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Un centre de jour pour accueillir des jeunes en errance

L’errance est bien la spécificité du public que devrait bientôt accueillir le centre de jour de l’asbl Macadam – Réseau intersectoriel des jeunes en errance. Créée en automne dernier, l’association est née de la volonté d’acteurs de différents secteurs préoccupés par le nombre croissant de jeunes en errance. Des professionnels quelque peu frustrés aussi de ne pouvoir apporter des réponses plus adaptées aux besoins de ces jeunes.

 L’histoire de l’asbl Macadam débute en 2016, lors d’une journée consacrée à la précarité des jeunes Bruxellois organisée par le Forum-Bruxelles contre les inégalités. A la fin de cette journée, plusieurs acteurs de terrain avaient attiré l’attention sur les jeunes en errance, un public auquel ils étaient de plus en plus souvent confrontés et incapables de répondre à toutes leurs demandes.

Ces jeunes dépendent généralement de plusieurs secteurs, ce qui conduit les différents acteurs à travailler ensemble pour les aider. Souvent, ces jeunes sont à cheval entre les services d’aide à la jeunesse et le secteur du sans-abrisme pour adultes. Beaucoup présentent des difficultés psychologiques, mais paradoxalement n’ont pas accès aux services de santé mentale.

A ces problèmes, s’en ajoutent d’autres comme le handicap, le décrochage scolaire, la délinquance, etc.

Du travail intersectoriel à la création d’un centre d’accueil

Les acteurs de terrain parties prenantes au projet1 décident de se réunir régulièrement pour imaginer de nouvelles solutions. Grâce à un financement obtenu en juillet 2018, une personne est engagée pour coordonner les réflexions de ce groupe de travail.

Au départ, comme le raconte Fanny Laurent, chargée du travail social communautaire, « ma mission était de mettre aussi une nouvelle dynamique intersectorielle. Ensuite, très rapidement, après une mission à Montréal pour découvrir les pratiques québécoises est venu la volonté de créer un dispositif d’accueil de jour pour permettre à ces jeunes d’avoir un espace où atterrir, déposer, où trouver ne serait-ce qu’une écoute. Un autre aspect était d’entourer ce dispositif d’un réseau et de se focaliser sur cette manière de fonctionner autrement, de faire un accompagnement qui permette d’éviter toutes les ruptures dans les parcours d’aide et de soins ».

La création d’un réseau et du dispositif d’accueil de jour constitue donc la première réponse apportée à la problématique de l’errance des jeunes. Les partenaires se sont mis au travail pour élaborer les grandes lignes du projet, les valeurs souhaitées, etc. Attentifs à réunir le plus de secteurs différents autour de la table, le groupe réfléchit toujours sur la manière de les y amener. Il s’inspire aussi du mouvement « We-Home » (Canada) qui est une manière de faire réseau orienté action et impact collectif.

Errance ou sans-abrisme des jeunes ?

En automne dernier, la prochaine ouverture du centre Macadam avait bénéficié d’un large écho médiatique. L’accent avait largement été mis sur le terme « centre pour jeunes sans-abri », alors que les acteurs de terrain préfèrent utiliser celui de « jeunes en errance ».

Fanny Laurent : « Le centre d’accueil de jour est à la fois un projet qui agit sur des jeunes en errance et sans-abri. Il a aussi toute une ambition de prévention, parce qu’il y a des jeunes qui se retrouvent dans des situations qui risquent de les amener au sans-abrisme. C’est pour ça que nous disons que nous ne travaillons pas qu’avec des jeunes sans-abri. Nous travaillons aussi avec tous ceux qui risquent, à un moment donné, d’y arriver si nous n’intervenons pas à temps et si nous ne leur proposons pas un espace pour pouvoir déposer certaines choses et leur permettre de repartir sur des bases plus positives ».

Parmi eux certains jeunes sont sans-abri depuis parfois plusieurs mois, voire plusieurs années pour certains. « Ils ont des besoins auxquels il faut pouvoir répondre, il faut pouvoir entamer un parcours de sortie de rue, poursuit Fanny Laurent. On constate aussi que tous ces jeunes ont souvent en commun d’avoir un vrai parcours de difficultés : des soucis au niveau familial, des violences qui ont poussé les jeunes à partir, parfois pour sauver leur vie. Ou alors des familles dans lesquelles les liens sont compliqués, le jeune s’en va ou se fait mettre dehors. »

Ne pas laisser des jeunes à la dérive

Il existe toute une série d’éléments qui peuvent pousser un jeune à l’errance. Pour certains le fait de commencer à décrocher à l’école peut, à un moment donné, entraîner tout un parcours qui fait qu’il rompt avec sa famille, qu’il se retrouve sans solutions, que la prise en charge par l’Aide à la jeunesse tarde : il commence à devoir se débrouiller chez ses amis, chez sa famille élargie, puis plus personne n’est en mesure ou a envie de continuer à l’aider sur ce parcours-là.

Pour Fanny Laurent, l’idée est d’identifier plus précisément l’ensemble de ces facteurs qui mènent à cette errance, comme le décrochage scolaire, la rupture d’avec la famille, l’absence de solutions, pour voir comment il serait possible d’agir dessus. « Et aussi de permettre aux jeunes qui éprouvent des difficultés, qui ne savent pas où trouver une réponse, de venir poser leurs questions et se dire qu’à Bruxelles il y a un secteur associatif assez important. C’est souvent une question d’accès à l’information : ‘Qu’est-ce qui existe ?’, ‘Qu’est-ce qui est près de chez soi ?’, ‘Qui est susceptible de pouvoir aider ?’.»

Le centre de jour devrait ouvrir ses portes ce printemps aux alentours de la gare du Midi, offrant ainsi un lieu d’accueil bienveillant et un accompagnement attentif aux jeunes en errance. C’est un dispositif à bas seuil, sans contraintes et conditions pour les jeunes de moins de 26 ans. 

Anoutcha Lualaba Lekede

1. Ils appartiennent aux structures suivantes : l’Ilôt (Sans-abrisme), Le méridien (Santé mentale), la Coordination adolescente de la Ligue Bruxelloise Francophone de Santé Mentale, SOS Jeunes - Quartiers Libres (AMO), Abaka (Projet Educatif Particulier, PEP), le Forum-Bruxelles contre les inégalités. Le Délégué général aux droits de l’enfant collabore avec le groupe en soutenant le projet et les réflexions. Un chercheur participe également aux travaux.

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