L’isolement raconte quelque chose de la société que nous bâtissons
Il y a des solitudes silencieuses. Celles que l’on croise dans un bus, derrière une fenêtre, dans une cour d’école. On peut vivre au milieu de milliers de personnes et, pourtant, se sentir seul ou seule au monde. L’isolement n’est jamais une affaire privée. Il raconte quelque chose de la société que nous bâtissons. Il parle de ce que nous voulons préserver.
S’engager pour lutter contre l’isolement, c’est d’abord croire que nous avons besoin les uns des autres. Nous sommes toutes et tous vulnérables et interdépendants. Protéger un arbre, une personne, un lien entre deux générations relève au fond du même geste : préserver ce qui permet à la vie de tenir. Chez les jeunes, l’urgence se lit plus souvent et c’est difficilement supportable. L’éco-anxiété assombrit l’avenir, le harcèlement enferme, les crises s’accumulent et certains finissent par croire qu’ils n’ont plus de prise sur le monde.
On ne répondra pas à cela uniquement avec des soins. Il convient aussi de recréer des portes, des lieux, des voix, et des avenirs possibles. Une maison de quartier, une école ouverte, une association, un banc où l’on se parle, un projet porté ensemble : ce sont parfois de petites choses. Mais ce sont elles qui reconstruisent les ponts entre les âges et rendent une ville habitable.
C’est cela, pour le groupe Ecolo, une ville robuste : non pas une ville où chacun apprend à résister seul, mais une ville où personne n’est condamné à le faire. Une ville qui entretient ses liens comme on entretient une lumière.
Et tant qu’il reste un lien à renouer, il reste une raison d’espérer.
Matteo Segers, député Ecolo au Parlement francophone bruxellois