Baromètre social 2025 : les inégalités de santé plus fortes que jamais

Parmi les documents publiés par l’Observatoire de la santé et du social (service d’étude de Vivalis) qui constituent des éléments de veille quant à la situation socio-économique et sanitaire des Bruxellois, le Baromètre social s’attache à procurer des données chiffrées et des analyses sur la situation des habitant·es de la capitale et ce, dans des domaines comme les revenus, le marché du travail, l’éducation, le logement… La santé constitue un des chapitres de ce Baromètre.
Paru en avril 2026, le Baromètre social 2025 pointe un risque de pauvreté pour la population bruxelloise qui atteint les 26% (contre 8% en Flandre et 13% en Wallonie – 11% pour la Belgique). Six des dix communes les plus pauvres de Belgique se situent en Région bruxelloise, avec Saint-Josse en number one, suivie de Molenbeek, Anderlecht, Koelkelbert et ensuite Schaerbeek et Bruxelles-ville, un peu plus loin dans la liste mais toujours dans le top ten. L’on trouve aussi des disparités énormes entre communes quant à ce risque de pauvreté, allant de 9% à Woluwe-Saint-Pierre à 33% à Saint-Josse. Dans la Région bruxelloise, les inégalités sont exacerbées, avec les revenus des plus pauvres plus bas qu’ailleurs et ceux des plus riches légèrement plus élevés. Et la réforme du droit aux allocations de chômage en 2026 est déjà présentée comme un facteur aggravant du risque de pauvreté et de ces écarts entre communes, dont on ne connaît pas encore l’ampleur.
Si le document contient nombre d’informations sur la population vivant à Bruxelles (nombre, densité et mouvements de population, âge et composition des ménages), on y trouve également des informations sur les revenus, la privation matérielle et sociale, les revenus fiscaux. Le marché du travail est également appréhendé, tout comme le logement, l’enseignement et la formation.
La question de la santé est évidemment auscultée, avec un constat qui n’étonne personne : les disparités socio-économiques entre communes se traduisent par d’importantes inégalités de santé. Plus effarant : le gap de cinq années de vie qui sépare les habitant·es de Saint-Josse et ceux de Woluwe-Saint-Pierre. Il apparait que la mortalité infantile, même si elle est très faible, est deux fois plus importante dans un ménage sans revenus que dans un ménage disposant de deux revenus. Autre élément discriminant : bon nombre de maladies chroniques, comme le diabète, dont la prévalence augmente à mesure que le niveau de revenus diminue. Idem pour le risque d’invalidité, deux fois plus important pour les ouvrier·es que pour les employé·es. L’accès aux soins est également modalisé par les inégalités de santé, avec un report de soins pour 38% des Bruxellois·es présentant des difficultés financières. Enfin les problèmes de santé mentale ont augmenté de manière significative depuis la crise du Covid-19.
Pour accéder au Baromètre: https://www.vivalis.brussels/fr/publication/barometre-social-2025