fumeurs", plaide le tabacologue. Certains établissements l'ont bien compris (lire l'article ci-dessous : Des écoles sevrage admis). D'autres aimeraient se lancer à leur tour. Seulement voilà, actuellement 11 écoles sont déjà sur liste d'attente pour recevoir un soutien de la Cellule d'aide aux assuétudes en milieu scolaire. Pendant ce temps, l'industrie du tabac continue de sévir.

(1) Les CAF proposent des programmes d'aide au sevrage tabagique extra-muros en groupe et en milieu scolaire. Ce service est gratuit, grâce aux subsides alloués par le Fonds de lutte anti-tabac.

(2) Les propos de Martial Bodo, repris dans ce dossier, ont été tenus dans le cadre d'une journée de formation organisée le 7 septembre dernier par l'ONE, à destination des professionnels des centres et services en charge de la promotion de la santé à l'école.

Profils de (jeunes) fumeurs

"Que l'on soit dans une école dite 'élitiste', 'privilégiée', ou bien dans n'importe quelle autre , cela ne change pas grand chose. Partout, des adolescents fument", rappelle Frédéric Hublet, éducateur spécialisé dans la lutte contre les assuétudes au collège des Aumôniers du travail de Charleroi. L'enquête de santé de 2013 (menée par l'Institut de santé publique, ISP) a montré que la tranche d'âges parmi laquelle la consommation tabagique ralentit le moins en comparaison des autres est celle des 15 à 24 ans. Mais, au cœur de cette population à risque, certains jeunes sont plus vulnérables que d'autres.

Il en va ainsi des jeunes issus d'une classe sociale n'ayant pas eu accès à un niveau d’éducation supérieur. La structure familiale, indicateur de fragilité sociale, influe également sur l'expérimentation au tabac. L'enquête HBSC de 2014 a montré que la consommation tabagique touchait davantage de jeunes (entre 11 et 22 ans) issus de familles recomposées, suivis par ceux issus de familles monoparentales.

"Grandir au sein d'une fratrie et d'une famille de fumeurs, dans un milieu socio-économique défavorisé, subir l'influence de pairs fumeurs, ne pas pratiquer d'activités physiques ou de loisir, voilà autant de facteurs qui influencent le risque d'être accro", précise également Martial Bodo, tabacologue.

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Derrière les fumées

Pourquoi, dans les milieux scolaires, ne sait-on parfois pas comment gérer le tabagisme des jeunes ? Le Fares (Fonds des Affections RESpiratoires) propose ici diverses pistes.

eJPSE63 IMG1 2Les jeunes sont des cibles de choix pour l'industrie du tabac. Voilà, sans doute, une raison de plus pour mener des actions préventives auprès d'eux, afin qu’ils puissent faire des choix éclairés lorsque se présentera l'occasion de tirer sur une cigarette. Pour y parvenir, le Fares effectue un travail de sensibilisation auprès de nombreux établissements scolaires. Il propose également d'aider les professionnels relais auprès des jeunes à mettre en pratique des repères de communication adaptés, via des formations et des animations (1).

Des préjugés à démonter

Du côté des adultes, plane encore un certain nombre d'a priori qui nuisent à la communication sur le tabac. Un manque d'outils communicationnels adaptés s'y ajoute. Ainsi, note le Fares, on imagine parfois, à tort, que "parler des drogues avec les jeunes, cela leur donnera envie". De même, certains professionnels relais pensent que les jeunes ne sont pas intéressés par le fait de parler de leur consommation tabagique et qu'il vaut mieux éviter le sujet, afin de ne pas s'éloigner de ce public. Ces présupposés sont inexacts.

Pour preuve, des espaces de discussion entre adolescents ont fait émerger leurs préoccupations quant au fait de devenir "accros". En réalité, ils sont prêts et demandeurs pour aborder de tels sujets. Parler de tabagisme avec tous, et proposer un soutien à ceux qui en font la demande (y compris en les accompagnant vers des services adaptés), est donc loin d'être inutile...

Je sais, tu sais, il/elle sait

Par ailleurs, remarque-t-on aussi au Fares, de nombreux professionnels ne se sentent pas à l'aise d’aborder ce sujet, parce qu'ils pensent "ne rien y connaître". Or tous les adultes ont un rôle à jouer en la matière, même s'ils ne sont pas des experts en tabagisme. En effet, le lien de proximité tissé avec le jeune, dans les écoles, avec les équipes PSE, PMS, les associations de jeunes, les AMO, etc., peut permettre à chacun de devenir un acteur privilégié, susceptible de susciter la réflexion chez les jeunes fumeurs et/ou d'assurer le lien avec des experts. Même l'adulte fumeur est crédible : il sait de quoi il parle et son expérience peut compter aux yeux des jeunes (en revanche, lorsqu'il dit aux autres de ne pas fumer, son interdit est peu "audible").

Parmi les points soulignés par le Fares pour encourager les adultes à se préoccuper de cette problématique, on note également ce constat, bien connu, des services PSE : les comportements à risque, y compris chez les jeunes, ne s'expliquent pas uniquement par la méconnaissance (ici, celle concernant les ravages du tabac). En soi l'information concernant les méfaits du tabac ne peut seule entraîner un comportement rationnel ou logique. Le contexte de vie, la consommation et l'influence des amis, tout comme des éléments comme la confiance en soi, l'isolement, la souffrance psychologique ou l'ennui, participent au phénomène complexe de l'entrée dans une dépendance. Ce phénomène se produit également chez des jeunes perçus par les adultes comme "heureux et sans problème". C'est en cela, sans doute aussi, que le rôle des professionnels, et parmi eux des services PSE, prend toute sa place : s'intéresser au tabagisme (et/ou aux assuétudes qui y sont liées) exige de tisser des liens avec les jeunes pour entrer en communication avec eux.

 Vu sous cet angle, l'enjeu du "tabagisme" ne concerne pas, ou plus uniquement les jeunes. Pour les professionnels actifs en milieu scolaire, il implique de réfléchir à un mode efficace de communication interpersonnelle avec des adolescents issus de tous milieux. Soit un bénéfice potentiel pour tous, sans effet secondaire néfaste.

(1) Tél. : 02 512 29 36.

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Des écoles "sevrage admis"

En milieu scolaire, comment parvenir à contrer le tabagisme? Certaines écoles se sont lancées dans la bataille, sans écran de fumée. En voici la démonstration avec le projet développé au collège des Aumôniers du travail, à Charleroi.

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Depuis fin 2012, au moins deux jours par semaine, dans quelques établissements de Wallonie et de Bruxelles, on croise des éducateurs presque comme les autres. Ils appartiennent à une Cellule d'aide aux assuétudes en milieu scolaire.

"En 2011, raconte Frédéric Hublet, éducateur au collège des Aumôniers du travail, à Charleroi, le directeur, Jean Coopmans, m'a demandé de concevoir et de mener une action contre le tabagisme touchant l'ensemble de la population scolaire. Un projet de sensibilisation et de soutien thérapeutique est alors né, dans le cadre du programme « prévention sensibilisation et mobilisation » (PSM). Assez rapidement, il s'est étendu aux autres assuétudes - le cannabis et l'alcool. Dès la fin de 2012, des demandes nous sont parvenues de la part de services PSE ou de directions d'écoles réceptives à notre approche (lire l'encadré ci-dessous)".

En 2016, ce projet a bénéficié d’une nouvelle reconnaissance de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec l'octroi de moyens supplémentaires accordés par la ministre de l'Enseignement. Actuellement, il est développé dans 7 écoles wallonnes et 2 bruxelloises. En 2016, cela a mené 220 jeunes à volontairement poser une demande d'aide à l'arrêt de leurs assuétudes. La cellule d'aide aux assuétudes propose de réaliser ce sevrage sur place, avec les CAF et Quai jeunes.

Casse-tête en perspective

Faire entrer ce projet dans une école suppose un véritable engagement de la direction et de l’équipe pédagogique. Concrètement, tout au long de l'année, pendant les heures de cours, il va falloir planifier des séances de sensibilisation et les animations organisées par les éducateurs spécialisés en assuétudes, ainsi que les sevrages rassemblant des jeunes de différentes classes. Soit un véritable casse-tête organisationnel, exigeant des négociations et une compréhension commune de l’intérêt d’un tel projet. Cela dit, glisse Frédéric Hublet, "l'objectif correspond aussi aux missions de l'école, qui consistent à former des citoyens libres et responsables, acteurs de leur vie." De plus, ajoute sa collègue Floriane De Blasi, éducatrice spécialisée en assuétudes, "cette approche permet aussi de lutter contre le décrochage scolaire : nous sommes le relais d'un projet d'école."

Du "full contact"

En pratique, là où, justement, il existe assez peu (ou pas) d'autres projets globaux et à long terme, les élèves vont bénéficier, durant plusieurs mois, d'animations, d'ateliers, de débats, d'un travail sur les influences qu'ils risquent de subir (celles du groupe, de la société, du marketing...), mais aussi de contacts avec des fumeurs et des asbl ressources, y compris pour le sevrage. Sur place, les éducateurs/trices spécialisés/é-s participent à certains conseils de classe, sont présents-e-s dans les couloirs, les cours de récréation, aux grilles de l'école. Il peut leur arriver aussi de "zoner" dans la station de métro qui mène à l'établissement, ou près d’un lieu où ils et elles savent pouvoir rencontrer un élève en difficulté en raison de son assuétude.

Pour les éducateurs spécialisés, l'objectif est d'être identifié par tous les élèves comme un "référent assuétudes" qui écoute, entend, ne juge pas, ne condamne pas, mais soutient. "L'idée n'est pas de faire du 'one shot' dans une école. D'ailleurs, cela ne fonctionnerait pas. En revanche, il s'agit de créer de la confiance, via des échanges, en allant au contact des jeunes", détaille Floriane De Blasi.

 Souvent, les assuétudes ne sont que la partie émergée de l’iceberg débouchant sur d'autres problématiques. Parfois aussi, pour les écoles, les nouvelles formes de soutien et les solutions proposées initient une réflexion de l'équipe sur le règlement de l'école en matière d'assuétudes.

"Le tabac, c'est facile, socialement accepté (malgré la législation)... et cela reste la première cause de mortalité évitable", rappelle Frédéric Hublet (1). "Plus tôt nous intervenons dans une école, plus notre présence sur le terrain peut avoir un impact, y compris sur le long terme, afin que les jeunes réfléchissent à ce qu'il s'agit de mettre en place pour éviter de devenir, un jour, un consommateur", ajoute Floriane De Blasi. Le B-A Ba d'une dynamique permettant aux jeunes de poser des choix responsables ?

(1) Intéressé-e d’établir un tel projet ? Prenez contact avec jean.coopmans@cdatc.org ou avec le coordinateur de la structure, Frédéric Hublet, au 0495 41 64 38 ou frederic.hublet@cdatc.org

Sur la route du bien-être

Le PSE de Châtelet a encouragé la présence de la Cellule d'aide aux assuétudes en milieu scolaire dans une de ses écoles. Voici comment et pourquoi.

"Dans notre bilan de santé annuel, le questionnaire concernant les habitudes de vie aborde le tabac, rappelle Natalie Gandibleux, infirmière au service PSE de Chatelet. Le médecin peut donc interpeller le jeune ou entendre une demande concernant une dépendance. Cependant, on sait qu'au sein des services PSE, il existe des limites en termes de ressources..." Voilà une des raisons, mais ce n'est pas la seule, qui a mené le PSE de Châtelet à inviter Frédéric Hublet et Floriane De Blasi, de la Cellule d'aide aux assuétudes en milieu scolaire, à rencontrer les membres de la Cellule bien-être d'une de ses écoles. Puis à entamer une collaboration.

"Dans une école, la présence d'éducateurs spécialisés portant une casquette 'assuétudes' permet de toucher réellement les jeunes, de faire émerger leurs réflexions et de travailler des propositions d'arrêt au sein même du milieu de vie des élèves", constate Natalie Gandibleux. Le programme proposé a d'autant mieux fonctionné qu'il existait, au sein de l'établissement, une direction 'soutenante', ainsi qu'une équipe ayant déjà entamé une réflexion sur le bien-être des élèves et sur cette problématique du tabac.

"Avec ces éducateurs spécialisés, on s'est donné les moyens et les ressources pour agir concrètement et accompagner les jeunes, précise Natalie Gandibleux. Cela n'a pas modifié les interdits posés dans le règlement de l'école. Mais, dans certains cas, cela a entraîné de considérer autrement les écarts des jeunes lorsqu'ils sont concernés par différentes assuétudes, tout comme les risques qu'ils prennent parfois en fin de scolarité en raison de leurs assuétudes, ainsi que les rechutes possibles."

Derrière ce projet, se révèle aussi une philosophie d'école désireuse d'agir avec bienveillance, dans un climat de confiance consolidé avec les adultes. Le tout sans oublier de réduire les inégalités sociales de santé, glisse Natalie Gandibleux.

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Mômes en santé

Une réédition qui bouge

L'ouvrage "Mômes en santé" était-il dépassé ? Non... et oui, parfois. Une réédition augmentée, gardant les (bons) fondamentaux de la première mouture, propose un outil de référence, davantage adapté à des "mômes" (et des encadrants) qui changent.

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La nouvelle réédition de "Mômes en santé, La santé en collectivité pour les enfants de 3 à 18 ans" prouve qu'on peut rester le même, tout en intégrant des changements opportuns. A l'initiative de l'ONE, avec l'appui de Question Santé, voici donc un "nouvel" ouvrage, plus copieux que son modèle. Il fait la synthèse de la participation de différents partenaires, issus des secteurs de la prévention ou de la promotion de la santé en milieu scolaire, extrascolaires et des mouvements de jeunesse.

Comme en 2012, l'objectif demeure d'être utile, au jour le jour, à tous ceux qui "travaillent" avec des enfants. En fait, assure Yasmine Thaï, chargée de projets à Latitude Jeunes (cette asbl a fait partie du groupe de travail de réécriture de la nouvelle mouture), "on ne lit pas la brochure de A à Z. Mais, en fonction des sujets, "Mômes en santé" est un outil de référence qui indique la loi ou les recommandations existantes, tout en ouvrant à la réflexion. Ainsi, nous combinons les apports de cette brochure à notre projet pédagogique et à nos valeurs, afin d'améliorer nos pratiques."

Fondamentalement, cette édition revue et augmentée (d'environ un tiers) a gardé la même structure, mais a actualisé ce qui devait l'être. Elle inclut aussi de nouveaux chapitres, et a développé davantage certaines thématiques. C'est ainsi qu'une place non négligeable est faite au bien-être physique et mental des jeunes. De même, les questions de l'accueil et de l'inclusion des enfants à besoins spécifiques ont été étoffées. En matière environnementale, l'engagement est plus marqué encore, par exemple en ce qui concerne la lutte contre les polluants. Les problématiques liées aux nouveaux médias sont également abordées.

"Les sujets à traiter sont tellement vastes qu'il a fallu faire des compromis, mais les ajouts ont été judicieux, comme ceux concernant la sexualité, la vie au contact de la nature ou les assuétudes", précise Yasmine Thaï. De son côté, le Dr Fabienne Henry, présidente de la Commission PSE et médecin responsable du service PSE de la Ville de Bruxelles (lire son interview ci-dessous), se réjouit aussi des clarifications apportées par la Croix-Rouge aux données sur les premiers soins, tout comme des ajouts, entre autres, sur les maladies transmissibles, l'hygiène en général ou le bruit à l'école.

A partir du terrain

Autre atout, cet ouvrage privilégie une approche basée sur la réalité des contextes de travail, en évitant les discours théoriques, et en prêtant une réelle attention aux besoins du terrain, exprimés par les divers partenaires lors du travail d'élaboration de l'outil. Ce parti-pris est doublé d'un souci de lisibilité : sur la forme, il se traduit par une série d'encadrés, de synthèses, de tableaux récapitulatifs, de témoignages ou de questions mises en évidence, sans oublier de fournir des documents de référence comprenant divers formulaires ou attestations utiles.

En pratique, les auteurs sont parvenus à éviter différents écueils. Ainsi, ils mettent l'accent sur une série de bonnes pratiques permettant de gérer la prévention des risques, sans freiner ou brider la mise en place d'activités enrichissantes. Ils proposent également un discours équilibré entre la part de responsabilités des encadrants de tous milieux et le respect de l'enfant, lié à l'autonomie de son développement. Par ailleurs, malgré les contextes variés dans lesquels les enfants peuvent être accueillis, chaque intervenant peut trouver des informations utiles, fiables et directement utilisables. C'est le cas, par exemple, des conseils à suivre en cas de piqûres de tiques, ou pour les divers bosses et bobos.

Comme le rappelle aussi Yasmine Thaï, "cet ouvrage donne une structure. C'est un repère, une base pour les décisions que nous devons prendre. On n'y trouve pas de réponses toutes faites, et c'est tant mieux. En revanche, il contribue à nous aider à nous positionner dans un certain nombre de situations. "

Au niveau de sa diffusion, une attention particulière sera portée au fait que chaque partenaire, dans son réseau, puisse utiliser "Mômes en santé" en fonction de ses besoins. Au-delà de la possibilité de pouvoir télécharger les textes (sur le site : www.momesensante.be), des animations, des ateliers, des séminaires de discussions seront organisés par l'ONE pour permettre à chacun de s’approprier ce cadre de référence. Et d’y venir et revenir, à chaque fois que les circonstances le demandent, tel un réflexe.

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 Interview

"Cette brochure, c'est aussi du lien"

"Mômes en santé" est un ouvrage de référence. Mais, pour les services PSE, il est aussi davantage que cela, rappelle le Dr Fabienne Henry.

- Qu'apporte "Mômes en santé"?

Dr Fabienne Henry (présidente de la Commission PSE et médecin responsable du service PSE de la Ville de Bruxelles) : Cette brochure est vraiment un recueil de bonnes pratiques pour tous ceux qui accueillent des enfants, que ce soit dans un cadre scolaire ou extrascolaire. Les informations qui y sont contenues concernent autant l'enfant qui présente un problème de santé, par exemple en balisant les premiers soins à effectuer, que le cadre à installer afin que l'accueil se passe dans de bonnes conditions. Voilà pourquoi on y trouve, entre autres, des indications sur la qualité de l'air, sur l'hygiène générale, etc. On peut parler de référentiel à l'usage de tous ceux qui s'occupent d'enfants en collectivité.

Avant la première édition, il existait des bonnes pratiques pour le temps scolaire... et d'autres pour l'extrascolaire. Avoir un problème de santé avant ou après 16 heures n'entraînait donc par forcément les mêmes attitudes. Le Dr Mauroy (Direction Santé de l’ONE) a été à l'origine de l’initiative consistant à réunir autour de la table des professionnels de différents secteurs afin de trouver une cohérence partagée par tous les acteurs de terrain. Chacun a amené sa pierre à l'édifice. Les experts des différents secteurs ont contribué à faire émerger les problèmes ou les difficultés relevés sur le terrain, et ils y ont apporté des réponses fiables.

Quel est le rôle des services PSE concernant cet ouvrage ?

Il est important pour les PSE d'expliquer leur rôle et leur place auprès des directions d'école. Mais cela va plus loin : "Mômes en santé" donne une raison supplémentaire d'entrer en contact avec les écoles, de créer du lien, de montrer que nous sommes des partenaires au service de la santé des enfants.

Cette brochure n'est pas tombée du ciel : elle répond à des besoins et il est important de la distribuer en main propre. L'outil est cohérent, pertinent, rassurant. De plus, il donne envie d'être lu, avec sa mise en page accrocheuse, non rébarbative, et ses textes pratico-pratiques. Ainsi, par exemple, pour les premiers soins, on part de ce que l'enseignant ou le responsable voit sur le terrain, sans l'assommer de diagnostics ou de théorie. Mais "Mômes en santé" reste un ouvrage à consulter en amont. Il doit être connu et accessible à tous avant de prendre en charge des enfants. Ce message, nous devons contribuer à le faire passer dans les écoles."

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Le coin lecture

Voici quelques ouvrages récents, couvrant diverses thématiques autour de l'enfance et de l'adolescence :

À destination des professionnels

"Les addictions à l'adolescence. Comprendre et intervenir auprès des parents et des proches", Nathalie Scroccaro, 2017, 128 pages, De Boeck Supérieur.
"La prise en charge des troubles du comportement du jeune enfant. Manuel à l'usage des praticiens", sous la direction d'Isabelle Roskam, Nathalie Nader-Grosbois, Marie-Pascale Noël, Marie-Anne Schelstraete, 2017, 266 pages, Editions Mardaga.
"Le haut potentiel en question", Sophie Brasseur et Catherine Cuche, 2017, 216 pages, Editions Mardaga.

 A destination des familles

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"Petit guide de méditation pour ados". Amy Saltzman, 2017, 204 pages, deboeck supérieur.
"La science de l'enfant heureux. Epanouir son enfant grâce aux découvertes sur le cerveau", Margot Sunderland, 2017, 304 pages, De Boeck Supérieur.
"Aider son enfant maladroit, 50 fiches contre la dyspraxie." Delphine de Hemptinne, Joëlle Mignot, 2017, 288 pages, De Boeck Supérieur.
"Aider son enfant à compter et calculer. 50 fiches contre le dyscalculie." Delphine de Hemptinne, 2017, 272 pages, De Boeck Supérieur.
"Aider son enfant autiste. 50 fiches pour l'accompagner", Delphine de Hemptinne, Nathalie Fallourd, Emmanuel Madieu, 2017, 192 pages, De Boeck Supérieur.

 
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