104FocusVaccination
18.08.2026

« Rencontrer l’élève à trois reprises crée un vrai lien de confiance »

A l’occasion de la demi-journée vaccination, organisée en juin par l’ONE pour les services de Promotion de la Santé à l’Ecole et les centres PMS-WBE, deux services étaient invités à partager leur expérience.

Voici le projet du service PSE de Virton, qui va à la rencontre des élèves de 2ème secondaire afin de les sensibiliser en amont à la vaccination contre le papillomavirus (HPV).

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(Temps de lecture : 5 minutes)

Mini-portrait du service : Service PSE de la Province de Luxembourg – Antenne Virton

  • Le PSE de la province du Luxembourg rassemble 8 Centres de Santé répartis sur toute la province.
  • L’antenne de Virton, comporte trois médecins qui se répartissent les bilans de santé 4 jours et demi par semaine.
  • L’équipe compte également quatre infirmières et une secrétaire.
  • Le service compte 7513 élèves sous tutelle, dont 3122 élèves en secondaire d’enseignement ordinaire.

Le projet : parler du HPV en classe

En pratique, ce projet initié il y a deux ans est déployé dans trois des écoles sous tutelle du SPSE de Virton. Au niveau du calendrier, le service planifie les séances d’information en tout début d’année scolaire, au cours de la première quinzaine de septembre. Les visites médicales des élèves de deuxième secondaire ont lieu dans la foulée, en septembre et en octobre, toujours avant la séance de vaccination. Enfin, la vaccination a lieu à l’école, lors d’une troisième rencontre avec l’élève.

Les animations peuvent avoir lieu dans les classes d’une vingtaine d’élèves (20-25 minutes dans chaque classe), ou avec des groupes regroupant plusieurs classes (entre 45 et 50 élèves), en fonction de l’école.

Au programme de l’animation HPV :

  1. L’équipe se présente. Ce sont toujours le médecin responsable de l’école et l’infirmière référente qui animent ces séances.
  2. Explication du déroulement du prochain bilan de santé. L’occasion de dédramatiser, et d’aborder des questions qui animent souvent les élèves de 2ème secondaire, comme : ‘Est-ce que je vais devoir enlever mon t-shirt ? Est-ce que je peux mettre un shorty ? Est-ce qu’on va me toucher ?’…
  3. Distribution du questionnaire médical et de l’autorisation vaccinale à faire remplir par leurs parents, et du folder de l’ONE « A chaque âge sa vaccination ! La vaccination à 13-14 ans » qui contient un encadré sur le HPV.
  4. Information sur le papillomavirus : ce que c’est, comment il se transmet, les risques pathologiques… Est ensuite abordée la question du vaccin : comment fonctionne un vaccin, pourquoi on le leur propose, le fait qu’il s’administre en deux doses, les effets secondaires possibles.
  5. Temps de questions-réponses.

Fabienne Gérard, infirmière : « Lors des séances d’information, on insiste sur le fait qu’ils doivent nous rendre tous les documents complétés avant le bilan de santé. Et cela, que la réponse concernant la vaccination soit positive ou négative. On ne les jugera pas, mais c’est une question de facilité, pour éviter de devoir recontacter leurs parents afin d’avoir une réponse. En général, avec cette façon de faire, la majeure partie des documents nous reviennent. »

Anticiper, c’est rassurer

Delphine Pirard, médecin scolaire : « Nous veillons à bien expliquer, en pratique, comment la vaccination va se passer à l’école, que ce sera avec l’infirmière référente et moi, dans quel local elle aura lieu, etc. Nous leur donnons quelques conseils, comme bien déjeuner le matin, et nous rappelons qu’ils vont d’abord nous rencontrer individuellement en bilan de santé où ils pourront encore poser leurs questions. Nous précisons qu’il ne faut pas être gêné de nous dire s’ils ont peur et que nous avons des techniques pour les aider.

Cela nous permettra de mieux prévoir la vaccination, par exemple en planifiant certains élèves en début ou fin de séance afin de pouvoir les garder un peu plus longtemps près de nous. Ou parfois, je sais déjà que je devrai allonger les jambes d’un élève ou faire appel aux talents de Fabienne, qui est une ‘pro’ de la sophrologie. Avec ce projet, j’ai vraiment remarqué que le fait de rencontrer l’élève à plusieurs reprises crée un lien et aide à réduire leur stress. »

Soutenir une prise de décision éclairée en matière de vaccination

Le service PSE de Virton insiste sur l’information des élèves comme un élément important. Delphine Pirard : « Bien sûr, ce sont de jeunes élèves, et nous n’insistons pas sur les modes de transmission ou sur les questions de sexualité, mais plutôt sur le principe de protection. Ce qui est important pour nous, c’est qu’ils sachent de quoi on parle, pourquoi on propose de les vacciner. Et nous espérons qu’ils vont en parler avec leurs parents en rentrant de l’école afin qu’ils puissent participer à la décision. Même si celle-ci est finalement négative, ils auront été informés. »

Fabienne Gérard : « Aucun parent ne s’est plaint de nos animations. C’est déjà un résultat très positif. Par contre, certains refusent la vaccination, souvent au motif que l’enfant est jugé trop jeune. Nous avons fait le choix de ne pas insister auprès des parents, car nous pensons que ce ne serait pas bien reçu au sein de la population de nos écoles. Au moins, l’information est passée et ils autoriseront peut-être la vaccination lorsque nous reverrons l’élève en quatrième. »

Le SPSE de Virton n’est pas le seul service à rencontrer les élèves en amont de la séance de vaccination. Certains services utilisent des supports, comme une brochure ou une vidéo afin de soutenir la séance d’information. L’outil de travailleuses de Virton ? « On fait les pitres, explique Delphine Pirard. L’humour, ça permet de dédramatiser la question, d’avoir l’attention des élèves et de renforcer le lien. »

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