La richesse du tissu associatif, pour créer du lien
A Bruxelles, comme ailleurs, c’est sans doute la richesse du tissu associatif et, plus largement, des acteurs du social-santé actifs sur le territoire bruxellois qui peut faire la différence pour prévenir l’isolement social et le sentiment de solitude. Le fait de créer un réseau soutenant autour de la personne nécessite une connaissance fine du terrain, une politique coordonnée pour permettre un encadrement efficace et le déploiement d’activités ciblées, ainsi que des moyens pour que les structures en charge de ces politiques puissent être accessibles à toutes et tous. D’où l’importance d’un soutien fort à ce secteur de la part des pouvoirs publics.
Difficile de relever toutes les initiatives prises sur le terrain pour créer du lien, mais on peut relever des exemples de natures et d’ampleurs diverses, spécialement dédiées à cet objectif de briser la solitude de certains publics : concernant l’isolement des personnes âgées, on peut citer l’asbl Bras dessus Bras dessous. Créée voilà dix ans à partir d’une démarche citoyenne dans la commune de Forest et basée sur la mise en place d’un réseau de voisin·es solidaires au sein des quartiers impliquant des personnes âgées de plus de 60 ans vivant à domicile et des personnes plus jeunes, l’asbl a grandi sur le territoire de la Région bruxelloise (Forest, mais aussi Watermael-Boisfort, Uccle, Anderlecht et Saint-Gilles) et au-delà. L’objectif : promouvoir les échanges informels que les professionnel·les du soin et de l’aide sociale n’ont pas toujours l’occasion de cultiver. D’autres initiatives du même genre existaient déjà sur le territoire bruxellois, comme Accolage. On peut également citer Reliage de la Croix rouge qui allie lutte contre l’isolement et aide numérique, avec des actions « Ensemble, tous connectés » pour permettre aux personnes les plus fragilisées une prise en main des outils numériques.
Autre initiative, cette fois d’un CPAS d’une des 19 communes bruxelloises : le Plan Isolement du CPAS de la ville de Bruxelles, en collaboration avec les maisons de quartier de cette commune qui organisent des activités visant à renforcer la cohésion sociale sur le plan local et un numéro vert gratuit 0800/35 550 actif toute l’année permettant aux habitants de signaler une situation d’isolement. Au CPAS d’Ixelles, les projets Dentelle, comme incubateur de liens pour adultes âgés, proposent des activités et une carte de lieux de convivialité, initiatives citoyennes et réseaux d’entraide.
Toujours dans le but de créer des liens durables, le collectif Umoya vise à faire se rencontrer des citoyen·nes établi·es en Belgique et des jeunes migrant·es. Avec une philosophie similaire, Singa Bruxelles créateur de lien fait se rencontrer des nouveaux arrivants (demandeur·euses d’asile, personnes réfugiées ou sans papiers) et des Bruxellois·es.
Autre public concerné : les familles monoparentales, au sein desquelles un parent élève seul ses enfants, ce qui peut générer de la solitude. On peut à cet égard citer La maison des parents solos qui a pour objectif d’aider ces familles à sortir de l’isolement social et à trouver un soutien pour affronter les difficultés liées à leur statut.
Les jeunes eux aussi peuvent souffrir de solitude et les AMO (Actions en Milieu Ouvert) ont pour vocation d’offrir un accompagnement individuel pour ces jeunes ainsi que des projets collectifs et communautaires.
D’une manière générale, l’ensemble des associations de terrain, entrant en contact avec des usager·es, poursuivent cette vocation de créer du lien, d’entretenir les relations sociales avec et entre les Bruxellois·es, que ce soit dans le cadre de soins, d’une aide sociale générale ou spécifique ou d’activités en lien avec leur objet social de promotion de la santé et plus largement du social-santé.