Le public concerné, les causes et les conséquences
Si la solitude touche des personnes de tous âges, celle-ci concerne plus particulièrement les jeunes et les personnes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour ce qui est de l’isolement social, pour lequel les données sont plus limitées, on estime qu’une personne âgée sur trois est touchée par ce phénomène et qu’un·e adolescent·e sur quatre est concerné·e. Des personnes appartenant à certains groupes, comme les personnes handicapées, réfugiées ou migrantes, les membres de la communauté LGBTQIA+… peuvent être confronté.es à plus de difficultés à établir des liens sociaux. Certaines catégories de population, comme les personnes âgées isolées, sont plus à risque de consommation excessive d’alcool, de tabac, de somnifères, de tranquillisants, d’un mode de vie sédentaire et de problèmes nutritionnels. Chez les jeunes, la solitude est associée à des problèmes tels que l’asthme, la migraine, des douleurs de dos, des acouphènes… Chez les personnes réfugiées et les demandeur·euses de protection internationale, la rupture des liens familiaux, le stress d’acculturation, un trouble mental préexistant représentent des facteurs de risque[2].
Plusieurs facteurs liés aux déterminants sociaux sont à épingler pour expliquer ce déficit: un mauvais état de santé est un facteur majeur, mais aussi un faible niveau de revenus ou d’instruction, la personnalité, le lieu de vie ou encore le fait de vivre seul·e, notamment en raison du décès du partenaire de vie.
Sur le plan physique, la solitude et l’isolement social ont pour conséquences d’augmenter le risque d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiovasculaires, notamment en lien avec les conditions d’hygiène alimentaire, de diabète et de décès prématuré, avec 30 % de risque additionnel de décéder. Les personnes isolées ont quatre à cinq fois plus de risques d’être réhospitalisées dans l’année d’une hospitalisation. En termes de santé mentale, le risque de dépression est accru, ainsi que la survenue d’anxiété, de déclin cognitif, de pensées d’automutilation ou de suicide. Le manque de liens sociaux a également des conséquences négatives sur l’éducation, sur le plan des notes et du niveau de qualification, ainsi que sur l’emploi, avec le risque de trouver ou de conserver son emploi plus difficilement et d’avoir des revenus plus faibles..
L’inadéquation des politiques publiques et des infrastructures joue également un rôle important, tout comme les technologies numériques.